LIVRE CINQUIEME. — LAVAL
province de faire l'historique de la campagne et l'exposé exact de la situation. Le commandant de la deuxième armée n'apportait pas l'illusion , mais il avait encore trop de confiance pour ne pas réagir contre le découragement. Sans déguiser la vérité , lorsqu'il s'agit de faire connaître l'état exact de ses troupes , il raconta ce qu'elles avaient fait depuis quatre mois , ce qu'elles pouvaient faire encore, et exposa les idées et les plans qu'il avait déjà soumis à la délégation de Bordeaux. Sa conviction alors, et elle n'a pas varié depuis , était que si le pays voulait sérieusement se défendre , il se trouvait encore en état de lutter malgré tant de désastres : le tout était de prendre cette résolution en acceptant d'avance et sans faiblesse toutes les conséquences qu'elle devait forcément entraîner. Il fut décidé qne tout en attendant la décision à laquelle allaient s'arrêter les représentants du pays, convoqués pour le 12 , et devant laquelle on n'aurait plus qu'à s'incliner, les prépa* ratifs de défense seraient continués , et qu'en ce qui concernait la deuxième armée , elle commencerait immédiatement ses mouvements pour passer sur la rive gauche de la Loire , en même temps que les forces aux ordres du général de Colomb la remplaceraient sur ses positions pour couvrir la Bretagne.
Sa présence n'étant plus utile à Paris, le général en chef le quitta le 10 au matin et rentra dans la soirée à Laval , pour donner les ordres nécessaires et faire exécuter cette décision ' .
1 Voir à l'Appendice du livre V la note donnant quelques renseignements relatifs au voyage du général en chef à Paris.