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À LA REIKE AUGUSTA , A COBLENTZ

Versailles, le iS novembre. Le grand-duc de Mecklembourg a repoussé hier l'ennemi sur toutes ses lignes près de Dreux ; l'adjudant général de Treskow, qui commande momentanément la 17® division, a pris Dreux avec peu de pertes. Fait beaucoup de prisonniers. Poursuite de l'ennemi dans la direction du Mans. Guillaume.

Versailles , 27 novembre. Dans des combats de reconnaissances devant Orléans, le 24, deux brigades du 10® corps rencontrèrent le 20* corps français dans sa marche en avant, le jetèrent hors de Ladon et de Maizières, et lui firent subir des pertes assez considérables. Le 26, plusieurs compagnies ennemies s'avancèrent contre le 10® corps, furent repoussées, et perdirent, rien qu'en morts, 40 hommes. Parmi les prisonniers se trouve un général. De Podbielski.

Versailles, 28 novembre. — Le général feld-maréchal prince Charles nous communique : Le 28, le 10* corps a été attaqué par des forces ennemies infiniment supérieures; il se concentra près de Beaune-la-Rolande, où il se maintint victorieusement et fut secouru l'après-midi, en ma présence, par la 5® division d'infanterie et la l""® division de cavalerie. Nos pertes s'élèvent à environ 1,000 hommes. Les pertes ennemies très-considérables, plusieurs centaines de prisonniers dans nos mains. Le combat finit vers cinq heures.

De Podbielski.

A LA reine AUGUSïA.

Versailles , 29 novembre. Le prince Frédéric-Charles annonce : Le combat d'hier a été une véritable défaite de la plus grande partie de l'armée de la Loire, dont tout le 20® corps, probablement aussi le 18® et des fractions du 15® et du 16®, y assistaient. D'après les données

françaises, 70,000 hommes. Le 20® corps a combattu tout entier, les autres en partie. L'ennemi a laissé un millier de morts sur le champ de bataille; on dit qu'il a 4,000 blessés, 1,900 prisonniers, dont le nombre augmente à toute heure. Pertes totales, 7,000 hommes. Le général d'Aurelle est blessé, dit-on. Nos pertes s'élèvent à 1,000 hommes , peu d'officiers. Guillaume.

Versailles , 29 novembre. On n'a pu fixer qu'aujourd'hui, avec certitude, toute l'importance du combat soutenu hier par des fractions delà deuxième armée, surtout du 10* corps jusque après la tombée de la nuit. La plus grande partie de l'armée de la Loire a subi une défaite complète. L'ennemi a laissé environ 1,000 morts sur le champ de bataille; 1,600 prisonniers non blessés, dont le nombre augmente à toute heure ^ sont entre nos mains. Nous avons perdu un canon , après que les chevaux et les servants en ont été tués , et pas tout à fait 1,000 hommes en tués et blessés, parmi lesquels relativement peu d'officiers. De Podbielski.

Versailles, 29 novembre. Le gros de l'armée de la Loire a essayé hier de percer, par un coup de force, dans la direction de Fontainebleau, a rencontré près de Beaune-la-Rolande le 10® corps allemand et fut repoussé par celui-ci , renforcé par la 5® division et la 1" division de cavalerie, en essuyant de grandes pertes en morts, blessés et surtout prisonniers. De Podbielski.

Versailles, 3 décembre. Un détachement bavarois, envoyé en reconnaissance par le grand-duc de Mecklembourg-Schwerin, a rencontré hier entre Orgères et Patay des forces ennemies qui s'avançaient en nombre considérable, et revint à sa première position. A la suite de cette reconnaissance , pendant que l'armée était occupée ce matin vers neuf heures à prendre une formation pour se porter en avant, elle fut vivement attaquée sur la ligne Orgères-Baigneaux. L'ennemi, composé des 15® et 16® corps, fut jeté au delà de Loigny, par la 4« division de cavalerie , suivie du 1®'" corps d'armée bavarois , pendant que la 22® division d'infanterie , soutenue par la 2' division de cavalerie, prit d'assaut Poupry et s'avança jusque devant Artenay. L'ennemi perdit plusieurs centaines de prisonniers; 11 canons furent pris pendant le combat. Les pertes de notre côté ne manquent pas d'importance; celles de l'ennemi sont considérables. De Podbielski.

