LIVRE QUATRIEME. — LE MANS
hait que le général de Jouifroy, pressé par des forces supérieures, était en retraite sur Gourdemanche , et en concluait que les secours qu'il attendait ne lui arriveraient plus. En avant de lui, les hussards en reconnaissance sur Troo et Sougé reculaient jusqu'à Pont-de-Braye. Dès lors, craignant d'être tourné par sa gauche, il fit replier les troupes de Pont-de-Braye sur Poncé , en donnant l'ordre au 8" mobiles de défendre le défilé de Ruillé. Le colonel Bérard fut arrêté à Trehet, de manière à garder à la fois le chemin de Couture et les hauteurs de la Ghartre, pouvant de là, au besoin, battre le chemin de Poncé à Ruillé sur la rive droite ; et le général Desmaisons , en position à Ghâteau-du-Loir , dut envoyer à Ghahaignes le lieutenant-colonel Roud avec un bataillon et deux pièces..
COMBAT DE RUILLE.
A onze heures , l'ennemi entrait sans difficulté à Pontde-Braye qu'on avait eu tort d'abandonner sans essayer de le défendre , et se portait de là sur Ruillé , qu'il attaquait aune heure et demie. Le lieutenant-colonel Noirtin, à Poncé avec le 8^ mobiles, recula sur Ruillé, et craignant d'être coupé de la Maîaderie, se replia successivement sur ce dernier point en faisant bonne contenance, et de là sur Ghahaignes, où il arriva en ordre. Une section de mitrailleuses de la 2P batterie du 2® régiment d'artillerie avait été d'un grand secours dans cette retraite, en tirant constamment à bonne distance et en faisant essuyer à l'ennemi des pertes qui arrêtèrent un instant sa poursuite. De son côté , le colonel Bérard à la Ghartre , craignant d'être coupé , se retira sur Ghâteau-du-Loir , et l'ennemi put arriver le soir même jusqu'à l'Homme , après avoir repoussé une grand 'garde du 66^ mobiles qui prit position au moulin de Saint-Biaise, sur la Venue.
L'amiral Jaurëguiberry , qui venait d'arriver à Ghâteau-du-Loir, jugeant la position très-grave, donna immédiatement l'ordre au général Barry de défendre Ghahaignes le plus longtemps possible , l'occupation de ce point étant de la plus grande importance pour aider à la retraite, sur le Mans, des troupes de la vallée du Loir aussi bien que de celles du général de Jouffroy.
COMBAT DE CHAHAIGNES.
A Gliahaignes, le général Barry avait tout son monde derrière la Venue, avec une grand'garde du66®au moulin de Saint-Biaise; du gué de la Pointe, confluent du Loir et de la Venue, au Présidial, le 3® bataillon du 3P de marche, ayant à sa droite un détachement du 38® et appuyant sa gauche au château de Benchart, occupé par une compagnie chargée de la garde des débouchés du ruisseau et du pied des hauteurs; le 2^ bataillon du 31* sur les hauteurs entre la ferme du Pressoir et Ghahaignes ; les chasseurs à pied et les mobiles de la Dordogne à Ghahaignes même. Le 8"" mobiles formait la réserve.
Cette défense était complétée par une section de la 19® batterie du 9® régiment, établie au-dessus du Pressoir avec deux mitrailleuses. Gette artillerie prenait d'écharpe la route du Mans , tandis que la 2® section de la même batterie battait, des Héraudières, la route de l'Homme à Ghahaignes. Ges pièces étaient placées derrière des épaulements préparés à l'avance.
Une grande partie de la nuit la grand'garde du moulin de Saint-Biaise, qu'on avait dû renforcer d'une compagnie du 3P de marche, tirailla avec l'ennemi. Le feu ayant cessé vers le matin ; on en profita pour faire des abatis sur le chemin de l'Homme à Ghahaignes.
Ges dispositions bien prises étaient cependant incom-