LIVRE QUATRIÈME. — LE MAINS
avoir assuré solidement ses derrières, un mouvement hardi et rapide dans la direction de Paris.
RENFORTS AMENÉS PAR LES GÉNÉRAUX FERRI PISANI ET DE CURTENo
Il faut maintenant reprendre le récit des faits militaires à partir de l'arrivée de l'armée au Mans.
L'affaire de Monnaie et la pointe de l'ennemi sur Tours, dans la journée du 20, avaient décidé le ministre de la guerre à placer sous le commandement du général en chef de la deuxième armée la colonne du général Ferri Pisani retirée à Langeais , et les troupes que le général de Gurten réunissait à Poitiers. Tous deux reçurent l'ordre de se porter sur Château laVallière. De ce point, qui est le nœud des principales routes entre le Loir et la Loire, ils pouvaient, avec les forces dont ils disposeraient, menacer sérieusement l'ennemi s'il voulait descendre dans le Val , rétablir les communications entre le Mans et Tours par le chemin de fer, et enfin, s'ils étaient obligés de battre en retraite, se retirer facilement sur l'armée en se plaçant derrière le Loir, entre le Lude et Ghâteau-du-Loir, positions déjà défendues parle général Barry, qui gardait tous les passages de la rivière depuis Pontde-Braye par la Ghartre jusqu'au Lude '.
DISPOSITIONS PRISES POUR SURVEILLER l'eNNEMI.
Du côté de la Ferté-Bernard , le colonel Villain , commandant une colonne mobile du 21" corps établie à Gonnéré, avait surpris, le 21 , à la ferme Brisson , un poste prussien auquel il avait enlevé vingt-cinq cuirassiers blancs. Il fallait se garder de loin entre la Sarthe et l'Huisne'^.' Il fut prescrit aux commandants des corps
1 Voir la note 5.
- Voir la note 6.
256 LA DEUXIÈME AUMÉE DE LA LOIKE.
d'armée de couvrir leur front de reconnaissances incessantes de cavalerie légère , appuyées de francs-tireurs battant le pays dans toutes les directions et poussant le plus loin possible. Le 17^ corps établit ses avant-postes de cavalerie à Beaumont, sur la route d'Alençon, pour surveiller le chemin de fer, les ponts et les gués de la Sarthe au nord du Mans; le 2P corps plaça les siens à hauteur de Beaumont, de Mamers et du Theil ; le 16' corps dut envoyer ses partisans jusqu'à Montmirail , Vibraye , Épuisay, Lavenay et Ghâteau-du-Loir. L'amiral Jauréguiberry disposait, pour ce service de surveillance entre l'Huisne et le Loir, de sa division de cavalerie, de l'escadron d'éclaireurs du capitaine Bernard porté à Bouloire , et des éclaireurs algériens du colonel Goursaud, qui s'avancèrent jusqu'à Tresson.
Les francs-tireurs du colonel Lipouski , destinés à opérer en avant du 2P corps, furent envoyés dans la direction de Nogent-le-Rotrou pour surveiller les abords de Chartres; ceux du colonel Cathelineau à Vibraye, pour explorer le Perche du côté de Montmirail , d'Authon et de Brou.
LES COLONNES ûiOBiLES.
Pendant que ces premières dispositions se prenaient, le général en chef organisait deux fortes colonnes sous le commandement des généraux Rousseau et de Jouffroy. La première, composée de 2,000 hommes d'infanterie du 2V corps, partait le 23, ralliait à Sceaux deux bataillons que le colonel Villain lui amenait de Connéré, ainsi qu'une batterie de 4 , deux mitrailleuses et deux escadrons de cavalerie légère \
Le général Rousseau devait se porter sur la Ferté-Bor-
1 Voir la note 7 •