‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 257 sur 345 · LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS

COMBAT D ECOMMOY.

Entendant le canon du côté de Jupilles, et apprenant la présence de l'ennemi à Écommoy, le général de Gurten ne voulut pas continuer sa route sans avoir fait reconnaître ce qu'il avait devant lui. Les francs-tireurs des Deux-Sèvres et le 23* bataillon de chasseurs à pied, soutenus par le 27* rég^iment de mobiles, entrèrent sans coup férir dans Ecommoy et repoussèrent Tennemi , qui , vers quatre heures et demie, essaya de reprendre le village. Cette petite affaire est à la louange des francs-tireurs des Deux-Sèvres, bien conduits par le commandant Poinsignon*. Ce succès partiel montre du reste ce que l'on aurait pu obtenir le 10 si l'amiral, ayant eu à temps son monde sous la main, avait pu opérer une diversion sur le flanc gauche de l'ennemi, et si le général de Gurten, marchant plus vite et plus directement sur Ghâteau-du-Loir et sur Ecommoy, gagnant une étape, était arrivé le soir du 11 sur la position de la Tuilerie qui lui était assignée, empêchant ainsi , selon toute probabilité , la panique des mobilisés du général Lalande, dont les conséquences avaient été l'abandon du Mans.

Dans la nuit du 11 au 12 le général de Gurten continua son mouvement sur la Flèche par Pontvalain , précédé de tous ses impedimenta et de son artillerie , qu'il voulait sauver. Il était le 13 à la Flèche, lorsqu'il reçut du générai en chef la dépêche suivante :

« Je ne m'explique pas pourquoi vous êtes descendu » sur la Flèche. Mettez-vous le plus rapidement possible » en route pour Sablé, afin de rejoindre l'amiral, dont le

Voir la note n° k%

tk

» quartier général est à Joué-en-Gljarnie , sur la route de » Laval au Mans. Il importe que vous soyez sur vos nou- » velles positions après-demain au plus tard. »

Arrivé à Sablé, le 14, il y apprit l'occupation de Jouéen-Gharnie par l'ennemi. Comprenant la nécessité de porter un prompt secours à l'amiral, il se débarrassa de tous ses impedimenta et de tout son matériel d'artillerie non indispensable , qu'il engagea sur la route de Laval par Meslay, en même temps qu'il prescrivait à toutes ses troupes de marcher sur Saint-Jean-sur-Erve par Auvers-le- Hamon, Epineux, Bannes, et Thorigné-en-Gharnie.

«Toute la journée du 15, » dit dans son rapport le général de Gurten, «j'entendis le canon gronder dans la » direction de Saint-Jean-sur-Erve. Je marchai au canon, » et vers cinq heures je m'arrêtai sur la route de Bannes » sur un plateau très - avantageusement situé pour la » défense, un peu en avant de la route de Forée à Brulon. » D'après les renseignements fournis par le colonel du » 8* hussards , il se trouvait à Brulon un corps ennemi de M dix mille hommes. Je fis prendre position à une section » de 4 sur la route de Bannes, et je lançai une ligne de » tirailleurs, appuyée d'un bataillon de soutien du 27^ mo- » biles, pour couvrir le mouvement de retraite de l'artillerie » sur Chéméré, où j'arrivai à huit heures du soir. Il y eut » quelques coups de fusil échangés, mais l'ennemi, nous » voyant sur la défensive et maîtres d'excellentes posi- » tions, ne continua pas sa poursuite. »

Arrivé le 16 à Bazougers, le général de Gurten apprit le mouvement de retraite de l'amiral sur Laval, mais déjà sa cavalerie avait reçu l'ordre de se porter sur Soulgé. Ce fut pour le commandement du 1" escadron des chasseurs d'Afrique l'occasion d'un heureux coup de main, en chargeant vigoureusement, à leur entrée dans le bourg, des dragons prussiens, dont ils tuèrent un officier et auxquels

Page 1