A LA reine AUGUSTA.

Versailles , 4 décembre. Hier le prince Fi édéric-Charles , avec les> 3® et 9® corps , a jeté l'ennemi près de Glievilly et Ghilleurs dans la forêt d'Orléans et lui a pris deux canons. Guillaume.

PRISE d'oRLÉAKS.

Versailles, 4 décembre ^ dix heures du soir. Le 3, îes colonnes du prince Frédéric-Charles repoussèrent l'ennemi par Chilleurs-aux- Bois et Chevilly dans la direction d'Orléans. Les 3<' et 9^ corps prirent chacun un canon. Nos pertes sans importance. De Podbielski.

A LA REINE AUGUSTA

Versailles, 4 décembre^ minuit. Après une bataille de deux jours de la deuxième armée et de l'armée de Mecklembourg, le corps Manstein s'est emparé ce soir du faubourg Saint-Jean, de la gare d'Orléans. Les autres corps se tiennent prêts à s'emparer de la ville demain. 30 canons, plus de 1,000 prisonniers. Pertes modérées; la division Wrangel est celle qui a fait le plus de pertes. Guillaume.

A LA reine AUGUSTA.

Versailles , 5 décembre. Orléans a encore été occupé cette nuit, sans assaut. Que Dieu en soit loué ! Guillaume.

Versailles^ 5 décembre. Le prince Frédéric-Charles a pris possession de la ville d'Orléans dans la nuit du 5, après une bataille de trois jours et après avoir pris d'assaut, dans la soirée du 4, les faubourgs et la gare de la ville. Déjà 40 canons et plusieurs milliers de prisonniers sont entre nos mains. L'ennemi est poursuivi sans cesse. Nos pertes sont en rapport avec le succès. Guillaume.

télégramme du roi a la grande-duchesse mère de mecklembourg-

sghwerin.

Versailles , 5 décembre. Ton fils en trois jours a remporté trois victoires, le 2 à Bazoches , où il a pris 12 canons, le 3 à Chevilly, où il a pris 3 canons, le 4, au nord et à l'ouest d'Orléans, où Treskow a pris trois villages d'assaut, 22 canons et 5,000 prisonniers. Combien je m'en réjouis pour Fritz. Les 3 et 4 les armées de Fritz et de Charles ont combattu en même temps devant et dans la forêt d'Orléans; hier au soir Manstein a enlevé le faubourg Saint-Jean et occupé la ville encore dans la nuit. Un événement très-important et très-glorieux. Les pertes ne sont pas trop fortes.

a la REINE AUGUSTA.

Versailles , 6 décembre. Il a été pris près d'Orléans plus de 10,000 prisonniers, 77 canons et 4 chaloupes canonnières. Treskow a enlevé d'assaut Gidy, Janvry, Pruns, la voie ferrée fortifiée, et à minuit était dans Orléans. Guillaume.

Versailles , 6 décembre. S. A. R. prince Frédéric-Charles télé-

graphie d'Orléans : Jusqu'à présent 77 canons et environ 10,000 prisonniers non blessés entre nos mains, ainsi que 4 chaloupes canonnières , chacune armée d'une pièce de 24. La poursuite se continue.

De Podbielski.

D'Orléans à Tours et à Vendôme,

A LA REINE AUGCSïA.

Versailles, 8 décembre. Hier au soir un combat vif et heureux d*? la 17® division dans sa marche vers Blois à mi-chemin de Meung; nous nous attendons là-bas à une résistance plus forte encore; pris un canon et une mitrailleuse, fait 150 prisonniers. Guillaume.

