‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 250 sur 345 · COMBAT DE SAINT-JEAN-SUR-ERVE · texte numérisé non relu

COMBAT DE SAINT-JEAN-SUR-ERVE

Arrivé dans la nuit au village de Saint-Jean-sur-Erve, le vice-amiral Jauréguiberry , qui ne continuait son mouvement de retraite qu'à contre-cœur, étudia dès le matin les positions sur lesquelles il se trouvait, et les jugeant favorables à la défense , résolut d'essayer encore une fois d'y arrêter la marche de l'ennemi.

Le village de Saint-Jean , situé dans un bas-fond sur les bords de l'Erve, est dominé du côté de Laval par des hauteurs en amphithéâtre. Il fut décidé que 4 batteries de la 1''' division s'établiraient derrière les épaulements naturels d'un chemin creux qui contourne les hauteurs , pour battre la route du Mans à Laval ainsi que la vallée de l'Erve , dominée sur une étendue considérable du nord au sud. Deux sections du génie se mirent immédiatement à pratiquer des embrasures dans les talus de ce chemin creux , et achevèrent ce travail sous le feu de l'ennemi , tandis qu'une autre section préparait, malgré les dangers de cette opération, la destruction du pont de Saint-Jean. L'artillerie fut répartie de la façon suivante : la 24* batterie de 4 du 15® régiment (lieutenant Michaèlli) à l'extrême droite du plateau; la 23® batterie de 4 du 10® régiment (capitaine Thiébault) au centre et à droite; la

* Voir la note n^ 37.

19' batterie du 10^ régiment (capitaine Delaliaye) , composée de 3 mitrailleuses , à gauche et en face de la ferme de la Séraunière; enfin la 19* batterie du 8® régiment (6 mitrailleuses, capitaine Perret) , 4 pièces dans le chemin creux à l'extrémité du plateau, les deux autres à cent mètres en avant pour fouiller les ravins.

Les troupes prirent les positions suivantes : La F® division formant l'aile gauche au-dessus et f.n arrière de Saint- Jean-sur-Erve ; ce qui restait de la 2^ division à droite , déployant toutes deux de nombreux tirailleurs abrités à mi-côte derrière des haies et des fossés, avec deux compagnies en avant du village sur la route du Mans. Malheureusement ces divisions , qui ne comptaient pas à eJles deux plus de 6,000 combattants, n'étaient pas assez fortes pour garder toutes les issues et les hauteurs par lesquelles l'ennemi pouvait déboucher.

Les Allemands se présentèrent vers onze heures et demie, au moment où nos troupes achevaient de se placer. L'action se borna d'abord à un feu de tirailleurs. A midi et demi , une batterie prussienne essaya de tirer à 4,000 mètres sans atteindre aucun résultat. Une colonne d'avant-garde s'avança alors, suivie de deux pièces qui vinrent s'établir *a 2,500 mètres environ de notre position, sur la route de Laval au Mans. Nos deux batteries de 4 firent converger leur tir sur ces pièces, tandis que nos mitrailleuses tiraient sur l'infanterie. Cette dernière, écrasée par ce feu intense , dut s'arrêter et attendre l'effet de trois nouvelles batteries qui étaient venues se mettre en position en face de la grande route. Le lieutenant Michaèlli lutta courageusement contre une de ces batteries , sous une grêle d'obus qui blessèrent le sous-lieutenant Rovel, tuèrent neuf chevaux, brisèrent un affût et détériorèrent presque toutes ses pièces. Les mitrailleuses du capitaine Delahaye arrêtaient également la marche des

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