DU 10 AU 19 NOVEMBRE
Après l'affaire de Goulmiers, dont Gambetta avait beaucoup exagéré l'importance, celui-ci fit le plan d'une entreprise considérable pour
' Nous croyons devoir reproduire quelques extraits de celte publication d'un des écrivains militaires les plus distingués de l'Allemagne , tout eu signalant les nombreuses inexactitudes qu'elle renfeiine.
débloquer Paris. Troupes sur troupes furent envoyées sur la Loire pour former une puissante armée sous les ordres du général d'Aurelle. Ces troupes, à peine armées et exercées, formaient, vers la fin de novembre, sept corps d'armée, les 15% 16«, 17% 18% 19% 20® et 21« corps ; ce dernier devait être composé des troupes disponibles du camp de Gonlie. L'armée ainsi constituée comptait 350,000 rationnaires, et au plus 200,000 disponibles, en donnant une extension fort large à l'expression de disponibles. Dans aucun cas une force de 200,000 hommes n'est à dédaigner. Cette armée de la Loire devait se porter de l'ouest et du sud-ouèst vers Paris, en poussant devant elle les corps d'observation que les Allemands pourraient lui opposer. En même temps, Trochu devait sortir de Paris avec les troupes actives qu'il avait formées, rompre le cercle d'investissement, et, réuni à d'Aurelle, tenter de repousser l'armée allemande sur le Rhin. L'armée de Paris pouvait être évaluée à 200,000 hommes environ. .
Dans le Nord, l'armée qui s'y trouvait maintiendrait devant elle une partie des forces allemandes.
Le plan conçu pour dégager Paris était simple et bon; pour qu'il réussît, il fallait que d'Aurelle et Trochu se donnassent, la main aux environs de Paris. Cela fait, le but principal était atteint; mais la question capitale, qui se posait, était celle-ci : Pouvait-on compter sur la solidité des troupes françaises de nouvelle formation aux prises avec les masses solides des Allemands jusqu'alors victorieux dans toutes les rencontres? Ne devaient-elles pas faiblir? Pour un observateur impartial la question était extrêmement douteuse; elle fut tranchée dans les derniers jours de novembre et les premiers de décembre.
Après l'affaire de Coulmiers, le grand-duc de Mecklembourg avait reçu le commandement du corps d'observation opposé à l'armée de la Loire, Les forces dont il disposait étaient composées du l^"" corps bavarois, de Tann, de la 22® division, Wittich, de la 17® division du 13® corps. Le général de Tann commandait ces troupes en remplacement du général de Treskow, aide de camp du roi et alors malade, A ces forces s'ajoutaient les trois divisions de cavalerie prince Albert, Rheinbahen et Stolberg; en totalité, 45,000 hommes au moins d'infanterie et de cavalerie.
Le l®' novembre, le 1®*" corps bavarois était à Toury, la 17® division à Dourdan et la 22® division à Chartres sur l'Eure; les divisions de cavalerie couvraient les flancs.
Le 11 novembre, la 17® division fut poussée sur Angerville, comme réserve du 1®*" corps bavarois , pendant que la 22® division reçut l'ordre de s'établir fortement à Chartres pour couvrir le flanc droit.
D'Aurelle de Paladines, d'après ce que nous savons, ne pouvait avoir le dessein d'entreprendre quelque chose de sérieux contre les
Allemands. Il s'occupa de la mise en état de de'fense d'Orléans, et chercha à mettre sous sa main, tant bien que mal, les troupes qui lui étaient journellement envoyées du sud. Il ne croyait pas, en agissant ainsi, perdre du temps pour les opérations, qu'il ouvrit en faisant faire à sa gauche un mouvement vers le nord-ouest. Ce mouvement aurait pu avoir du succès, si les troupes du prince Frédéric-Charles eussent été encore retenues immobiles; car si, dans cette hypothèse, le prince de Mecklembourg s'était laissé entraîner vers l'ouest, le général d'Aurelle aurait pu se porter, par la ligne la plus courte, d'Orléans sur Paris.
Dans le fait, le grand-duc suivit l'aile gauche des Français. Après avoir repoussé, le 12 novembre, une démonstration de d'Aurelle sur Toury, il envoya, le 13, le l*"" corps bavarois dans les positions d'Épernon et de Collardon sur la Boise. De Tann envoya un détachement à Gasville pour établir sa communication avec Wittich, qui occupait Chartres.
