‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 19 sur 345 · LIVRE PREMIER. — ORLÉANS · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — ORLÉANS

»> En arrivant aux bivouacs, messieurs les généraux de » division enverront au quartier général deux cavaliers „ connaissant parfaitement les chemins.

» Les corps qui n'ont pas touché ce soir les vivres de » consommation pour les journées des 9 et 10, les rece- •» vront demain avant le départ.

» Le général commandant le 16" corps,

» Signé : Ghanzy. m

BATAILLE DE GOULMIERS.

La nuit du 8 au 9 novembre avait été des plus calmes , et le matin les reconnaissances poussées en avant des lignes ne signalèrent aucun mouvement de l'ennemi , qui s'était évidemment décidé à la défensive , et nous attendait sur les positions qu'il avait choisies et préparées. A huit heures les corps s'ébranlèrent; la marche en avant commença avec un ordre et une régularité qui donnaient . bon espoir pour la fin de la journée. Le temps quoique sombre était favorable ; la température était douce , et comme il n'était tombé depuis quelques jours ni pluie ni neige, le sol était assez ferme pour qu'infanterie, cavalerie . et même artillerie pussent se mouvoir à travers champs sans trop de difficulté. L'aspect de cette grande ligne de bataille traversant la plaine nue et à peine accidentée qui la séparait encore de l'ennemi, était des plus imposants.

Les deux divisions d'infanterie du 16* corps marchaient dans le même ordre que la veille , sur deux lignes de bataillons à demi-distance, à intervalles de déploiement, leur front couvert par de nombreux tirailleurs, précédés eux-mêmes par des éclaireurs de cavalerie. Vers neuf heures et demie le canon se fit entendre sur la droite : c'était le 15® corps qui cherchait à déloger les Prussiens de Baccon. Bientôt les tirailleurs de la division Barry

50 L.V DEUXIÈME ARMÉE DE LA LOîRE,

eurent à subir le feu de deux batteries ennemies placées sur ce point et les prenant d'écharpe. Il fallut répondre à cette canonnade ; les deux batteries qui marchaient avec la !'• brigade se portèrent en avant, soutenues par des compu5;nies de chasseurs à pied , pendant que la première ligne s'arrêtait pour attendre le résultat, et ne se remettre en mouvement que quand tout danger d'une manœuvre (le l'ennemi sur son flanc serait passé.

Cet incident produisit un retard pendant lequel la 1'^ division continua à se porter en avant; elle était à dix heures trente à hauteur de Saintry et d'Épieds. Là, des renseignements positifs et le rapport des éclaireurs de cavalerie qui avaient poussé bravement jusqu'à quelques centaines de mètres des carrières où les tirailleurs ennemis étaient embusqués, firent connaître que le village de Goulmiers était fortement défendu. Le bruit du canon, qui commençait à diminuer du côté de Baccon, augmentait d'intensité au château de la Renardière et au Grand-Lus. En attendant la division Barry, et pour ne pas laisser vide l'espace qu'elle eût dû occuper dans la ligne de bataille, aussi bien que pour faciliter son mouvement et aider à la prise de la Renardière , le commandant du 16° corps fit établir une batterie de 12 sur le chemin de Saintry au Grand'Lus , forçant ainsi l'artillerie allemande des deux châteaux à diviser ses feux , dirigés tout entiers jusque-là sur le 15* corps.

Cependant la brigade Deplanque avait traversé Épieds et se portait sur Gheminiers. Assaillie par une grêle d'obus, elle déploya ses tirailburs, mit ses batteries en po sition, et continua sa marche en couvrant son front de mousqueterie. La lutte qu'elle soutint fut d'abord d'autant plus sérieuse qu'elle resta longtemps exposée nonseulement au feu partant de Saint-Sigismond et de Géniigny, mais aussi à ceux des défenses de Goulmiers et de

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