Versailles, 8 décembre. Dans sa marche sur Beaugency, la 17* division rencontra hier, à l'ouest de Meung, un corps ennemi nouveau composé de quinze à dix-sept bataillons avec 26 canons, et le repoussa de toutes ses positions dans un combat très-vif, auquel la Iro clivision bavaroise put encore prendre une part décisive. L'ennemi a perdu 260 prisonniers, un canon, une mitrailleuse. Le même jour, la 6° division de cavalerie à Salbris et l'avant-garde du 3^ corps d'armée à Nevoy, au nord-ouest de Gien, livrèrent des combats heureux contre l'arrière -garde de l'armée de la Loire continuant sa retraite. , De Podbielski.

A LA REINE AUGUSTA

Versailles , 9 décembre. Le grand-duc de Mecklembourg a livré hier et avant-hier des combats sérieux devant Beaugency aux débris de l'armée de la Loire, augmentés par des renforts de Tours; combats victorieux, la ville occupée, fait 1,500 prisonniers, pris 6 canons. La deuxième armée avec des forces moindres poursuit d'autres débris sur la route de Bourfifes. Guillaubie.

CJ

Versailles , 9 décembre. Après le combat victorieux du 7 décembre , les 17* et 22* divisions avec le l*"" corps bavarois continuèrent leur marche en avant vers Beaugency. L'ennemi développa entre Beaugency et la forêt de Marchenoir, outre les troupes qui avaient été engagées le premier jour, au moins encore deux corps d'armée de l'armée de la Loire qui, en partant d'Orléans, avaient battu en retraite dans des directions divergentes , et il chercha à arrêter par tous les moyens la marche en avant de nos troupes. Celles-ci, néanmoins, gagnèrent sans cesse du terrain, et s'emparèrent successivement de Gravant, Beaumont, Messas, et enfin de Beaugency. 6 canons et plus de 1,000 prisonniers tombèrent dans nos mains. Le 9, nous arrachâmes à l'ennemi les lieux encore occupés par lui, Bonvalet,

Villorceau et Cernay, en lui faisant encore de nombreux prisonniers. L'important nœud de chemins de fer, Vierzon, est occupé par nos troupes. De Podbielski.

Meung , 9 décembre. Aujourd'hui un nouveau combat très-vif de toutes les troupes de la fraction de l'armée du grand-duc. L'ennemi a été repoussé de sa forte position près de la forêt de Marchenoir; nous avons fait beaucoup de prisonniers. De Stosch.

Versailles , 10 décembre. Après les combats des derniers jours, on a dû accorder un repos, le 10, aux troupes sur la Loire. Cependant l'ennemi chercha le matin à reprendre l'offensive avec des forces considérables; mais il fut repoussé dans un combat qui a duré jusqu'à la nuit et dans lequel l'artillerie seule a été engagée. Nos pertes trèsinsignifiantes. Quelques centaines de prisonniers entre nos mains.

De Podbielski.

Versailles f 11 décembre. Des fi-actions du 9® corps d'armée ont, le 9, rencontré à Montlivault, près de Blois, une division ennemie, dont l'attaque a été repoussée d'une manière décisive. L'aile gauche du corps chassa l'ennemi de Chambord, opération dans laquelle un bataillon hessois s'est emparé de 5 canons. Le 3* corps d'armée a poursuivi le 8, jusqu'au delà de Briare, l'ennemi battu à Nevoy;.

De Podbielski.

A LA reine AUGUSTA.

Versailles, 12 décembre. Après les combats de quatre jours autour de Beaugency, qui tous se sont terminés d'une manière victorieuse pour nous, bien qu'à cause de la supériorité numérique de l'ennemi nous n'ayons pas gagné beaucoup de terrain, l'ennemi d'une façon tout à fait inattendue s'est retiré aujourd'hui sur Blois et Tours, probablement à la suite des pertes considérables qu'il a subies, les nôtres ayant été peu importantes. Beaucoup de ses déserteurs se présentent chez nous sur la Loire, comme à Rouen. Les gardes mobiles en grand nombre jettent leurs armes et leur équipement et retournent chez eux ; mais il en reste encore bien assez. Guillaume,

Versailles, 12 décembre. L'ennemi s'est retiré le 11 devant nos corps stationnés autour de Beaugency. Nos troupes le poursuivent.

De Podbielski.

Versailles , 13 décembre. Blois a été occupé par nos troupes le 13,

De Podbielski.

