INSTRUCTIONS DONNÉES AU 16* CORPS POUR LA JOURNÉE DU
* Au quartier général de Mézières, le 8 novembre , dix heures du soir.
» Demain, 9 novembre, le 16® corps, pour exécuter » l'opération prescrite par l'ordre de mouvement du géné- » rai en chef, prendra les dispositions suivantes :
» Les hommes devront avoir mangé la soupe à sept » heures et demie, de façon à ce que sur toute la ligne on » s'ébranle à huit heures précises.
M Le résultat à atteindre est de débusquer l'ennemi de » Gliarsonville , Épieds , Goulmiers , Saint-Sigismond , et » de prononcer sur la gauche un mouvement tournant, de M façon à venir occuper solidement, à la fin de la journée, » la route de Ghâteaudun à Orléans, en s'avançant le plus » possible dans la direction des Barres, tout en tenant » toutes les positions qui doivent nous rendre maîtres des M bois en avant de Rozières.
» Le général Reyau avec ses 2 divisions de cavalerie » doit, pendant cette opération, couvrir l'aile gauche de » l'armée en se portant dans la direction de Patay, et » observer avec soin la direction de Paris, sans perdre de » vue celle de Ghâteaudun, pour éviter toute surprise de » ce côté.
» Les francs-tireurs du lieutenant-colonel Lipouski et » du commandant de Poudras ont reçu l'ordre de recon- » naître, dès la pointe du jour, Tournoisis et Saint-Péravy ; » ils concourront au rôle de la cavalerie , et seront pen- » dant tout le mouvement aux ordres du général Reyau. » La 1'* brigade de la division Ban y marchera par
tIVRE PREMIER. — ORLÉANS. 23
» Ghampdry et Villorceau sur Coulmiers, qu'elle devra » enlever en tournant le Grand-Lus , qui doit être attaqué „ par des troupes du 15" corps; elle aura avec elle deux » des batteries divisionnaires et la section de mitrailleuses . » La 2* brigade suivra le mouvement à une distance de » 2 kilomètres avec la 3° batterie de la division vi une » batterie de 12 tirée de la réserve.
» La 2' brigade de la 1" division (général Deplanque), » éclairée à sa gauche par les francs-tireurs du comman- M dant Liénard, avec deux batteries d'artillerie et une M section de mitrailleuses, marchera sur Gharsonville , » Épieds, Gémigny, qu'elle devra enlever successivement. » La P* brigade (général Bourdillon), avec la 3" batterie M et une section de mitrailleuses, ne quittera Ouzouer-le- » Marché que quand l'acjae brigade aura dépassé Ghar- » sonville ; elle suivra a cette même distance les mouve- » ments de cette dernière. Le rôle de la brigade Bourdillon » est de servir de réserve à l'aile gauche de l'armée ; le » général Reyau devra toujours se relier avec elle. Le M général commandant le 16" corps marchera par Ghar- » sonville et Épieds, entre les deux brigades.
» La réserve d'artillerie quittera Ghantôme à huit » heures, passera par Lormes, Ouzcuer, suivra la route » par Gharsonville en se maintenant à hauteur de la bri- » gade Bourdillon , qui , au lieu de suivre cette route , se » prolongera parallèlement en se tenant constamment à » 1 kilomètre sur la gauche.
» Les bagages de la division Barry rejoindront à Mé- » zières ceux de la division Jauréguiberry, le convoi de » vivres quittant Villesiclair à neuf heures, ralliera à Mé- » zières les bagages des deux divisions. Tous devront » avoir les escortes prescrites. Le grand convoi se mettra » en marche à dix heures par Bizy, Ghampdry, Villeray, » et , arrivé à Saintry, il attendra des ordres pour conti-
th LA DEUXIEME ARMEE DE LA LOIRE.
» niier avant de s*engaper sur la grande route de Char- » sonville à Goulmiers.
w Le grand parc qui est à Chantôme suivra par Mézières w la même route que le grand convoi , et arrivé à Champ-» „ dry il attendra de nouveaux ordres
» Pendant la marche de demain les différents corps )' prendront les mêmes dispositions que pour celle d'au- -1 jourd'hui, en redoublant de surveillance et en s'éclai- » rant le plus loin possible.
» Afin de couvrir ce mouvement et d'éviter toute sur- » prise sur les derrières, une brigade de cavalerie désignée » par le général Reyau , ne quittera Prénouvellon que » quand les têtes de colonnes auront pris position à Goul- » miers et à Gémigny.
» Si on est attaqué pendant ^a marche , les bataillons » pairs d'infanterie se déploieront rapidement, les batail- » Ions impairs seront arrêtés , resteront en colonnes, et M ne se remettront en mouvement que quand ils auront » été dépassés de 500 mètres par les premiers , formant » ainsi une seconde ligne destinée à renforcer la première M sur les points faibles.
» On devra éviter d'engager trop de monde à la fois, » et on ne recourra aux brigades de réserve qu'en cas de » nécessité bien constatée.
» On devra recommander aux hommes de ne tirer que » le moins possible, pour ménager les munitions.
» Les corps armés de remingtons devront être engagés
les derniers
» L'artillerie ne doit pas hésiter à se porter rapidement » en avant de la ligne sur des positions bien choisies; on " la fera appuyer par des forces suffisantes placées en de- ^> hors du champ de tir et aussi dissimulées que possible.
* Ces corps étaient des régiments de mobiles; quelques-uns n'avaieut pas encore reçu de baïonnettes.