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LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS

» directs du général de Colomb, occupant fortement le » plateau d'Auvours conjointement avec les troupes de la » division Goujard du 2P corps, en partie sur ce plateau » et en partie le long de l'Huisne , pour garder les ponts » et les villages de Champagne et de Saint- Mars la » Bruyère.

» Tout ce secteur sera sous le commandement supéj' rieur du général de Colomb , qui devra faire tous ses " efforts pour refouler l'ennemi au delà d'Ardenay et pour ') occuper de fortes positions sur les routes de Paris et de » Saint-Calais.

» 3° Entre l'Huisne et le cours supérieur de la Sarthe , » à partir des hauteurs qui dominent Connerré sur la rive " droite, par le 2 P corps, selon les dispositions que pren- » dra le général Jaurès pour conserver ces hauteurs, Pont » de-Gennes, Montfort, défendre les mamelons qui domi- » nent Yvré-l'Évéque sur la rive droite , et parer à toute » attaque venant des directions de Bonnétable ou de Bal- » Ion, sur les positions assignées au 2V corps en avant de » Sargé.

« Il faut sur ces positions résister à l'ennemi aussi long- » temps que dureront ses efforts, avec la ténacité que la » deuxième armée a mise à défendre ses lignes de Josnes, » et à cet effet, tous les matins, toutes les troupes seront ». sous les armes. On prendra l'offensive partout où cela » sera nécessaire et possible, tout en faisant fortement w garder en arrière les positions sur lesquelles on doit se » replier. On ne reprendra ses campements que quand il » sera certain qu'aucune attaque de l'ennemi n'est plus " à craindre. Les lignes devront être couvertes jour et nuit » de postes , d'avant-postes et d'éclaireurs poussés à de » longues distances. Des reconnaissances de cavalerie au- ' ront lieu, d'une façon incessante et par petits groupes, » sur tous les chemins et dans toutes les directions.

» Personne ne devra s'éloigner des bivouacs et des po- » sitions à défendre. L'accès du Mans es>i formellement in- » terdit à la troupe et aux officiers de tous grades.

» Chaque corps d'armée fera garder ses derrières par » de la cavalerie pour ramasser les fuyards et empêcher » toute débandade. <

" Les fuyards seront ramenés sur les positions et main- 0 tenus sur la première hgne de tirailleurs. Ils seront fuit sillés s'ils cherchent à fuir.

» Tous les impedimenta resteront sur la rive droite de la Sarthe. La ville du Mans devra être complètement désobstruée; toutes les communications devront rester libres. On se conformera pour les communications entre les deux rives, pour les convois et les distributions, aux ordres donnés à l'arrivée au Mans. Ces ordres indiquent les emplacements à donner aux convois et aux parcs, les ponts à prendre, les routes à suivre, pour chaque corps d'armée.

» Le général en chef n'hésiterait pas, si une débandade venait à se reproduire, à faire couper les ponts en arrière des lignes, pour forcer à la défense à outrance. Il demande au ministre de la guerre le droit de casser tout chef de corps ou tout officier qui n'exécutera pas les ordres qui lui seront donnés, ou ne saura pas maintenir sa troupe; comme celui de récompenser immédiatement, sur le champ de bataille, les officiers et les soldats qui se distingueraient par leur dévouement, leur énergie et leur courage.

» Les nouveaux contingents fournis par l'armée de Bretagne seront répartis, au fur et à mesure de leur airivée, sur toutes les positions de la rive droite, occupées jusqu'ici par le 17" corps, depuis Sainl-Saturnin par MiJesse, Ghauffour, Saint-Georges-du-Bois, jusqu'à Allomes, gardant ainsi la vallée de la Sarthe sur la rive

' droite, les routes d'Alençon, de Gonlie, de Sillé, de ' Laval, de Sablé, et la ligne d'Angers.

» Messieurs les généraux commandant les corps d'armée ' accuseront réception des présentes instructions du gé- ') néral en chef. »

Il JANVIER. BATAILLE DU MANS.

Le général en chef, sentant qu'il fallait stimuler le zèle et l'énergie de tous, parcourut le 11 au matin le front des troupes depuis les Tuileries, par le Tertre-Rouge et les hauteurs de Changé, jusqu'à celles d'Yvré-l'Évéque, s'assurant que les dispositions étaient bien prises, et annonçant qu'il venait d'obtenir du ministre le droit de récompenser sur le champ de bataille tous les dévouements, comme aussi de réprimer avec la dernière rigueur toute>s les défaillances ' .

La neige, qui couvrait le sol sur une grande épaisseur, avait cessé de tomber; le temps était froid, l'atmosphère complètement dégagé ; on pouvait suivre au loin les divers mouvements qu'allait entraîner la bataille. Soldats et officiers, pressentant la gravité de la situation, mais convaincus de la nécessité de combattre, étaient pleins de confiance.

Dans la matinée, la 1"* division du 2P corps, poursuivie avec tant d'acharnemeut la veille, ne fut d'abord que faiblement attaquée. Ce ne fut que dans l'après-midi que l'ennemi, qui avait traversé l'Huisne à Gonnerré, assaillit un bataillon du 58^ de ligne qu'il força à la retraite, pour marcher sur MontfortetPont-de-Gennes. Le général Jaurès se portant lui-même en avant avec une compagnie de fusiliers marins, trois compagnies du 94^ et trois compagnies de marins, refoula les Allemands, malgré une vive fusillade qui nous coûta sept hommes tués et cinquante blessés.

^ Voir la note 27 iiu

Cette action vigoureuse assurait la défense de Pont-de- Gennes.

Pendant ce temps, l'attaque se prononçait à droite et à gauche sur la division de Bretagne et sur la 2^ division. A neuf heures du matin, le général Gollin était aux prises, à Golcom et au Chêne, avec des colonnes qui s'avançaient protégées par le feu de deux batteries établies sur les hauteurs de Connerré, et couvertes par la chaussée du chemin de fer. A midi l'action était générale sur tout le front de la 2® division. A droite, le 56® de marche souffrait beaucoup du feu combiné de l'artillerie et de l'infanterie prussiennes, cherchant à nous déloger de nos positions; le général Gollin dut le faire soutenir par quatre compagnies du 10*^ bataillon de fusiliers marins. Au centre, le bataillon d'Ille-et' Vilaine luttait courageusement pour se maintenir; il en était de même au Chêne et à Golcom, Partout la fusillade était vive, meurtrière, l'ennemi de ce côté étant en force considérable et très- entreprenant. Jugeant qu'il ne pourrait conserver toutes ses positions, trop étendues pour le nombre des troupes dont il disposait, le commandant de la 2® division se décida à se replier sur la seconde ligne qui lui avait été assignée. Ce mouvement s'exécuta avec beaucoup d'ordre sous la protection de trois bataillons d'Eure-et-Loire , échelonnés sur les crêtes à l'ouest de Grands-Veaux, tandis que la 2° brigade venait occuper les hauteurs et les bois que traverse la route de Saint-Célerin à Lombron, ayant deux bataillons en potence devant Saint-Célerin. Le lieutenant-colonel Des Moutis sut contenir de ce côté les efforts de l'ennemi. Malheureusement^ à la fin de la journée, la 1'® brigade se replia, prématurément et sans ordres, sur les coteaux de Lombron que le général Gollin essaya en vain de lui faire reprendre au moment où le jour finissait; il ne parvint qu'à faire occuper fortement les fermes du Gassoir, de la Chaussée,

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