‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 191 sur 345 · COMBAT DE LANCE · texte numérisé non relu

COMBAT DE LANCE

Le 1" janvier à Longpré et le 2 à Lancé, le colonel Lacombe, à la tête des reconnaissances de cavalerie, battait l'ennemi , qui se retirait en désordre jusqu'au delà de Saint-Amand, ramenant 18 prisonniers, dont un officier appartenant au 1" régiment de uhlans lithuaniens. Il fallait toutefois arriver à agir vigoureusement dans les directions de Vendôme et de Blois, pour venir en aide au général de Jouffroy, qui pouvait être rejeté sur la Braye et sur le Mans si une diversion ne forçait pas les ennemis à se diviser.

En conséquence, le général en chef fit renforcer le général de Gurten par la petite colonne commandée par le colonel Jobey, du 40® de marche, qui, après s'être avancé le 1" janvier de Ghahaignes sur la Ghartre, occupa le 4 Villeporcher, Villechauve et Monthadon. De plus, la portion de la 3^ division du 16° corps, restée avec le général Barry, et des renforts importants en infanterie, cavalerie et artillerie, furent amenés à Ghâteau-Renault par le lieutenant-colonel d'état-major de Lambilly, que le vice-amiral Jauréguiberry avait envoyé sur les lieux pour achever la réorganisation de cette 3^ division dont le général de Gurten avait le commandement titulaire *.

COMBAT DE VILLETHION.

Le 5 janvier, tout se borna à des combats d'avant-

^ Voir la note 10.

g^arde, principalement du côté de Villeporcher. Le 6, dès neuf heures du matin , pendant que le colonel Jobey se portait sur Villethion, tout le front des colonnes du géne'ral de Gurten était arrêté par une vive canonnade, et le combat s'engag^eait sur toute la ligne, de Villechauve à Saint-Gyr du Gault.

Notre artillerie répondit vigoureusement à celle de l'ennemi, et l'infanterie, pendant ce long combat qui dura une grande partie de la journée, sut, par sa bonne contenance, ne pas perdre un pouce de terrain. Le centre de résistance des Allemands paraissait être Villethion ; la colonne Jobey y fut longtemps arrêtée par un feu des plus violents; la seule batterie dont elle disposait ne pouvait suffire, lorsque le capitaine Desvallons, amenant la 21^ du 15^ régiment, faisant feu en avançant lentement, changeant sa position chaque fois que l'ennemi cédait, put s'approcher jusqu'à 1200 mètres du village et protéger ainsi la colonne, qui, aidée d'un autre côté par un mouvement tournant de la cavalerie du colonel Lacombe, finit par se jeter résolument sur le village et par l'enlever à la baïonnette. L'ennemi se retira à la faveur de la nuit, et nos troupes couchèrent sur le champ de bataille. Ce brillant combat nous amena à occuper Saint-Amand et ne nous coûta que peu de monde. Les Prussiens, au contraire , avaient beaucoup souffert dans le village et en se retirant; ils avaient laissé en notre pouvoir une centaine d'hommes , des caissons et des voitures ; leur artillerie s'était enfuie précipitamment dans la direction de Vendôme.

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