Versailles , 15 décembre. Dans la poursuite de l'ennemi jusqu'à Oucques et Maves, la fiaction de l'armée du grand-duc de Mecklembour^ a ramassé, le 13, 2,000 maraudeurs ennemis. De Podbielski,

N" 268. Au général en chef, à Arlenay.

3 décembre 1870, quatre heures du matin.

Les généraux du 17® corps sortent d'ici ; ils déclarent que leurs troupes sont dans des conditions telles qu'il leur est impossible de faire un mouvement demain; beaucoup d'hommes sans souliers, pas de distribution faite, tous très-fatigués.

Ne connaissant point encore vos instructions, et voulant être en mesure autant que possible de les remplir quelles qu'elles soient, je prescris au général Guépratte, commandant le 17« corps, en l'absence du général de Sonis blessé et disparu , de prendre ses dispositions pour distribuer des vivres et être prêt dans la matinée.

La division de Flandre, que je croyais à Gommiers, a rétrogradé cette nuit jusqu'à Patay. Sicjné i Ghanzy.

Général en chef au général Chanzy, à Saint-Péravy.

Saint- Péravy, d'Artenay, le 3 décembre 1870, trois heures quarante du matin.

Dans la situation oii nous a placés l'engagement d'aujourd'hui, il est impossible de mettre à exécution une marche sur Pithiviers ou tout mouvement en avant, et nous sommes dans la nécessité de battre en retraite pour reprendre nos positions. Je suis trop loin de vous pour pouvoir vous soutenir efficacement, et d'un autre côté j'apprends qu'il s'est fait sur ma droite, dans la soirée, une concentration d'artillerie. En faisant donc ma démonstration sur les derrières de l'ennemi, je serais exposé à être pris moi-même à revers. Si vous étiez en mesure de prendre l'offensive, le mouvement serait excellent, mais du moment oii cela vous est impossible, le mouvement pourrait être très-dangereux. Signé : d'Aurelle.

Général en chef au général Chanzy.

Saint-Péravy, de Ghevilly, le 3 décembre 1870, dix heures du soir.

Au plus vite je vous ai envoyé trois dépêches cette nuit, et je suis fort surpris que vous n'en ayez reçu aucune à six heures du matin. Je vous ai donné deux fois l'ordre de battre en retraite sur les positions,.

482 APPEiNDICES.

en vous faisant connaître qu'étant menacé moi-même du côté de l'est , il ne m'était pas possible de faire une démonstration sur le flanc gauche de l'ennemi sans m'exposer à être pris à revers. Au moment oii j'ai commencé mon mouvement de retraite, à neuf heures ce matin, on m'a signalé des colonnes nombreuses au delà de Buan. Signé : d'Aurelle.

N*» 267. Au yénéral en chef, à Saran.

Saint-Péravy, 3 décembre 1870, cinq heures du soir.

Je trouve à Saint-Péravy votre télégramme de dix heures vingt-cinq minutes. J'ai reçu et exécuté l'ordre que vous m'aviez donné; le 16® corps reprend les positions de Boulay, par Bricy, Coinces, Saint-Péravy; j'installe le 17* corps à Saint-Sigismond, Gémigny , Rozières et Coulmiers.

La deuxième division du 16* corps a l'ordre, avant de prendre ses cantonnements de Boulay, de se porter, par l'Encornes et Huêtre, sur le flanc ou sur les derrières de l'ennemi, dont j'entends la canonnade avec le 15* corps. Toutes les routes sont encombrées de matériel et de convois. Si nous étions obligés de céder rapidement nos premières positions , l'encombrement redoublerait sur la route d'Orléans. Peut-être la ligne de retraite des 16* et 17* corps devrait-elle être directement sur la Loire, au-dessous d'Orléans, si les ponts de Beaugency ont été rétablis, ce que je vous demande de me faire connaître. Signé : Ghanzy.

IN° 269. Au ministre de ta guerre j à Tours.

Saint-Péravy, 3 décembre 1870.

