LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS
» l'offensive sur toute la ligne , au point du jour, et de » réoccuper à tout prix les positions abandonnées la nuit.
» A sept heures et demie, le 11 au matin, l'amiral me '^ rendait compte qu'il était impossible de faire marcher » les troupes, qui refusaient de se battre et se déban- " daient, que la retraite était impérieusement commandée.
3) La situation était la même au centre , où les troupes )» avaient également abandonné le plateau d'Auvours.
n Si je n'avais écouté que mon indignation, j'aurais fait » sauter les ponts et lutté quand même.
)) Néanmoins, j'ai cru que mieux encore valait conser- » ver cette armée à la France , dans l'espoir qu'un jour " peut-être elle prendrait sa revanche, et j'ai donné, en » pleurant de rage, l'ordre de la retraite.
» Si je vous ai parlé des lignes de Garentan , c'était îî comme point de direction extrême et général, point que ') vous m'aviez désigné ; mais je n'avais jamais eu l'inten- )i tion de m'y rendre directement.
» Je n'avais qu'une idée : donner à mon armée l'occa- » sion de laver cette tache, et arriver encore à temps pour » sauver Paris.
» Aussi, sans hésiter, je me décidai à battre en retraite n sur Alençon. Là, en me réunissant au 19^ corps, encore n intact , ralliant autour de moi tout ce qui avait du » cœur dans la deuxième armée , j'aurais marché sur » Paris : tous, cette fois, prévenus qu'il fallait arriver ou » mourir.
3) La grandeur du but à atteindre me semblait justifier » ces risques suprêmes. Vous en avez jugé autrement. ;i J'obéis.
» La retraite s'opère très - convenablement sur la '5 Mayenne. Le 2P corps , du général Jaurès , a passé la )) Sarthe à Montbizot, à la Guierche et à Beaumont, après ' s'être replié dans le plus grand ordre, combattant vigou-
» reusement, et m'a rallié à Sillé-le-Guillaume. Dans qua- « tre jours, je serai à Laval, où je vais concentrer l'armée » et hâter sa réorg^anisation. Telle va être désormais mon » unique pensée, et j'y réussirai.' Si le suprême bonheur » de sauver Paris nous échappe , je n'ai pas oublié qu'a- » près lui il y a encore la France, dont il faut sauver l'exis- » tence et l'honneur.
» Le général en chef,
» Signé : Ghanzy. »
La journée du 14 fut employée à régulariser les positions du 17® corps et à achever les mouvements que le 2P avait encore à faire pour prendre celles qui lui étaient indiauées autour de Sillé-le-Guillaume. Ce dernier était ainsi réparti : la première division à Saint-Remy de Sillé, la deuxième à Montreuil-le-Ghétif , la troisième en avant de Sillé, à cheval sur la route de Gonlie ; la division de Bretagne à Mont-Saint-Jean ; la réserve à Sillé-le-Guillaume.