Le grand-duc lui-même, avec la 17* division, se dirigea d'Angerville sur Houdan par Auneau oii il entra le 15 novembre, attaqua le 17, à Houdan, un détachement français dont il poussa les débris sur Mantes, et le même jour s'empara de Dreux après un court combat.
Pendant sa marche sur Dreux, le grand-duc avait envoyé sur Châteauneuf-en-Thimerais la 22^ division, suivie par le corps de Tann. Le général Wittich prit, le 18, Châteauneuf, et livra des combats sans importance à x\rdelles et Digny. le 19, et à la Loupe le 21 novembre.
L'armée du grand-duc avait à cette époque son front complètement tourné vers l'ouest; elle n'avait affaire qu'à de petits détachements français isolés qui, faute de direction unique, s'efforçaient d'employer toutes les forces locales et d'opposer une résistance aux forces infiniment supérieures par lesquelles ils étaient attaqués.
Pendant ce temps, d'Aurelle déploya les corps qu'il avait eus jusque-là dans la main sur une longue ligne d'environ onze milles allemands, au nord-ouest de la Loire, de Montargis à l'est jusqu'à Orgères à l'ouest. Les corps dont il disposait étaient : les 15% 16% 17®, 19^ et 20**. Le 19® était très-incomplet, le 21^ encore en formation au camp de Conlie; le 18®, sous Bourbaki, encore à Nevers, n'était pas prêt à combattre. D'Aurelle comptait marcher sur Paris, soit par Toury, soit par Pithiviers ; mais avant qu'il eût tout préparé, l'arrivée de Frédéric-Charles le força à se replacer sur la défensive.
468 APPEJNDIGES.
MARCHE DU PRINCE FRÉdÉRIC-CHARLES VERS LA LOIRE. RENCONTRES DE
LADOiN (24 novembre) ET DE BEAUNE-LA-ROLANDE (28 NOVEMBRE).
Nous avons laissé le prince Frëdéric-Gharles à Sens. Son quartier général se porta les jours suivants sur Pithiviers , par Gheroy, Nemours et Puiseaux. Le prince prit le commandement des troupes du grand-duc de Schwerin ; son but était de mettre cette armée en communication avec la deuxième armée, entre Toury et Pithiviers. L'armée du prince, tout entière, consistait en cinq corps d'armée : 1" Bavarois, 17» et 22® divisions, 3% 9® et 10® corps de l'Allemagne du Nord, et quatre divisions de cavalerie, dont la division Hartmann. Toutes ces forces devaient se développer au nord des Français vers la forêt d'Orléans, le front vers le sud, pour chasser d'Aurelle sur la rive gauche de la Loire.
Le grand-duc de Mecklembourg reçut l'ordre de se porter vers le sud; ce ne fut pas sans combat que le prince réussit à faire sa jonction avec lui. Les corps que le général d'Aurelle pouvait lui opposer étaient : le 15® (Martin des Pallières), à Orléans même; à sa droite, le 20® (Grouzat), à Jarjeau, et le 18®, si toutefois il était prêt à entrer en ligne avec Bourbaki, s'appuyait à la Loire à Sully, à cinq milles en amont d'Orléans.
Le 10® corps d'armée dut se concentrer, le 24 novembre, à Beaunela-Rolande. Dès le 23, son chef, Voigt-Retz, y arrivait avec la 38® brigade d'infanterie (Wedell) et la cavalerie hessoise de Rantzau ; le reste était à Montaigis.
Les patrouilles, poussées en avant, trouvèrent tous les lieux environnants occupés par les Français. Le 24 novembre, à sept heures, la 39® brigade (Valentini), commandée antérieurement par le général de Woyna qui alors avait le commandement de la 19® division, s'avança de Montargis, par Panne et Mignières, vers Beaune-la-Rolande ; elle était accompagnée par l'artillerie de réserve du 10® corps. Au sud, la 37® brigade Lehman, qui avait quitté les plaines de Montargis à huit heures, se porta sur Ladon. A onze heures, elle rencontra les avant-postes du 20® corps d'armée français.
Ladon fut pris par les Prussiens après un long combat; les Français se retirèrent dans l'après-midi sur Bellegarde, poursuivis par quelques compagnies prussiennes, pendant que le reste de la brigade Lehman continuait sa marche sur Beaune-la-Rolande.
