‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 35 sur 345 · LIVRE PREMIER. — ORLEANS · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — ORLEANS

tantes se trouvaient dès lors tournées; aussi ses attaques devinrent-elles de plus en plus pressantes.

Le 27 , le lieutenant de Pradun , des francs-tireurs de la Sarthe , en position à Guillonville , dut se retirer sur Patay devant une colonne ennemie composée du l" régiment de cuirassiers, du 2® de uhlans, d'un ré(jiment d'infanterie, de 2 batteries d'artillerie, et qui, partie de Tour y, se dirigeait sur Ghâteaudun par Varize.

DÉMONSTRATIONS DE L ENNEMI SUR LA ROUTE DE GHATEAUDUN A ORLÉANS. COMBAT DE VARIZE.

Dans la nuit du 27 au 28 , l'ennemi fît sortir de Ghâteaudun d'autres colonnes pour suivre le mouvement de retraite du 17® corps, et pour reconnaître nos emplacements sur la route d'Orléans ; une reconnaissance envoyée sur Thiville , par le général Michel , put constater l'apparition de ces colonnes jusqu'à hauteur du Mée. Ces mouvements menaçaient le général Digard , qui pouvait être tourné sur ses positions de Villentier. Le 28 , l'ennemi reparut encore sur les deux côtés de la route de Ghâteaudun au Mans, et enfin, le 29, il s'avança en iorce sur notre flanc gauche ^ Le canon se fit entendre de bonne heure dans la direction de Varize. Les Allemands s'avançant sur trois colonnes , par les deux rives de la Gonie et par la route de Ghâteaudun , forcèrent le général Digard à se replier ; tous leurs efforts se portèrent dès lors sur les postes qui occupaient la Gonie. Le lieutenant-coloneî Lipouski, qui les commandait, rallia rapidement les détachements qu'il avait à Villier , à Nottonville , à Pontaut et à Bazoches , et essaya de tenir à Varize pour pro-

* Voir à l'appendice du livre I, les dépêches télégraphiques du général d' Aurelle, aux dates des 28 et 29 novembre, au sujet des mouvements tentés par l'ennemi sur tout le front de l'armée (note 4).

léger cette concentration. Obligé à la retraite , il l'effectua en bon ordre, le long de la Gonie d'abord et ensuite sur la Chapelle-Onzerain, en eroployaiit judicieusement les deux sections de montagne dont il disposait, et qui firent éprouver à l'ennemi des pertes sérieuses. Malheureusement la compagnie des francs-tireurs girondins qui n'avait pu se retirer assez tôt du parc de Varize , dut s'y défendre avec le plus grand acharnement jusqu'à la nuit et perdit presque tout son monde ^. Pendant ce temps, le général Digard, attaqué à Maury et à Villentier, s'était replié sur Tournoisis, tandis que les escadrons postés à Villemblain et Ormesec se retiraient de leur côté devant une cavalerie nombreuse appuyée par de l'infanterie et de l'artillerie.

Informé de ces faits par des officiers d'ordonnance envoyés sur les lieux au premier coup de canon, le général commandant le 16® corps avait fait partir de suite le 3" bataillon de chasseurs à pied pour la Chapelle-Onzerain, où il se rendit lui-même après avoir donné, en passant à Tournoisis, l'ordre au général Guyon-Vernier de se porter avec toute la cavalerie qui lui restait sur les Hôtels et Villemblain, au-devant de l'ennemi, qui prononçait un mouvement de ce côté. Tout danger ayant disparu dans la direction de la Chapelle-Onzerain, le colonel Lipouski y fut installé pour la nuit, et le 3" bataillon de chasseurs à pied, arrêté à Tournoisis, fut établi le long des haies et dans les issues à l'ouest du village. Cette dernière disposition fut d'un grand secours pour arrêter la cavalerie allemande, qui après un combat acharné dans lequel le général Guyon-Vernier fut blessé de trois coups de sabre, avait repoussé nos escadrons et les poursuivait malgré l'obscurité jusqu'à l'entrée de Tournoisis.

Pendant la nuit, nos postes, reportés à hauteur des

^ Voir à l'nppendice du livre I, la note 5 donnant des détails sur ce combat de Varize.

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