‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 267 sur 345 · LIVRE CINQUIÈME. — LAVAL · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. — LAVAL

fense de Laval avaient été adoptées par le g^énéral Jaurès : des batteries, protégées par des épaulements, pour couvrir de feux les ponts et les routes du Mans , de Paris et de Laval, étaient établies principalement à Montecouple, la Vannerie, la Sérardière, la Bretonnière , la Ghouane, la Rebatière , etc. La division Goujard était chargée de la défense, de Saint-Fraimbault à Ambrières. Elle reliait le 21® corps au 19®, qui, sous le commandement du général Dargent, allait former l'aile gauche de l'armée. Ce dernier corps occupait principalement Briouze , Écouché et Argentan, qui avait été un instant évacué par le général Girard sur une démonstration de l'ennemi venant d'Alençon ; mais le général en chef comprenant toute l'importance de ce point, l'avait fait réoccuper immédiatement, en faisant soutenir le général Girard par la division Saussier.

La cavalerie du 19^ corps, partie à Ranes, devait éclairer dans la direction d'Alençon. Le colonel Lipouski, qui était à la Ferté-Macé avec ses francs-tireurs , avait pour mission de battre tout le pays et de pousser des reconnaissances le plus loin possible. Enfin, le colonel Bournel, avec les mobilisés de la Mayenne, était à Prez-en-Pail, décidé à s'y maintenir vigoureusement.

Au-dessous de Laval et jusqu'à la Loire, des dispositions analogues étaient prises. Gathelineau organisait avec soin la défense de la vallée inférieure de la Mayenne, et se reliait aux troupes du général Gléret, chargé de celle du val de la Loire, d'Angers à Saumur.

MESURÉS PRISES POUR LA RtOi^GANiSATlON DE l'aRMÉÈ.

Ces mesures de sécurité n'avaienf. pas fait négliger celles nécessaires pour la prompte organisation deTarmée. Les vivres et les munitions avaient été, dès les premiers jours, complétés chez toutes les troupes ; le matérial rou-»

lant, sauf l«s voitures indispensables, reporté sur la rive gauche en arrière de chaque position , et sur les routes à suivre en cas de retraite.

Le service télégraphique avait pu relier le grand quartier général à ceux du corps d'armée.

Les fuyards , signalés aux autorités administratives et militaires des départements voisins , étaient en outre recherchés dans toutes les directions par la gendarmerie, et ramenés à leurs corps.

Les troupes étaient partout cantonnées pour se refaire.

La gendarmerie , installée à Laval avec le général Bourdillon, assurait la police de la ville, la libre circulation sur toutes les routes, l'ordre dans les cantonnements.

L'intendance s'occupait activement de reconstituer les convois, les magasins, les réserves de vivres et les voitures disparues pendant la retraite, parce que les charretiers requis avaient pour la plupart quitté l'armée pour retourner chez eux.

Telle était dans son ensemble la situation de l'armée.

Il était donc permis d'espérer qu'on pourrait bientôt tenter de nouveau la lutte , reprendre les projets sur Paris s'il en était temps encore, réussir si chacun le voulait fermement , tout au moins arrêter la marche d'un ennemi qui, lui aussi, avait ses fatigues et ses découragements ^

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