L'artillerie de réserve du 10® corps avait atteint Beaune-la-Rolande à une heure après midi; à la même heure, la brigade Valentini était arrivée à Juranville. Là, elle reçut l'ordre de se porter à Maizières
pour soutenir la brigade Lehman. Vaïentini, conformément à cet ordre, repoussa les Français vers Frëville par l'Archemont; sous sa protection, la brig^ade Lehman marcha sur Beaune oii elle arriva le 25. Tout le 10^ corps d'armée y était réuni à celte date.
Pendant ce temps, le 9® corps d'armée marcha sur Pithiviers, sur la gauche du 2® corps d'armée, la division Stiilpnagel du 3® corps fut poussée sur Beaune. Le 28 novembre, un violent combat fut livré dans ce lieu au 20® corps français.
A la suite de cette affaire, d'Aurelle réunit son armée sur la lisière nord de la forêt d'Orléans et à l'est de celle-ci. Le prince Frédéric- Charles avait dès lors toute facilité pour concenti^er ses forces et pour s'emparer d'Orléans, point décisif de la ligne de la Loire. Le 29 et le 30 novembre quelques rencontres eurent lieu pendant sa concentration; mais comme elles furent sans importance, il n'y a pas lieu d'en parler.
RÉOCCUPATION d'oRLÉANS.
D'après l'ordre du prince Frédéric-Charles, le grand-duc de Mecklembourg avait disposé le front de son armée vers le sud de la manière suivante :
Le 1" corps bavarois, couvert sur son flanc par la 4® division de cavalerie , était à Orgères , à la croisée des routes de Chartres à Orléans et de Toury à Châteaudun; la 17® division, à Allaines; la 22® division, soutenue par la 2^ division de cavalerie, à Toury, sur le chemin de fer de Paris à Orléans.
Le 2 décembre, de Tann dut se porter d'Orgères à Loigny dans la direction d'Orléans. Son avant-garde rencontra celle du 16® corps fiançais (général Chanzy) qui s'était concentré à Terminiers.
Les Français, continuellement renforcés, rejetèrent, après un long combat, les Bavarois sur Villeprévost et Château-Goury. Là se retira de Tann vers midi, pour se concentrer avec ses réserves dans les bois. Sur son flanc gauche, la 17® division était arrivée à Lumeau; elle ne trouva pas devant elle de forces importantes et s'empara de ce village. En même temps, le prince Albert se jeta avec sa cavalerie à la droite des Bavarois sur Loigny; les Bavarois y revinrent, et les forces allemandes, par une attaque concentrique, s'emparèrent de Loigny à une heure de l'après-midi.
La 22® division se porta, le 2 décembre, sur Baigneaux, au nordest de Lumeau, et, après un court combat, s'empara du village. Les troupes françaises qui combattirent dans cet endroit appartenaient au 15® corps. Elles se retirèrent à Poupry, Plusieurs combats furent hvrés autour des bois qui sont au nord de ce village, et à la suite de
ces combats la 22^ division s'empara de Poupry et resta maîtresse de la route d'Orléans par Allaines.
A la hauteur de la 22^ division, une brigade de cavalerie de la 2" division, se portant vers Orléans par Artenay, pénétra dans ce village malgré plusieurs retours offensifs des Français. Ceux-ci tentèrent une nouvelle attaque sur le flanc droit du grand-duc de Mecklembourg; ils employèrent à leur effort sur Loigny le 17® corps, général de Colomb ^ Ce corps reprit Loigny, mais en fut chassé à la fin du jour, après un violent combat, et forcé de battre en retraite sur Terminiers. Dans la soirée, le grand-duc de Mecklembourg était en possession de la ligne Loigny-Lumeau-Poupry-Dambron. Pour le soutenir le prince Frédéric-Charles avait, dès le 2 décembre, envoyé la 6® division de cavalerie à Oison, par Bazoche-les-Gallerandes, et le 9" corps de Pithiviers à Jouy, par Châtillon-le-Roi; son quartier général était depuis le 29 novembre à Pithiviers.
Le prince résolut de faire une attaque concentrique sur Orléans le 3 décembre.
Sur l'aile droite, l'armée du grand-duc de Mecklembourg dut se porter de sa position de Poupry sur le chemin de fer et au nord-ouest de la forêt d'Orléans.
