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ORDRE DE DIVISION

Ymonville, 13 novembre 1870, cinq heures du matin.

1° A sept heures du matin la 8® brigade, soutenue de deux canons de la batterie Schlotheim, s'avancera dans les environs de Loigny et enverra de fortes patrouilles dans la direction du sud et sud-ouest; et si elle n'est pas gênée par l'ennemi, elle rejoindra la brigade Hahn dans les cantonnements de Germignonville et de Viabon .

2<* La 9® brigade de cavalerie marchera à la suite de la 8® avec quatre canons, à sept heures du matin, jusqu'aux environs de Sancheville, et de là, protégée par de fortes patrouilles, s'appuyant toujours sur la 8° brigade de cavalerie, elle s'avancera jusqu'à Bonneval par Cormainville et la route de à Chartres.

L'après-midi elle se cantonnera à Rouvray-Saint-Florentin, Vilars et Villeau.

3" La 10* brigade de cavalerie et la batterie Mantouffel partiront à

sept heures du matin par Voves, jusqu'à Boncë; la cavalerie éclairera les bois et les villag^es au sud de cet endroit et fera des patrouilles au delà de la route de Chartres à Châteaudun , au nord jusqu'à l'Eure, au sud jusqu'à la jonction avec la 9® brigade.

Cette brigade cantonnera à Voves, Sazeray et l'Hôpiteau.

4® Je me transporterai à neuf heures à Voves, où s'établira le quartier général de la division jusqu'au lendemain matin.

5° Les bagages peuvent être amenés dans les nouveaux cantonnements; cependant, pour plus de sécurité, ils devront à sept heures du matin se trouver au sud de la route de Janville à Chartres.

6" La 9® brigade laissera ses chevaux de relais sur la route d'Angerville, la 10« brigade, à Ymonville.

7° Dès que les nouveaux quartiers seront occupés, les brigades devront, en cas d'alarme, rejoindre les cantonnements à Voves.

8" Les brigades auront soin de leur propre sécurité.

9° Les ambulances marcheront à huit heures sur Voves.

10° Les brigades et les batteries ont jusqu'à ce soir pour prévenir de ce qui leur manque en munitions. Les deux batteries devront s'entendre pour leurs munitions; elles suivront, ainsi qu'il est ordonné, les 9« et 10^ brigades.

11° Chaque régiment de la division commandera un certain nombre d'hommes pour servir d'ordonnances à l'état-major de S. A. R. le grand-duc.

C es hommes se réuniront aujourd'hui, au nombre de huit, à Angerville .

12° Chaque brigade enverra le soir, à huit heures, un officier à Voves, qui y attendra les ordres. Signé : Prince Albrecht.

Général d'Aurelte à général Chanzy, à Saînt-Péravy; général de Sonis, à Marclienoir ; général Martineau, à Chevllly; général Peytavi?î, à Gidy.

Saint-Péravy, de Saint-Jean de la Ruelle, le 23 novembre 1870, neuf heures cinquante-cinq, soir.

Aujourd'hui les troupes en avant d'Orléans ont conservé leurs positions. A la gauche, le général de Sonis bivouaque à Écoman et à Marchenoir ; à la droite, le général Grouzat, commandant les 20^ et 18® corps, s'est avancé sur Beaune-la-Rolande et s'en est emparé après vive résistance. En prévision de renforts venant de Pithiviers , le général Crouzat a demandé au général des Palhères de l'appuyer. Le général des Pallières se porte en avant demain matin pour le ralher.

P. 0. Le chef d'état-major général, Signé : Bobel.

Général en chef à général Chanzy, Saînt-Péravy,

Saint-Péravy, de Saint-Jean delà Ruelle, le 29 novembre 18*70, à onze heures quarante-cinq minutes du soir.

J'ai reçu votre dépêche, et d'après les indications que vous me donnez des ordres ont été expëdie's partout pour re'sister à une attaque. En prévision de cette attaque, j'ai prescrit à de Sonis de partir demain matin, à cinq heures, et de se diriger sur Coulmiers en passant par Ouzouer et Charsonville. Des Pallières a l'ordre de marcher au canon et de venir nous rallier avec le plus de monde possible, tout en gardant cependant les passages de la forêt. Grouzat est pre'venu et doit appuyer notre droite. Je donne l'ordre de faire rallier demain matin, aux Barres, le 8® mobiles. Signé : d'Aurelle.

