RÉSULTATS DE LA JOURNÉE DU 2 DÉCEMBRE
La 1'* division du 16® corps fut la dernière à cesser la lutte ; c'est k elle ainsi qu'à son chef que nous devions d'avoir conservé , à peu près , nos positions du matin. Sa contenance jusqu'à la fin de la journée imposa, du reste , tellement à l'ennemi, que celui-ci n'osa ni la poursuivre lorsqu'elle retira du champ de bataille ses régiments les plus engagés, ni même occuper le parc de Villepion, qui n'était cependant défendu, à la nuit, que par quel-
ques détachements du 33* mobiles. Une partie de l'escadron du 1" hussards, attaché à la division, coucha dans le château de Villepion, à quelques centaines de mètres des Allemands, et ne le quitta que le matin avant le jour, lorsque l'amiral, qui reconstituait sa division, la fit rentrer avec les dernières fractions du régiment de la Sarthe. Ainsi, le soir du 2 décembre, le 16* corps, malgré l'insuccès du combat qu'il venait de soutenir, occupait encore, la 1" division, Villepion, Faverolles et Terminiers, la 2® Gommiers; la 3° s'était repliée sur Huétre ; la division de cavalerie couchait à Muzelles comme la veille, et le 17^ corps, privé de son chef, avait repris à peu près ses emplacements du matin à Patay, Rouvray, Sainte-Croix et Terminiers.
Le commandant du 16® corps, après avoir réparé autant que possible le désordre qui s'était produit à la tombée de la nuit, et assigné aux diverses troupes les positions qu'elles devaient occuper, gagna à sept heures du soir Terminiers , où il établit son quartier général , afin d'être ainsi au centre de ses divisions et à proximité du 1 7^ corps, que les circonstances plaçaient sous son commandement*.
Telle fut , à l'aile droite de l'armée , cette bataille de Loigny dont les conséquences furent l'abandon du plan d'opérations arrêté, le 31 novembre, à Saint-Jean-de-la- Ruelle. Nous avions eu affaire à toute l'armée du grandduc de Mecklembourg et à une grande partie du corps bavarois , renforcé deux fois , pendant la bataille , par des secours envoyés par le prince Charles. Nos pertes étaient très-considérables en hommes, en chevaux et en matériel d'artillerie, atteints par les projectiles de plus de 150 pièces ennemies qui n'avaient cessé de tirer depuis le
^ Le commandant du 16^ corps trouva à Terminiers les deux télégrammes du ministre de la guerre, à la date du 2 décembre, qui sont reproduits aux notes à la fin de cet ouvrage (note 10 du livri; 1).