Me conformant aux ordres du général en chef, j'ai ramené aujourd'hui le 16* corps sur ses anciennes positions de Boulay à Saint-Péravy, et établi le 17* à Saint-Sigismond, Rozières, Gémigny et Coulmiers. La retraite, menacée par des masses ennemies considérables, s'est opérée dans le meilleur ordre possible après la rude journée d'hier. L'ennemi a beaucoup souffert. Nos pertes sont nombreuses et /egrettables ; beaucoup de notre artillerie démontée ; les hommes fatigués. — Le 15* corps est aux prises avec l'ennemi. J'ai envoyé au canon lîf division Barry, qui est encore engagée en avant de l'Encornes.

Un nouveau mouvement de retraite, s'il était nécessaire, s'opérerait difficilement sur Orléans pour les 16* et 17* corps dont le matériel roulant obstrue les routes. Je crois à un effort complet de l'ennemi sur l'armée de la Loire. Signé : Chanzy.

xiPPENDICES. 4b3

Général en chef an général Chanzy , à Saint-Péravy.

Saint-Péravy, de Gercottes, le 3 décembre 1870, à onze heures du soir.

Si vous êtes attaqué demain matin, ou si vous ne pouvez vous maintenir dans vos positions par suite d'un mouvement de retraite du 15® corps, ce n'est pas sur Orléans que vous devez chercher à vous retirer, mais sur Beaugency, de manière que vous puissiez venir vous établir plus tard derrière la forêt de Marchertoir. Je crois cette direction possible et sans danger pour vous , par suite de l'envoi de forces assez considérables sur votre flanc gauche. Étudiez dès à présent votre retraite dans ce sens. Si nous étions forcés de prendre ce parti, il serait dangereux d'accumuler à Orléans les IS*', 16® et 17* corps. Signé : d'Aurelle.

Général d Aur elle à général Chanzy , à Saint-Péravy.

Saint-Péravy, de Montjoie, le 4 décembre 1870, à neuf heures cinq minutes du matin.

Je vous confirme l'ordre que je vous ai donné hier soir d'exécuter votre mouvement de retraite surBeaugency ; vousn'avezpas, pourpasser sur la rive gauche de la Loire , à compter sur le pont de Beaugency, vous ne pouvez la traverser qu'à Blois. Signé : d'Auhelle.

Le général en chef au général Chanzy , à Saint-Péravy.

Saint-Péravy, d'Orléans, le 4 décembre 1870, à neuf heures du matin.

Ne vous mettez pas en retraite si vous n'y êtes pas forcé, je vais vous transmettre de nouveaux ordres tout à l'heure.

P. 0. Le capitaine aide de camp du général en chef,

Signé : de Langalerie,

Général d'Aur elle à général Chanzy, à Saint-Péravy.

Le 4 décembre 1870, à onze heures vingt-huit minutes du matin.

Par suite de nouvelles dispositions, dirigez-vous le plus tôt possible sur Orléans, avec les IG^ et 17® corps. Ne faites partir pour Beaugency que les malades et écloppés. Venez occuper les positions qui avaient été préparées pour les 16® et 17® corps. Signé : d'Aurelle.

Lettre de L'employé du télégraphe de Saint-Ay.

Mon général, nous sommes à la gfare de Saint-Ay. Nous avons installé notre appareil et cherché à communiquer avec Orléans par tous les fils passant à la gare. Tous ces fils sont interrompus, aussi bien ceux du service de l'État que ceux du service de la compagnie du chemin de fer.

Nous essayons aussi d'établir une communication dans la direction opposée à Orléans. Nous ne trouvons personne.

A en croire le chef de gare , il ne serait pas prudent de rester ici longtemps. L'ennemi aurait été vu, ce soir, à la Chapelle-Saint-Mesmin ; plusieurs personnes de Saint-Ay l'affirment. Vers quatre heures du soir, aujourd'hui, un train se dirigeant sur Orléans aurait à peine pu gagner la Chapelle-Saint-Mesmin; il est brusquement revenu sur ses pas. Le chef de gare qui me donne ces détails ajoute que la mitraille tombait sur la voie entre la Chapelle et Orléans, mais plus près d'Orléans que delà Chapelle. Les fils télégraphiques ont dû être détruits.

