LIVRE PREMIER. — ORLÉANS
matin. Nous avions lutté pendant près de douze heures, contre des forces supérieures en nombre, retranchées, pour la plupart, sur des positions préparées à l'avance. Les Allemands avaient, de leur côté, perdu beaucoup de monde; le champ de bataille était jonché de leurs cadavres et de blessés que, comme nous, ils ne purent faire enlever dans la nuit. La journée était donc glorieuse pour les 16® et 17* corps, qui en résumé n'avaient pas, jusque-là, perdu un pouce de terrain * .
POSITION DU RESTE DE l' ARMÉE.
Dans la soirée, le commandant du 16° corps apprit, par un officier d'ordonnance du général Martin des Pallières, que le 15® corps, attaqué dès le matin sur ses positions, n'avait pu que les conserver, sans qu'il lui eût été possible de se porter en avant en présence de la nombreuse artillerie dont il avait eu à subir le feu écrasant. L'effort de ce côté avait été fait certainement par une partie des troupes du prince Charles, et il n'y avait plus à douter de la concentration de toutes les forces allemandes , dont le but était évidemment de détruire l'armée de la Loire et de reprendre Orléans.
Des officiers avaient été envoyés dans la journée au général d'Aurelle , qui avait établi son quartier général à Ghevilly.. pour l'informer de ce qui se passait à l'aile gauche, et de la position des 16° et 17' corps. Les routes étaient tellement mauvaises et les distances à parcourir si longues , par suite des détours que la proximité de l'ennemi rendait nécessaires, que ces officiers n'étaient pas encore rentrés le soir à Terminiers. Le commandant du 16* corps fit donc partir de nouveau, à huit heures,
* Voir aux potes du livre I, quelques î enseignements allemands sur la bataille de Loigny (note jl).
pour Clievilly, le capitaine Bois , de son état-major, avec mission de donner au général en chef tous les renseignements dont il pouvait avoir besoin pour apprécier la situation, lui remettre la lettre suivante, et rapporter le plus rapidement possible ses instructions.