M. Dubois, ex-enseigne de vaisseau, qui servait dans cette compagnie des volontaires de Bordeaux si maltraitée à Varize, a pu donner à son retour d'Allemagne, où il avait été emmené prisonnier, les détails suivants sur cette affaire :

« Attachés aux francs-tireurs de Paris pour éclairer le 16« corps, » nous étions partis de Patay pour observer un mouvement que les >» Bavarois faisaient sur Orléans. Le 28 , nous occupions Civry, Not- » touville et Varize; mais nous fumes obligés de nous replier sur ce » dernier village, le général Digard, qui se trouvait sur notre gauche, » ayant été attaqué et forcé de se retirer. Le 29 au matin, la compa- » gnie des francs-tireurs de Paris, de grand'garde à Civry, dut battre » en retraite sur nous, qui occupions, d'après les ordres du lieutenantj» colonel Lipouski, les ruines et le parc du château de Brissac. — A » neuf heures, les francs-tireurs de Paris étaient forcés de se replier; » mais nous, les tirailleurs girondins, nous ne pûmes exécuter le » mouvement, nous trouvant attaqués par tous les Bavarois et une » batterie.

» Après trois heures et demie de combat et deux charges à la 1» baïonnette, acculée dans un petit marais qui est au bas du parc, la » compagnie, décimée, sans cartouches, fut obligée de se rendre à » l'ennemi, qui ne put croire qu*un si petit nombre d'hommes (cent » dix de notre compagnie et quelques francs -tireurs de Paris) eût pu » les tenir en échec aussi îongtemps et leur faire éprouver des pertes » aussi sérieuses. Ils ont avoué 450 hommes tués ou blessés, et 11 w officiers, dont un officier supérieur. Nos pertes, quoique très- » cruelles à cause de notre faible effectif, furent comparativement ■ bien inférieures aux leurs ; nous eûmes 10 morts et 37 blessés, dont

» 18 grièvement. Permettez-moi, mon géne'ral, de vous envoyer les » noms de ces braves, qui appartiennent aux meilleures familles de » Bordeaux.

M Morts : Henry (Paul), de Saint-Amand (Raoul), Faulong, Dupin » (Edouard), Coiffard (Bien-Aimë), Cambon (Justin), comte de Moyen- » court, Brun (Amand), Budoc (Jean-Baptiste), Tre'voux.

» Blessés grièvement : Blanchard, sous-lieutenant, à la tête; Esprit » (Frédéric), à la cuisse; Duroy de Suduirant, à la cuisse; Bergerol » (Edouard), cuisse brisée; Solles (Henri), épaule fracassée; de Bas- » tard (Georges), au bras ; Lhaumond (Antony), les deux cuisses tra- »» versées; Lacoste (Fernand), au mollet; Lafaye (Albert), aux reins; » Charruaud (Numa), à la cuisse; Tulasne (Eugène), au pied; Guille- »> met (Pierre), à la tête ; Millet (Dominique), au bras v .Blanchy (Gas- » ton), aux reins; Dubois (Henry), à la poitrine; Former, aux deux » cuisses. « Signé : Henry Dubois. »

Guerre à général en chef, armée Loire , Saint-Jean de la Ruelle; à général Chanzy, 16® corps, Saint-Péravy, et à général de SoniSf 17® corps, à Marchenoir.

Saint-Péravy, de Tours, le 30 novembre 1870, à douze heures quinze minutes, soir.

D'après nos renseignements, vous devez avoir affaire à une colonne de 20 à 25,000 hommes, dont le gros paraît se diriger sur Toury en masquant son mouvement par l'attaque que vous nous faites connaître. Le mouvement de Sonis vers vous, fait avec promptitude et décision, devra donc menacer sérieusement l'aile gauche de l'ennemi. La colonne ennemie se compose de la 17*^ division d'infa«terie, d'une partie de la 22®, de la 4® et de la 6« division de cavalerie ; elle est commandée par le duc de Mecklembourg.

Signé : De Freycinet.

Général en chef au général Chanzy^ à Saint-Péravy.

Saint-Péravy, de Saint-Jean de la Ruelle, le 30 novembre 1870, à une heure vingt-cinq minutes du soir.

D'après les renseignements que je reçois du ministre et qu'il me donne avec insistance, nous n'aurions rien à craindre de sérieux sur notre gauche, quelle que pût être la vivacité d'une attaque que l'ennemi dirigerait de ce côté. Cette attaque ne serait qu'une feinte destinée à masquer un mouvement de l'ennemi vers l'est*. Le géné-

' Ct'S renseignements , si contraires à ceux recueillis par les reconnaissances du

rai Peytavin me rend compte que tout est tranquille en avant de lui. Une reconnaissance arrivée jusqu'à Terminiers n'a rien vu, Martineau m'écrit qu'il n'a rien à signaler du côté d'Artenay. De Sonis vous est-il signalé vers votre gauche? J'ai besoin de vous voir aujourd'hui. Venez dès que vous croirez pouvoir vous absenter sans inconvénient. Signé : d'Aurelle.