Dans l'impossibilité de pouvoir établir aucune communication télégraphique à Saint-Ay, j'ai l'honneur, mon général, de vous prier de vouloir bien nous transmettre ici, le plus tôt possible, vos instructions. Nous attendons vos ordres à la gare.

J'ai l'honneur, mon général, de vous renvoyer la dépêche que vous adressiez au général d'Aurelle.

Veuillez agréer, etc.. Signé : Gronat,

.chef d'une brigade télégraphique.

P. S. Mon général, à neuf heures quinze minutes, un homme de bonne volonté, le facteur de la gare, se propose pour porter votre dépêche au général d'Aurelle, à Orléans. Le chef de gare me répondant de la moralité de cet homme , je n'hésite pas à lui confier votre dépêche. Nous attendons toujours ici, à la gare, mon général, vos instructions. Signé : Gronat.

N° 272. Au général en chef ^ à Orléans.

Huisseau, 4 décembre, sept heures du soir.

Mes convois et une partie du 17' corps étaient déjà engagés sur la direction de Beaugency, première ligne de retraite indiquée, lorsque j'ai reçu, de vous et du ministre, l'ordre de me diriger sur Orléans.

La première division du 16* corps et le 17' corps réunis entre Gémigny et Coinces, après avoir rallié les forces attaquées dans Patay, ont prononcé un mouvement dans la direction des Ormes, mais les positions de Boulay et des Barres étant déjà au pouvoir de renneaii et la division Barry s'étant repliée de Bucy-Saint-Liphard ,

j'ai dû diriger le mouvement par Gémigny, Rozières , sur Huisseau, de façon à couvrir tous les convois.

Nous nous sommes établis, depuis la nuit, de la ferme d'Escuresâ Huisseau. Je ne connais rien du 15^ corps et de ce qui a pu se passer en avant de lui. J'attends vos ordres ce soir, mon intention étant, si c'est possible, de gagner les positions en avant d'Orléans par Changy, en tournant les bois qui sont impraticables. Siyné : Chanzy.

Lettre du général Barry.

Mer, 5 décembre 1870.

Mon général,

Je suis arrivé cette nuit à Mer avec quelques débris de ma division que j'ai pu rallier, en même temps que des fuyards d'autres corps, dans la forêt de Bucy-Saint-Liphard.

J'ai pris cette direction parce que le mouvement tournant de l'ennemi par la droite de Boulay était tellement accentué que les troupes que j'avais disposées d'avance aux Barres, pendant la défense des lignes de Boulay , s'étaient déjà repliées en même temps que la division Maurandy; et que moi-même, tout près de Biicy-Saint-Lipliard, j'ai failli être pris par un détachement de uhlans précédant de l'infanterie et de l'artillerie , que j'ai arrêté en postant quelques mobiles sur la lisière du bois.

La retraite s'est opérée dans une confusion inexprimable , au milieu de tous les convois et de toute l'artillerie, en marche sur Beaugency et Mer.

D'un autre côté, un de vos officiers d'ordonnance ' qui était venu me trouver sur la route d'Orléans aux Barres, avec vos instructions devenues inexécutables à ce moment, m'avait indiqué la direction de Blois comme dernière ligne de retraite. J'ai cru devoir me diriger sur Mer pour rallier ma division entièrement dispersée, tous les convois et toute l'artillerie prenant cette direction, croyant devoir aller à Blois, où même des batteries doivent déjà arriver en ce moment. Je sais que le colonel Carré est parti pour Blois ce matin avec son parc.

Les troupes de ma division arrivent successivement, mais très-lentement, sur Mer. Je ne sais si je pourrai les rallier aujourd'hui. Je crois mes batteries en marche sur Blois. Elles sont tout à fait hors de service , n'ayant plus qu'un très-petit nombre de servants et de conducteurs.

* Note du général en chef : Ceci est une erreur. Cet ordre n'a jamais été donné; l'officier d'ordonnance, qu'on n'a jamais pu retrouver, a mal rempli sa mission, ou le général Barry aura mal compris. L'officier a pu indiquer Blois comme direction générale de retraite, mais non comme point à atteindre.