Le 9® corps de la deuxième armée fut envoyé sur la ligne de Toury à Bazoches-les-Gallerandes; à sa gauche, le 3« corps à Pithiviers, et à la gauche du 3% le 10® corps à Boynes. Le 9® corps fut porté, le 3 décembre, à l'est du chemin de fer par Artenay, le 3® corps sur la route de Fontainebleau , le 10® par Nibelle contre le canal d'Orléans.
Le prince Frédéric-Charles marchant avec le 9® corps d'armée de la Confédération du nord sur le village d'Assas, par Dambron, s'en empara ainsi que d' Artenay. En se portant en avant, il eut à soutenir un combat violent, près du moulin d'Anvillers, contre des troupes françaises appartenant au 15® corps.
Celles-ci furent repoussées; l'avant-garde du 9® corps se porta sur Chevilly et trouva ce village déjà occupé par les troupes du grandduc de Mecklembourg.
Le 3® corps de l'armée du Nord gagna Loury par Chilleurs-aux- Bois; le 10® arriva dans la forêt d'Orléans jusqu'à Nibelle. L'armée du grand-duc de Mecklembourg s'était avancée jusqu'à Chevilly, comme il a été dit. Ainsi, le 3 décembre, l'armée du prince Frédéric- Charles se trouvait sur un front d'un peu plus de deux milles allemands, concentrée de Chevilly à Loury. Sur ce front se trouvaient
' Le général de Colomb, qui n'était pas encore à l'armée de la Loire, ne prit le commandement du 17^ corps que le 21 décembre, au Mans. C'était le général de Sonis qui le commandait à Loigny, où il fut blessé.
APPEINDICES. 471
au moins 100,000 hommes. Le prince plaça son quartier géne'ral à Artenay.
D'Aiirelle de Paladines reconnut promptement qu'il ne pouvait plus compter sur un mouvement sérieux vers Paris. Ses jeunes soldats avaient très-bien combattu les jours précédents, mais le manque de cohésion d'une organisation nouvelle était manifeste. Avec des troupes de cette sorte, il ne faut pas être trop obstine; il ne faut pas leur demander ce qu'elles ne peuvent donner. D'Aurelle résolut donc, le 3 décembre au soir, d'abandonner Orléans et de se retirer en Sologne. Il en avertit par le télégraphe la délégation de Tours, à laquelle cette nouvelle ne fut pas agréable. Il reçut de nombreuses dépêches, dont plusieurs étaient blessantes. Le 4 décembre, il résolut de s'arrêter à Orléans et de concentrer les 18« et 20^ corps à Jargeau et Sully, les 16^ et 17® corps sur Meung et Beaugency. Il envoya un télégramme pour annoncer sa résolution ; ce télégramme se croisa avec un autre que lui envoyait Gambetta pour lui donner toute liberté d'action.
Pendant ce temps, le prince Frédéric - Charles avait repris ses opérations le 4 décembre au matin. Le grand-duc de Mecldembourg, sur l'extrême droite de l'armée, marcha sur Orléans entre les routes de Ghâteaudun et de Chartres. A sa gauche s'avançait, par Chevilly, le 9® corps d'armée de la Confédération; le 3** corps, avec un détachement sur sa droite à Saint-Lyé, marchait par Loury sur Saint-Loup; le 10® corps, suivant le canal d'Orléans, marchait sur Vitry-aux-Loges. Entre ces deux corps d'armée se trouvait la division de cavalerie Hartmann.
Le 4 décembre, à la chute du jour, les principales masses des Allemands étaient groupées autour d'Orléans. Le 15® corps avait seul opposé une vigoureuse résistance sur le chemin de fer de Paris à Orléans. Les autres corps, 18® et 20® de l'aile gauche, 16® et 17® de l'aile droite, s'étaient mis en retraite par ordre du général d'Aurelle, les uns sur Jargeau et Sully, les autres sur Meung et Beaugency. Ils n'opposèrent qu'une arrière-garde aux troupes allemandes pour couvrir leur retraite.
L'armée du grand-duc de Mecklembourg , pendant sa marche vers Orléans, s'était imparfaitement éclairée, car l'aile gauche des Français s'était notablement éloignée d'elle. La cavalerie d'Hartmann, le 3® et le 10® corps d'armée ne rencontrèrent que de faibles détachements, mais ces troupes éprouvèrent une certaine difficulté à apprécier la force de leur adversaire, parce qu'elles étaient obligées de cheminer à travers la forêt d'Orléans.
