‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 177 sur 345 · LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS

» faire un très-prompt et suprême effort sur Paris, c'est M aussi mon avis.

» Je trouverais bonne l'opération dans l'Est de Bour- ') baki, si le résultat pouvait en être plus immédiat pour )) Paris. Ces considérations puissantes me font toujours M insister pour l'adoption et l'exécution à bref délai du » plan que je vous ai proposé. »

Le lendemain , le télégraphe apportait la réponse suivante :

PLAN DÉFINITIF d'opÉRATION.

Guerre à général Chanzy, au Mans, Extrême urgence. Petit dictionnaire.

« Nous avons délibéré sur votre dépêche chiffrée d'hier, » et voici la réponse qu'elle nous suggère. Nous sommes » aussi désireux que vous, croyez-le bien, de marcher au » secours de Paris ; mais nous voulons que la tentative soit » efficace, et il ne nous paraît nullement certain qu'elle le » serait dans les conditions de votre projet primitif. En " effet, nous croyons que votre armée, pour arriver au but, » a absolument besoin d'être appuyée du 19" et du » 25" corps. Vous reconnaissez vous-même, dans une dé- » pêche de ce jour, midi, que l'ennemi qui vous attaque » veut VOUS' attirer hors de vos positions : c'est donc qu'il » a espoir de vaincre. Gomment, d'après cela, iriez- » vous heureusement à Paris avec vos seules forces ac- » tuelles?

» Le concours des deux nouveaux corps est donc indis- » pensable. Or, ces deux corps, quelque diligence que nous » y mettions, ne pourront entrer en ligne avant le 15. » Quant à la coopération, bien indispensable aussi, de Bour- » baki, nous ne pouvons la rapprocher. Il faut le temps ma- » tériel de parcourir les distances. Il est sous les murs de

" Vesoul, et ne pourra menacer sérieusement les commu- " nications de Tennemi que dans sept ou huit jours. Nous ') croyons d'ailleurs que ce plan, qu'il serait trop tard » aujourd'hui pour changer, est encore le meilleur, car » c'est celui qui démoralisera le plus l'armée allemande. !) Enfin nous ne pensons pas qu'il y ait lieu de prendre à » la lettre l'échéance du général Trochu. Cette échéance a " déjà varié plusieurs fois de plusieurs semaines, et tous » nos renseignements s'accordent à la mettre à une date » plus reculée. D'autre part, et cette circonstance seule » serait décisive , nous savons qu'un effort beaucoup plus » vaste et beaucoup plus vigoureux contre les lignes d'in- » vestissement se prépare dans Paris. Or, cet effort ne » s'accomplira pas à la date rapprochée que vous sup- » posez. En résumé. Général, ne vous laissez pas affecter » par les dépêches du général Trochu, et ouvrez votre »> âme à l'espoir que doit faire naître un plan d'ensemble » bien conçu et bien coordonné pour un effort suprême et » décisif.

» G. DE Freycinet. »

Les ordres du ministre étaient formels; la première armée était engagée dans ses opérations dans l'Est, le général Faidherbe continuait son premier programme dans le Nord : le mouvement simultané sur Paris devenait dès lors inexécutable ' . La deuxième armée n'avait plus à compter sur une diversion ou sur un soutien ; elle n'avait qu'à suivre attentivement ce qui allait se passer , à achever sa réorganisation , à se fortifier solidement sur les positions du Mans pour y recevoir l'ennemi s'il s'y présentait , ou bien , si les événements et les forces des Allemands devant elle lui en fournissaient l'occasion , à tenter, après

1 Voir la note 4.

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