LIVRE GIINQUIEME. — LAVAL
la 1'% et s'appuyait à la Mayenne , ayant pour ligne de bataille les sommets des hauteurs de la rive droite de la
Jouanne.
Les différents ponts ou passerelles existant sur ce cours d'eau étaient détruits ou prêts à l'être au premier signal ; il n'était du reste guéable en aucun point en cette saison , et son passage présentait de réelles difficultés.
La 1" brigade défendait tout le versant compris entre la route d'Argentré et la ferme de la Lézerie, principalement la Guigue-Foudière et un peu en avant le château des Anvers, qui commandaient la route du Mans ; à gauche, vers Argentré, le mamelon isolé de la Gorbinière permettait à la défense de prendre la route du Mans d'écharpe sur une longueur d'un kilomètre.
Le village de Bonchamps , réoccupé par nous aussitôt après la retraite des Prussiens, servait d'appui à la réserve, forte de deux bataillons; et à deux cents mètres en arrière, dans des maisons isolées dépendant du village, se trouvait encore un bataillon de soutien.
La 2® brigade avait sa gauche à la ferme de la Lézerie, sa droite à la Mayenne. Elle surveillait les routes de Tours et de Ghâteau-Gonthier.
Forcé , sur la rive gauche de la Jouanne , était occupé comme avant- poste par un bataillon du 71" mobiles; une passerelle, d'une destruction facile, lui permettait de traverser la rivière. Le château de Poligny, en arrière de Forcé, ainsi qu'une ferme placée sur la route de Bonchamps, étaient défendus par deux compagnies du 71"; les Gondinières et la Groix-Gondin , par le reste de ce régiment. Le 27* mobiles, cantonné dans les fermes de Haute-Traynée , Beau-Soleil, les Landes, etc., protégeait la route de Ghâteau-Gonthier. Le 23* bataillon de chasseurs à pied, servant de réserve générale à la division, était placé au Point-du-Jour. Partout, sur les routes qui
conduisaient aux positions, des coupures et des barricades devaient retarder autant que possible la marche de l'assaillant.
La 2^ division, en réserve sur la rive droite de la Mayenne, était reportée : le 66" mobiles, à Grenoux , le 38^ de marche, à la Gondonnière, le 8® bataillon de chasseurs, à la Haye-Beauvais, le 22® mobiles, à la Groix-des- Landes, le 3P de marche, à Saint-Berthevin.
Pour aider à la défense de la rive gauche, le génie avait construit des épaulements et l'artillerie placé des batteries sur toutes les positions utiles de la rive droite : six pièces de 7 au bois de l'Huisserie, six pièces de 4 sur le plateau des Roches , trois mitrailleuses sur la terrasse du château de Bel-Air, une batterie de 4 à la Groix-de-Gaule , six pièces de 7 à la Chauminière.
En cas d'échec, les feux de cette artillerie enfilaient le chemin de fer, se croisaient sur les ponts de la ville , et permettaient aux troupes de la rive g^auche d'opérer leur retraite en faisant sauter ces ponts derrière elles. Ceux de Laval à Ghâteau-Gonthier étaient détruits ; la cavalerie et des tirailleurs surveillaient tous les gués. Tels étaient les préparatifs de défense du 16° corps. Il convenait de les décrire avec détail, puisque à lui était confiée la position la plus importante et la plus menacée , et parce qu'il était utile de faire voir que, autant que possible, rien n'avait été abandonné au hasard et à l'imprévu.
Le 1 7* corps en entier, sauf ses avant-postes sur la rive droite, n'avait rien à redouter. Il gardait les ponts de Changé, de Saint-Jean, et le cours de la rivière jusqu'à Montgiroux ; son quartier général était établi à Saint-Geimain-le-Fouilloux.
Le 2P corps, de Montgiroux à Saint- Fraimbault , couvrait Mayenne sur la rive gauche avec une de ses divisions.
Des dispositions analogues à celles prises pour la dé-