APERÇU SUR LES CONDITIONS NOUVELLES DE LA DEFENSE DU PAYS
La deuxième armée allait donc quitter ses positions et se porter au sud de la Loire , en laissant à celle de Bretagne le soin de défendre l'ouest de la France.
La ligne de la Mayenne nous avait été favorable. Der-* rière elle nous avions pu refaire et réorganiser nos troupes, arrêter l'ennemi et épargner à la Bretagne et à la plus grande partie de la Normandie la honte et la ruine de l'invasion.
Il fallait maintenant se placer de façon à tenter les mêmes efforts au delà de la Loire, si les négociations entamées n'aboutissaient pas à la paix. Toutefois les conditions de la défense étaient loin d'être aussi bonnes par suite de la convention du 28 janvier qui avait permis aux Allemands de s'avancer au delà du fleuve , dans des con-
43â LA DEUXIÈME ARMÉE DE LA LOIRE.
trées que le sort de la guerre ne leur avait pas donne'es jusque-là, en leur concédant, dans cette partie du pays, les départements d'Indre-et-Loire, de Loir-et-Cher et du Loiret. Gette^ clause, en nous privant des lignes du Cher, de l'Indre et de la Vienne , donnait en effet à l'ennemi la possibilité de se masser à son gré sur l'une ou l'autre des rives de la Loire , soit pour descendre le fleuve et s'emparer de Nantes , soit pour tourner l'armée de Bretagne, ou enfin pour envahir le sud de la France et marcher sur Bordeaux.
C'était à tous ces dangers qu'il s'agissait de parer en utilisant le peu de temps qui restait de l'armistice pour répartir, sur les meilleures positions à occuper, toutes les forces dont on disposait encore dans l'Ouest.
Nous étions toujours maîtres de la Mayenne et des deux rives de la Loire, depuis son embouchure jusqu'à Candes au-dessus de Saumur ; il y avait un intérêt majeur à maintenir nos armées en communication aussi longtemps que possible ; il fallait de plus se rattacher aux corps qui occupaient l'Indre, le Cher et la Nièvre. Le général en chef voulant, en remplissant ces conditions, établir ses troupes dans de larges cantonnements pour assurer leur bien-être, adopta comme combinaison générale leur répartition sur une ligne qui, partant de Saumur, va aboutir au Blanc en passant par Loudun et Châtellerault pour se prolonger ensuite par Châteauroux, Issoudun et Bourges jusqu'à Nevers. Cette dernière partie était défendue par les troupes aux ordres du général de Pointe à Nevers, le 25^ corps (général Pourcet) replié sur Bourges depuis l'armistice, et le 26^* corps (général Billot) qui allait se porter de Guéret sur Châteauroux et devenir l'aile droite de la deuxième armée dans laquelle il passait. Venaient ensuite en remontant la hgne vers la Loire, le 16* corps du Blanc à Châtellerault, le 2P de Châtellerault à Loudun, le 19" de Lou-