‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 24 sur 345 · LIVRE PREMIER. — ORLEANS · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — ORLEANS

Le quartier général du 16° corps, à Saint-Përavy ; le convoi en arrière de Saint-Sigismond ; les parcs et les réserves à Glos-Aubry; enfin, aux avant-postes, pour soutenir les reconnaissances de cavalerie et éclairer le pays, les francs-tireurs de Paris (lieutenant- colonel Lipousky) , à Patay ; ceux de la Sarthe (commandant de Poudras) , à Sougy et Terminiers ; ceux de Saint-Denis (commandant Liénard), à Péronville.

Le 15° corps s'étendait à droite entre Gidy et Ghevilly, ayant ses réserves et ses parcs aux Barres, aux Ormes et tout le long des routes qui d'Orléans mènent dans la direction du nord; une brigade à Orléans.

Le grand quartier général aux Ormes.

SITUATION DE l'aRMÉE DU GÉNÉRAL DE THANN.

Pendant ce temps, les corps allemands battus à Goulmiers se retiraient sur Étampes pour s'y refaire, laissant de la cavalerie appuyée par quelques colonnes d'infanterie, en observation à hauteur de Tour y, pour se relier avec les forcés que le grand-duc de Mecklembourg réunissait à Chartres. Si le gouvernement de Tours avait été moins préoccupé de la position d'Orléans, dont il voulait faire la base des opérations ultérieures, et si le général en chef avait cru l'armée de la Loire assez complète et assez outillée pour continuer à se porter en avant, il eût peutêtre été possible, en mettant à profit l'enthousiasme produit par la victoire du 9, d'atteindre et d'achever de battre l'armée du général de Thann avant qu'elle eut pu être secourue par celle du grand-duc , sur laquelle on se serait porté ensuite, et de prendre ainsi les Allemands en détail avant l'arrivée des renforts que le prince Charles, parti de Metz, amenait avec la phis grande célérité dans la vallée de la Loire.

ORDRE GÉNÉRAL A l' ARMÉE.

Le 10 au soir, le général d'Aurelle de Paladines avait adressé à l'armée l'ordre du jour suivant :

«« Au grand quartier général du Grand-Lus, le 10 novembre 1870.

» Officiers, sous-officiers et soldats de l'armée de la » Loire,

» La journée d'hier a été heureuse pour nos armes. » Toutes les positions attaquées ont été enlevées avec » vigueur; l'ennemi est en retr^aite.

» Le Gouvernement, informé par moi de votre conduite, » me charge de vous adresser des remercîments , je le fais » avec bonheur.

» Au milieu de nos malheurs, la France a les yeux sur » vous ; elle compte sur votre courage. Faisons tous nos » efforts pour que cet espoir ne soit pas trompé.

» Le général commandant en chef l'armée de la Loire,

» Signé : d'Aurelle de Paladines ^ . »

Les jours qui suivirent furent employés à achever l'organisation des convois, à compléter le matériel d'artillerie et à procurer des vêtements aux soldats, l'infanterie manquant encore de capotes, et les gardes mobiles n'ayant que les vareuses et les pantalons de médiocre qualité avec lesquels ils avaient été habillés pendant l'été. Le temps était devenu de plus en plus mauvais ; la pluie et la neige ne cessaient pas ; les bivouacs étaient de véritables bourbiers; la paille et le bois, enlevés en grande partie par les Allemands, étaient insuffisants ; les villages et les quelques fermes qui se trouvaient dans les lignes étaient encom-

1 Voir à l'appendice, note 1, le rapport officiel adressé au ministre de la guerre par le général d'Aurelle sur la bataille de Coulmiers,

LlVr.E PREMIER. — ORLEANS. 37

brés par les malades, dont la petite vérole augmentait chaque jour le nombre; les chevaux sans abri, piétinant dans la boue, réduits à leur ration d'orge, s'affaiblissaient à vue d'œil, et les troupes bivouaquées sous la petite tente souffraient horriblement de l'humidité et du froid , dont rien ne les abritait dans ces plaines nues de la Beauce.

Puisqu'on devait rester ainsi sur la défensive pendant un certain temps, il fallait tenir l'ennemi au loin, surveiller les mouvements par lesquels il allait se préparer à des opérations auxquelles on devait s'attendre, éviter toute surprise, habituer nos jeunes troupes à se garder à grande distance, et employer à fatiguer l'ennemi ce système de reconnaissances continuelles et hardies dont il se servait avec tant de succès contre nous depuis le commencement de la campagne.

Page 1