Le prince Frédéric-Charles prit son quartier général à Cercottes, le 4 décembre au soir, et envoya demander au général Martin des Pallières, qui commandait à Orléans, la reddition de cette ville; en ca§
de refus, il allait la bombarder. Des Pallières, qui savait que ni l'aile droite ni l'aile gauche de l'armée ne pouvaient rallier à temps le 15* corps, et opposer une résistance suffisante aux masses allemandes, e'vacua la ville dans la nuit du 4 au 5 décembre. Les gros canons de marine, qui armaient les redoutes en avant de la ville, furent enclouës.
Le 5 de'cembre, les premiers détachements de l'armée du duc de Mecklembourg:, du 9* et enfin du 3* corps allemand, entrèrent à Orléans de grand matin. Le prince y plaça son quartier général à midi.
Aussitôt qu'il apprit que les Français évacuaient Orléans, le prince prescrivit d'envoyer des détachements dans les directions principales sur la rive gauche de la Loire : l'un vers Gien, l'autre vers Blois et Tours, un autre enfin entre les deux premiers dans la direction de Vierzon.
Ces ordres eurent pour conséquence la séparation de l'armée française en deux tronçons. En amont d'Orléans se réunirent les 18® et 20® corps, plus le 15®, qui n'avait plus le moyen de se retirer à l'ouest.
Les 16® et 17® corps, qui jusque-là avaient combattu contre l'armée du grand-duc de Mecklembourg, se réunirent sur la Loire en aval d'Orléans; le 19® corps, qui leur servait de réserve et qui n'avait pas pris part aux combats, se joignit à eux. Enfin, cette gauche de l'armée française put attirer à elle le 21® corps du camp de Conlie *.
Gambetta, qui reçut, le 4 décembre après midi, une dépêche par laquelle d'Aurelle annonçait qu'il allait se concentrer à Orléans, avait pris à Tours un train à une heure et demie pour intervenir personnellement et rétablir les affaires. A quatre heures et demie, il arriva à la Chapelle et fut reçu par les coups de carabine des cavaliers du prince Albert.
Il n'était pas impossible que Gambetta, qui avait une si complète omnipotence, se rendît à Orléans; cependant il retourna à Tours, oii il reçut, à minuit, la dépêche de des Pallières lui annonçant l'évacuation d'Orléans.
Ainsi, l'armée de la Loire, qui devait se porter au secours de Paris, était rejetée sur la rive gauche de la Loire, coupée en deux parties qui ne pouvaient plus se réunir que par une marche rapide sur un point de concentration très-éloigné. En même temps, une grande sortie de l'armée de Paris était repoussée, comme nous allons le raconter maintenant.
^ Tous ces détails sont souvent inexacts, ainsi qu'on pourra le voir dans le récit fait au livre I^"" de cet ouvrage.
APPENDICES. h7^
Pxtraîts de touvrage : La guerre de l'Allemagne contre la France
ET LA FONDATION DE l'EmPIRE ALLEMAND, par le doCteUV L. HaHN,
conseiller intime au ministère de l'intérieur. {Ouvrage publié à Berlin, 1871.)
203. Premières marches en avant de C armée française de la Loire. {Evacuation d'Orléans. — Bataille de Coulmiers).
Versailles , 10 novembre. L'armëe de la Loire s'avançant sur la rive droite de la Loire vers Beaugency, le général de Tann a pris position contre elle le 9, en dehors d'Orléans, et après avoir constaté la force de l'ennemi, s'est retiré, en combattant, sur Saint- Péravy. V. Podbielski.
a la REINE AUGUSTA , A HOMBOURG.
Versailles, 11 novembre. Avant-hier le général de Tann s'est retiré, en combattant, devant des forces supérieures, d'Orléans à Toury où il a fait sa jonction hier avec le général Wittich et le prince Albert (père) venus de Chartres. Le grand-duc de Mecklembourg fera aujourd'hui sa jonction avec eux. Guillaume.
Versailles , 12 novembre. Dans le combat du général de Tann, le 9, toutes les attaques de l'ennemi furent repoussées avec des pertes considérables pour lui , et alors seulement fut commencée la retraite. Le 10, vers midi, un détachement de la réserve de munitions bavaroise, dans lequel se trouvaient deux canons de la réserve, s'égara et tomba dans les mains de l'ennemi. V. Podbielski.