LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS. â/l
Vendôme, dans la nuit du 31 décembre au P"^ janvier, le général avait repris les positions qu'il occupait le 25. Pour assurer sa retraite, qu'il tenait à faire lentement s'il devait la continuer, il avait laissé à Espéreuse la colonne Marty, et à Azay celles des colonels Falcon et Thierry. Dans la soirée du V janvier, ces trois colonnes se replièrent sur Savigny et sur Fortan , qu'occupait déjà le colonel Bayle. Toutes les troupes étaient alors réparties depuis Epuisay jusqu'aux Roches, où se trouvaient le 45® de marche et une batterie : la cavalerie à Savigny (cuirassiers du colonel Tréboute), à Montoire (éclaireurs algériens du colonel Goursaud) et à Troo (3® régiment, cavalerie mixte).
Le 2 janvier, des reconnaissances offensives sont poussées dans la direction de Fréteval jusqu'à Busseloup, sur Gourtiras et sur Varennes en passant par Thoré. L'ennemi , rencontré partout , cède le terrain , et on occupe Villiers.
Le 3 , nouvelles reconnaissances qui ne trouvent que peu de résistance; on peut explorer la rive gauche du Loir, que l'infanterie traverse sur la glace.
Le 4, une forte reconnaissance, qui a pu s'avancer jusqu'à Montrieux d'où elle chasse l'ennemi, rapporte la nouvelle que celui-ci se concentre en force à Vendôme.
Le 5, le général de Jouffroy acquiert la conviction que les Allemands, en nombre entre Vendôme et Saint^ Amand , cherchent à se porter sur le général de Gurten* Il juge une diversion, indispensable, et se décide à marcher de nouveau sur Vendôme. De petites colonnes, partant le soir de tous les cantonnements, forcent, à dix heures, les postes ennemis à quitter la foret de Vendôme, et nos éclaireurs et francs-tireurs s'avancent dans la nuit jusqu'à Pezou, la Tousselinière et Bel-Air.
Le 6 janvier, dès sept heures du matin , les troupes de Savigny s'étaient reportées sur Fortan , celles de Fortan
sur Liinay. A huit heures, on prend partout l'offensive, et jusqu'à onze heures on gagne du terrain sans trop de résistance , croyant n'avoir affaire qu'à des reconnaissances ennemies. Il n'en était pas ainsi : les Allemands, inquiets de ces mouvements, avaient mis la matinée à 1 amener de ce côté des forces considérables appuyées par une formidable artillerie. Bientôt, sur toute la ligne, le combat s'engage avec acharnement de part et d'autre; il est surtout sérieux au gué du Loir et aux Roches. A deux heures, toutes nos troupes étaient engagées, et, malgré des efforts héroïques, elles perdaient du terrain.
COMBAT DE MAZANGE.
Tandis qu'il naenaçait, au moyen de fortes démonstrations , notre gauche à Azay ^ et à Espéreuse par les routes de Vendôme à Azay et à Epuisay, l'ennemi débouchait sur deux colonnes par la grande route de Vendôme au Mans et par le chemin de Montrieux à Villiers. Il occupait fortement le plateau quadrangulaire compris entre le coude du Loir et le ruisseau d'Azay, et une de ses colonnes, partie de Vendôme et suivant la rive gauche, marchait par les Roches sur Montoire, qu'une autre colonne menaçait directement par la route d'Ambloy, Sassenières et Lavardin. La préoccupation d'une opération décisive sur Vendôme , au lieu de rester complètement dans sa mission , qui était d'inquiéter l'ennemi sur les deux rives du Loir en gardant fortement tous les passages et en se reliant d'une façon continue au général de Gurten, avait fait négliger au général de Jouffroy la protection si nécessaire de ces deux dernières routes. C'est par là que l'effort principal devait avoir lieu.
1 Voir à la note 11 his des renseignements fournis par ie colonel îhierry sur le combat d'Azay.