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LE GÉNÉRAL EN CHEF EST APPELÉ A PARIS PAR LE GOUVERNEMENT

Le lendemain matin , 7 février , le général recevait , par l'intermédiaire du prince Charles, le télégramme suivant du général Le Flô , ministre de la guerre :

« Le Gouvernement de la défense nationale a le désir M et le besoin de vous entendre et de conférer avec vous. » Veuillez , en conséquence , venir à Paris dans le plus >5 bref délai et par la voie la plus rapide. Partez le w jour même de la réception de cette dépêche. L'autorité » militaire allemande reçoit l'ordre de l'état-maj or général

>' de VOUS délivrer un sauf-conduit et de vous faire accom- » pagner à travers les lignes prussiennes.

» Signé : Le Flô. »

Le commandant de la deuxième armée quitta Laval le jour même , par un train spécial que les autorités militaires allemandes mirent beaucoup d'empressement à lui organiser, et put arriver à Paris dans la nuit du 7 au 8 février. Le ministre de la guerre était parti pour Bordeaux une heure auparavant, à la nouvelle de la démission de M. Gambetta, qui venait de quitter ses fonctions à la suite des conflits qu'avaient soulevés les mesures prises par lui à propos des élections.

Le général assista , dans les nuits des 9 et 10 février, à deux séances du conseil du Gouvernement , présidées par le général Trochu, et auxquelles prirent part MM. Jules Favre, ministre des affaires étrangères, Picard, ministre de l'intérieur, Magnin , ministre du commerce, Dorian , ministre des travaux publics , Hérold , délégué au ministère de la justice , Cresson , préfet de police , Jules Ferry, maire de Paris, le général Vinoy , commandant en chef de l'armée , et le général Clément Thomas , commandant les gardes nationales. Il était facile de se rendre compte qu'aucun de ces personnages ne connaissait ni la situation exacte de la province, ni ce qui s'y était passé, pas plus que les emplacements et la composition des armées. Cela devait être du reste, les communications n'ayant pu se faire depuis longtemps que par des dépêches échangées au moyen de pigeons. Le général Loysel, appelé du Havre, était arrivé à temps pour ces conférences; le général Faidherbe , malade , avait dû s'y faire remplacer par le lieutenant-colonel Charon, commandant l'artillerie de ses troupes.

On demanda à chacun des représentants des armées de

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