N" 259. Le générât Chanzy au général en chef.

Saint-Përavy, 30 novembre 1870.

Le colonel Lipouski ayant eu ses avant-postes attaqués toute la nuit à la Ghapelle-Onzerain, s'est replié à deux heures sur Tournoisis.

L'ennemi a défilé pendant longtemps à Péronville; un espion le signale en forces à Villepion, Loigny, la Maladerie; Patay signale que de fortes colonnes de cavalerie circulent sur notre front et pénètrent assez loin du côté des Echelles , qui ne paraissent pas gardées par le 15» corps.

Les avant-postes de Terminiers se sont repliés sur Patay.

Général d'Aurelle à général de Sonis et à général Chanzy y

Saint-Péravj.

Saint-Péravy, de Saint-Jean de la Ruelle, le l*' décembre 1870, dix heures onze minutes du soir.

J'accepte le projet de votre lettre d'aujourd'hui, à moins que vous ne le jugiez maintenant impraticable. Remontez donc avec le 16« corps jusqu'à Allaines, Janville et Toury, si vous le pouvez. Je donne l'ordre au 17^ corps de se porter à Patay et à Sougy. La 3^ division dudit corps ira s'établir en avant de Santilly. La 2° division, Martineau, passant par Artenay, ira à Ruan , étendant sa droite autant que possible jusqu'à Aschères; enfin, la 1'^ division occupera Neuville et Chilleur», Le grand quartier général à Chevilly demain, à onze heures.

Signé : d'Aurelle.

N* 266. Au ministre de la guerre, à Tours.

1" décembre 1870.

1,0 16* corps, qui a quitté ses positions à dix heures, a trouvé sur sa gauche l'ennemi fortement établi de Guillonville à Terminiers par

16* corps, et si inexacts, eurent une influence fâcheuse sur les dispositions prises, sur la conduite et sur le résultat des opérations.

Gommieis. Le combat, engagé à midi, s'est prolongé jusqu'à six heures du soir, malgré la résistance énergique d'une force d'au moins 20,000 hommes (cavalerie, infanterie, et 40 à 50 canons). La 1" division a enlevé successivement les premières positions ennemies, et ensuite celles de Nonneville, Villepion et Faverolles, sur lesquelles elle bivouaque cette nuit. Partout nos troupes ont abordé l'ennemi avec un élan irrésistible : les Prussiens ont été délogés des villages à la baïonnette; notre artillerie a été d'une audace et d'une précision que je ne puis trop louer. Nos pertes ne paraissent pas sérieuses; celles de l'ennemi sont considérables. On recueille des prisonniers, parmi lesquels plusieurs officiers. Les honneurs de la journée sont à l'amiral Jauréguiberry. L'ennemi s'est retiré dans la direction de Loigny et du château de Cambrai. Je le suivrai demain sur Janville et Toury.

Je fais connaître à mon corps d'armée la grande nouvelle de la sortie de Paris, Il saura répondre à ce que le pays attend de lui; il vient de l'affirmer par le combat de Villepion. Signé : Chainzy.

Général d'Aurelle à général Cfianzy , Saint-Péravy.

Saint-Péravy, de Cirtenay, le 2 décembre 1870, à huit heures vingt minutes du soir.

Le ministre a fait connaître que dans la journée du 1" décembre la V division du 16^ corps s'était signalée par son intrépidité et son sang-froid ; a décrété division et son chef, le contre-amiral Jauréguiberry, sont mis à l'ordre du jour de l'armée, et que le général Ghanzy, commandant le 16« corps, est nommé grand officier de la Légion d'honneur. Ordre paraîtra demain.

P. 0. Le colonel sous-chef d'état-major.

Signé : Tissier,

Général en chef à général Chanzy, à Patay , par Saint-Péravj .

Saint-Péravy, de Saint-Jean de la Buelle, le 10 décembre 1870, à dix heures deux minutes du soir.

Je VOUS félicite sur le succès que vous venez d'obtenir. Adressez aussi mes félicitations à l'amiral sur la vigueur qu'il a déployée. Vous recevrez dans la nuit l'ordre de mouvement pour demain. Ce mouvement sera à peu près celui que vous m'avez indiqué vous-même. Je vous fais appuyer par les divisions Peytavin et Martineau. Je donne l'ordre au général de Sonis d'avoir, demain au jour, une de ses brigades à Patay,

Signé : d'Aurelle.

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