LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS
gagnait le 13 Saint-Remy de Sillë; la 2^ division, Segrie; la réserve, Sillé-le-Guillaume, et enfin la 3® division, Neuville-la-Lais.
Le grand quartier général, qui avait été le 12 au soir à Domfront en Champagne , fut porté le lendemain à Silléle-Guillaume. Toute l'armée se trouvait ainsi sur la rive droite de la Sarthe dans la journée du 13. La retraite, commencée dans de si mauvaises conditions, s'était opérée avec assez de précision. Les plus grandes difficultés avaient été l'état des routes, couvertes d'une neige très-épaisse ; leur encombrement, parce que les voitures n'avaient pu profiter des chemins de traverse praticables en temps ordinaire, et enfin la fatigue des hommes, qui était extrême. L'ennemi ne s'était montré entreprenant nulle part; c'est à peine si , après être entré dans le Mans , où il s'empara de la queue de nos convois encore engagés dans les rues "de la ville, il fit suivre nos arrière-gardes par quelques uhlans qui ne dépassèrent guère, ce jour-là, la bifurcation des routes de Beaumont et de Gonlie. Il est évident que le 11 au soir les Allemands se considéraient sinon comme battus, tout au moins comme obligés à recommencer le lendemain leurs efforts de la veille, et que le 12 au matin, malgré le fatal incident qui avait amené leur gauche sur la position de la Tuilerie, ils ne croyaient point à une retraite de la deuxième armée française. C'est ce qui explique qu'ils n'aient pas profité de cette occasion, et, qu'une fois fixés sur nos mouvements , ils n'aient pas été à même de nous poursuivre. Ils avaient du reste considérablement souffert pendant les trois derniers jours ; leurs soldats étaient épuisés ; ils ne les avaient soutenus que par des distributions d'eau-de-vie faites à profusion, et il leur fallait rallier leurs colonnes dont quelques-unes avaient déjà commencé un mouvement rétrograde, et pourvoir aux soins à donner à leurs nombreux blessés,
Dans ces conditions, le général en chef persistant dans la pensée qu'il pouvait se retirer sur Alençon pour reprendre le mouvement projeté vers la Seine, avait insisté près du ministre de la guerre, qui avait repoussé ce projet et prescrit la retraite sur la Mayenne. Le 12, à onze heures et demie du soir, le télégramme suivant avait été expédié de Domfront à Bordeaux * :