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COMBATS DE SAINT-HUBERT ET DE CHAMPAGNE

A Yvré-l'Évéque , la division de Bretagne avait reçu l'ordre de reprendre l'offensive. Renforcée du 1" bataillon des volontaires de l'Ouest et du bataillon des Gôtes-du- Nord, elle se porta résolument en avant, et, bientôt engagée, elle repoussa l'ennemi au delà de la ferme de Saint-Hubert , où elle se maintint jusqu'à cinq heures du soir sans être entamée. A la nuit, le général Goujard, craignant un mouvement sur ses ailes qui n'étaient pas suffisamment appuyées, se retira sur Yvré-l'Évéque pour occuper fortement la passerelle des Arches , les ponts de l'Huisne , les hauteurs de Luart , de la Croix et des Berroises, avec un fort avant-poste à la gare d'Yvré.

Dans la soirée , le détachement de Champagne , subitement attaqué , avait abandonné cette position si importante pour la défense du plateau d'Auvours. Le général en chef, prévenu de ce fait, donna l'ordre de réoccuper ce

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village à tout prix : le colonel Bell y pénétra dans la nuit et s'y barricada ^

Sur la route de Saint-Galais , la 2" division du 1 1*' corps, renonçant trop tôt à un nouvel effort sur Ardenay malgré l'ordre donné , effort qui eût été si utile pour inquiéter l'ennemi dans ses attaques sur Changé , était restée sur le plateau d'Auvours où elle s'était établie, sa droite appuyée à l'extrémité sud du plateau , sa gauche s'étendant vers le nord, sur des hauteurs qui dominent la vallée de l'Huisne^.

Le général de Jouffroy , par suite du détour qu'il était obhgé de faire en opérant sa retraite par Mulsanne, alors qu'il aurait dû se porter directement sur ses positions audessus de Changé par Parigné , n'arriva que le soir sur le plateau de Pontlieue ; il eut de plus le tort de ramener ses troupes jusque dans le faubourg et même de les engager dans la ville. Leur fatigue était extrême, il faut le reconnaître , les distributions ne leur avaient pas été faites exactement par suite d'une mauvaise direction donnée au convoi : mais, quelles que fussent les insistances du général pour obtenir de leur faire passer la Sarthe et de leur donner un repos qu'elles avaient bien mérité, le commandant en chef, qui sentait qu'une action générale aurait lieu le lendemain et qu'il lui fallait toutes les forces dont il disposait pour combattre, dut maintenir ses premiers ordres et prescrire au général de Jouffroy de distribuer immédiatement des vivres et de prendre ses dispositions pour se trouver, dès les premières heures du jour , sur les emplacements qui lui avaient été assignés ^. Le général Barry était arrivé à Ecommoy, que quelques-uns de ses corps avaient dépassé. L'ordre lui fut donné de rallier toutes ses troupes à Mulsanne, d'y attendre les ordres de l'amiral,

1 Voir la note 23.

2 Voir la note 24.

3 Voir la note 25.

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