Je ne sais où se trouve mon escadron de cavalerie, qui était parti avant que je me repliasse de Boulay, le village n'étant pas tenable pour lui.

Je donne l'ordre au sous-intendant de faire , aussitôt que possible , le triage des convois, et lorsque mes corps seront à peu près réunis, je ferai faire des distributions qui n'ont pas eu lieu depuis quatre jours '.

Je ne pourrai rétrograder sur Beaugency que lorsque mon monde sera rallié, aura mangé et se sera reposé. Les hommes ne peuvent plus faire un pas en avant.

C'est une division à recomposer entièrement et incapable défaire aucun service pendant quelques jours. Si elle pouvait rester ici, elle y arriverait plus facilement.

Je n'ai en réalité ici, de ma division, que quelques centaines d'hommes isolés du 38® de marche. J'arrête au passage tout ce qui se présente.

C'est la résistance que j'ai faite à Boulay jusqu'à midi , suivie du mouvement tournant de l'ennemi, qui a mis ce désordre dans ma division. Mais si je n'avais pas résisté de cette façon, tous nos convois étaient pris.

Le général commandant la 2® division du 16® corps.

Signé : Barry.

P. S. Je n'ai reçu qu'à neuf heures ce matin le cavalier porteur de vos instructions.

Lettre du général Maurandy.

Beaugency, 5 décembre 1870.

Mon général.

Me conformant à vos ordres, transmis par M. le capitaine Bernard en ces termes : « Battez en retraite sans perdre de temps sur Beau- » gency, en protégeant, coûte que coûte, la marche du convoi des 16® » et 17® corps ^, » je me dirigeai de Boulay sur les Barres, puis les Ormes. Là j'attendis que le convoi fût tout entier engagé dans le bois de Bucy-Saint-Liphard.

Pendant ce temps d'arrêt, je fus averti qu'une batterie d'artillerie, qui avait été placée sans soutien aux épaulements élevés aux Ormes, venait d'être enlevée par des cavaliers ennemis.

Peu de moments après, elle était reprise par une compagnie de la

' Les hommes avaient vécu avec leur réserve de vivres du sac.

^ Note du général en chef : Comme le général Barry, le général Maurandy avait mal compris les ordres qui lui étaient donnés pour sa retraite. En lui indiquant Beaugency, ce n'était qu'une direction et non un point à atteindre forcément.

Haute-Vienne ; je n'ai pas encore reçu le nom de l'officier qui la commandait, bien que je lui aie serré la main pour ce tait d'armes.

Un quart d'heure plus tard la division était attaquée en queue par de la cavalerie et de l'artillerie nous lançant de nombreux obus; cela ne dura qu'un instant, notre attitude imposant à l'ennemi, mais j'acquis la conviction que l'objectif de cette troupe était le convoi. Quelques moments plus tard, je fis placer les voitures sur une file et sur le côté gauche de la route, toute mon infanterie échelonnée bordant sa droite.

Ce qui venait de m'arriver m'engagea à ne pas parquer le convoi à Meung, et je continuai de marcher jusqu'à Beaugency, où j'arrivai vers sept heures et demie. Tout le convoi , l'artillerie de réserve, etc., s'y trouvaient également réunis, seulement la file des voitures restait encore à environ deux kilomètres en arrière.

Ce matin, tout s'est mis en marche ainsi que vous l'ordonnez.

Mon opinion est que notre convoi est fort en l'air et qu'on ne saurait trop l'éloigner d'Orléans. Nos troupes sont hors d'état de le protéger comme il conviendrait ; elles sont éparpillées dans toutes les directions et littéralement épuisées.

Le général Barry est à Mer, oh je me serais rendu dès ce matin, si votre ordre ne m'en avait pas empêché.

Je pense que les hommes qui manquent sont en grande partie avec lui. (Je lui ai prêté l'aide d'un régiment hier.)

Je suis, etc.. Signé : M^vra^dy,

P. S' J'ai envoyé votre dépêche au général Barry.

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