LIVRE QUATRIÈME. — LE MAINS. 2Gj
Une compagnie du génie, répartie entre les colonnes principales.
Le plan du général de Jouffroy était le suivant : deux colonnes principales devaient marcher, l'une par Azay et Espéreuse, l'autre par Courtiras, tandis qu'une colonne légère, franchissant le Loir à Lisle, devait déboucher sur la rive gauche par le bois de Meslay, et que les éclaireurs algériens , passant la rivière à Montoire ou à Lavardin , tourneraient Vendôme pour couper les routes de Blois et d'Oucques.
Ces mouvements présentaient l'inconvénient d'être trop isolés les uns des autres; ils pouvaient néanmoins réussir s'ils étaient tous menés vigoureusement, et si l'ennemi n'était pas en force trop supérieure. Malheureusement le pont de l'Isle ne put être rétabli.
Le 31, dès le matin, le colonel Thierry marchait sur Épuisay et Danzé; le colonel Marty, laissant le 74^ mobiles à la garde d'Azay, se dirigeait sur Espéreuse , la Haie de Champs, le Poirier et Bel-Air ; le 66*' mobiles partait d'Azay pour aboutir au plateau de Bel-Air par les routes de la forêt; le 38® de marche, cheminant d'Azay par Espéreuse, arrivait sur Bel- Air par la Jousselinière; enfin, le 46* de marche , de Mazangé , devait longer la forêt de Vendôme au sud et aborder les Tuileries.
D'après les calculs du général de Jouffroy, ses colonnes devaient arriver à hauteur de Bel-Air à midi, pour attaquer les redoutes construites par nous sur ce point pendant l'occupation de Vendôme, et qu'il croyait garnies d'artillerie ennemie. Il n'en était rien; les têtes de colonnes, ne recevant aucun obus, allaient atteindre Bel- Air, lorsqu'elles furent accueilhes, à petite portée, par une fusillade des mieux nourries. Leurs tirailleurs s'avancèrent malgré tout sur plusieurs lignes, et, après deux heures de lutte, aidés par l'artillerie qui était parvenue à s'installer sur le
plateau et à balayer le terrain en avant d'eux , ils purent se réunir, et, par une charge brillante, enlever le château de Bel- Air. L'ennemi se maintint néanmoins dans les Tuileries, malgré le feu de nos pièces.