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LIVRE CINQUIÈME. — LAVAL

la ville aux conséquences d'une défense. Il rassura, autant qu'il était en lui, les notables, leur certifiant de sa volonté de ne faire sauter les ponts qu*à la dernière extrémité et d'éviter, autant que possible , toute action de guerre dont la ville aurait directement à souffrir, tout en leur rappelant les nécessités de la situation qui obligeaient à mettre le salut de la patrie au-dessus des intérêts particuliers.

Le 1 7 janvier, les 21* et 1 7" corps passaient à leur tour la Mayenne sur les ponts de Saint-Jean, de Mongeroux et de Mayenne, et le même jour toutes les troupes occupaient leurs positions.

NOUVELLES TENTATIVES DE l'eNNEMI.

L*ennemi, malgré les combats de Sillé-le -Guillaume et de Saint-Jean-sur-Erve, qui lui avaient prouvé que, bien qu'en retraite, la deuxième armée ne renonçait pas à la lutte, semblait cependant vouloir essayer encore de la poursuivre. Toutefois ses tentatives étaient timides, et le commandant en chef, ainsi qu'il le disait dans ses instructions du 17 janvier *, ne lui croyait pas l'intention d'attaquer sérieusement : il n'était même pas éloigné de penser que les têtes de colonne qui se montraient sur toutes les routes aboutissant à nos positions ne fussent qu'un rideau derrière lequel les Allemands opéraient un mouvement de retraite de leurs forces principales.

Le 17, une reconnaissance prussienne s'était montrée sur la route du Mans; le feu de nos mitrailleuses avait suffi pour la disperser.

Le même jour, le général de Gurten était arrivé à Laval avec sa division, qui, malgré la fatigue de marches pénibles,

* Voir à l'Appendice du livre V la note 1, donnant les instructions du 17 janvier.

s*était maintenue compacte. Ses reconnaissances avaient partout abordé l'ennemi, et l'une d'elles lui avait fait quelques prisonniers.

Cette même journée du 17 avait été employée par le général en chef à préparer la réorganisation de l'armée, à reconnaître les positions autour de Laval, à prescrire et à activer les premiers travaux de défense.

Les routes qui aboutissent à Laval sur la rive gauche, et qu'il importait surtout de surveiller, sont principalement, en allant du sud au nord : celle de Ghâteau-Gonthier, qui s'embranche, près du hameau de Thevalles, à la grande route de Tours, la route nationale du Mans, le chemin de fer, la route de Paris par Alençon. Elles sont reliées entre elles par de nombreux chemins de communication, dont le plus important au point de vue stratégique va, presque parallèlement à la Mayenne, de Louverné, sur la route d'Alençon, à Forcé, sur la route de Tours.

Un ruisseau, le Quartier, qui se jette près de Laval, et une petite rivière, la Jouanne, passant par Argentré, Forcé, Entrâmes, sont, dans cette partie, les affluents de rive gauche de la Mayenne. Deux séries de hauteurs, qui doivent être utilisées comme positions militaires, s'étagent entre la Jouanne et le Quartier, et entre cette dernière rivière et la Mayenne.

Le général en chef reconnut la nécessité de reporter la défense plus en avant de Laval, sur la rive gauche, et décida que deux divisions du 16^ corps, au lieu d'une seule, en seraient chargées.

Il désigna à cet effet les P^et 3% des généraux Deplanque et de Gurten, et fit repasser sur la rive droite, avec la cavalerie, la division Barry, qui avait un plus grand besoin de se réorganiser.

Pendant qu'on hâtait les premiers préparatifs, les coupures et les abatis sur les routes, la construction des épau-

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