LIVRE PREMIER. — ORLÉANS
Épieds la brigade Tillon, qu'il avait rappelée à tort à la fin de la bataille, cette cavalerie ayant pu être d'une trèsgrande utilité si le commandant du 1 6" corps l'avait eue sous la main au moment où l'ennemi , chassé d'Ormeteau et de Vanrichard, dessina définitivement son mouvement de retraite.
De Prénouvellon , le général Reyau dut s'éclairer dans les directions de Tournoisis et de Villampuy en poussant ses avant-postes jusqu'à la route de Ghâteaudun, tandis que la brigade Bourdillon s'établissait entre Villemare et Poiseaux pour couvrir l'aile gauche de l'armée et appuyer le mouvement de la cavalerie sur Lignerolles, Villardu et Bricy s'il y avait lieu de le reprendre.
La nuit se passa à ramasser les blessés, à distribuer les vivres et à compléter les munitions , malgré la pluie qui ne cessa de tomber. On eût donc été le 10 au matin prêt à un nouvel effort s'il eût été nécessaire. Mais l'ennemi avait pris son parti de sa défaite , et employait la nuit à opérer sa retraite par toutes les routes qui pouvaient le conduire sur Janville et sur Toury, où il se retirait. Nos reconnais* sauces de cavalerie , à part celles faites par le commandant Lambilly, ne trouvèrent plus les Bavarois et ne purent que constater leurs traces et la rapidité de leur retraite.
La nouvelle de cet échec était parvenue bien vite à Orléans, où d'ailleurs il ne restait plus que très-peu de troupes allemandes , toutes ayant été dirigées successivement sur le terrain de la bataille. Le général de Thann prescrivit immédiatement d'évacuer la ville et d'acheminer tout le matériel sur Artenay. Un assez grand nombre de soldats et même d'officiers ne purent cependant se retirer assez à temps, et lorsque nos avant-gardes et les volontaires de Gathelineau, qui s'étaient avancés par la rive gauche de la Loire, pénétrèrent dans Orléans, on put faire des prisonniers et s'emparer d'une partie du matériel.
Nos troupes étaient si fatiguées de la veille et le temps tellement mauvais, que le général en chef ne reprit que vers midi, le 10, son mouvement dont le but était de venir s'établir en avant de la route de Ghâteaudun pour couvrir Orléans en occupant fortement la trouée des Barres et en se reliant par sa droite à la première division du 15* corps , qui n'ayant pu arriver assez à temps pour couper à l'ennemi sortant d'Orléans sa retraite par la grande route de Paris, se portait sur Ghevilly.
La marche fut lente dans tous les corps et surtout pour les convois , qui ne pouvaient suivre que les grandes routes, les chemins ordinaires étant complètement défoncés. Aussi ce ne fut que le 11 au soir que l'armée se trouva tout entière établie sur les positions qui lui avaient été assignées , et qui étaient les suivantes :
POSITIONS DE l'armée LE 11 NOVEMBRE.
Les deux divisions de cavalerie du général Reyau : une brigade (1" du 15® corps) aux Hôtels, Machelainville , Pierre-Percée et Liconey ; la 2M3rigade, à Allonnes , la Couture , la Vallée et Tournoisis ; la 3® , à Goulimelle et à Renneville , détachant le 4Me cavalerie légère mixte à Lignerolles et à Patay pour éclairer le front des lignes. La division de cavalerie du 16* corps réunie et campée entre Goulimelle et Tournoisis, en arrière et parallèlement à la roule de Ghâteaudun.
La 1'* division du 16* corps (amiral Jauréguiberry) , ayant sa première brigade de Saint-Sigismond à Gouhmelle ; la 2* de Saint-Péravy par le Mesnil , Roumilly , Goinces et Bricy jusqu'à Boulay.
La 2* division (général Barry) , la première brigade de la ferme de Nuisement à la Haute-Épine ; la 2® brigade à Gémigny , Rosières et Goulmiers.