DISPOSITIONS PRISES POUR LA DÉFENSE DE LAVAL
La défense de Laval était confiée au 16° corps. La ville est bâtie sur les deux côtés de la Mayenne, qu'on y traverse sur deux ponts en pierre , un troisième en bois , et enfin le magnifique viaduc du chemin de fer. Afin d'assurer la possession de la gare, qui se trouve sur la rive gauche et qu'il était indispensable de conserver, la ville devait être forcément couverte sur cette rive et protégée d'assez loin pour ne pas avoir à souffrir directement des efforts qui pouvaient être tentés pour s'en emparer ou pour la défendre.
Le terrain dans ce pays, couvert d'arbres, coupé de haies, de talus, de ravins et de chemins creux, offrait d'ailleurs des avantages à la défense , et la retraite était assurée, car, sur la rive droite, la Mayenne est dominée par des hauteurs sur lesquelles on pouvait installer des batteries pour enfiler les ponts ou les couvrir de feux croisés, de façon à en rendre le passage infranchissable.
Le 17^ corps, qui était le plus en désarroi, devait se
placer tout entier au delà de la rivière, son centre à Saint- Germain-le-Fouilloux, gardant les ponts de Saint-Jean et de Montgiroux, sa cavalerie à Andouillë, le reliant avec la droite du 21® corps et poussant des reconnaissances *ur la rive gauche par les ponts qui viennent d'être indiqués.
Le 2V corps devait s'établir : deux divisions à cheval sur la route d'Ernée ; une division en avant de Mayenne pour défendre les abords de la ville sur la rive gauche ; la division Goujard à Saint-Fraimbault, observant jusqu'à Ambrières, et se reliant au 19" corps, qui commençait à arriver à Domfront, et dont une division gardait Argentan.
La cavalerie du 16" corps était chargée de surveiller tout le cours inférieur de la Mayenne, de Laval à Ghâteau- Gonthier, où Gathelineau avec ses volontaires, appelant à lui toutes les forces locales, organisait la résistance du pays en appuyant sa droite aux troupes du général Gléret qui couvraient Angers. Tous les ponts de Laval à Ghâteau- Gontiher étaient détruits; ceux du cours supérieur, jusqu'à Mayenne et au delà, étaient minés et prêts à sauter si l'on était réduit à cette extrémité.
On faisait ainsi face à l'ennemi, qui montrait ses têtes de colonne sur toutes les routes; on avait chance de l'arrêter et de pouvoir enfin se réorganiser.
Ces dispositions, prescrites aux divers commandants de corps d'armée, furent ponctuellement exécutées.
Le 16 janvier au soir, le commandant en chef arrivait à Laval, où l'amiral Jauréguiberry, avec le 16" corps, l'avait précédé de quelques heures et avait fait les premiers préparatifs d'installation.
La population, il faut bien le dire, ne faisait pas preuve d'un grand enthousiasme ; à peine le général avait-il mis pied à terre, que le conseil municipal venait lui demander qu'on ne fît pas sauter les ponts, et qu'on n'exposât pas