LIVRE PREMIER. — ORLEANS
» Je ne sais encore ce qu'est devenu le général de Sonis ; » le général Deplanque a été blessé; nous avons eu de » grandes pertes ; beaucoup d'hommes ont quitté le champ » de bataille en désordre; presque toutes nos munitions " sont brûlées.
» Je redoute une attaque pour cette nuit ou demain
» matin. Dans l'état moral où se trouvent les troupes, je
'^ crois indispensable que le 15* corps appuie sur nous, et
» que l'ennemi entende le canon sur ses derrières dès le
w jour. Je ferai tout pour reprendre l'offensive, mais un
« secours m'est indispensable. Je vous prie de me faire
» parvenir vos ordres, avant le jour, à Terminiers, où je
» suis , et de me dire si je puis compter sur une diversion
» du 15* corps.
M Signé : Ghanzy. »
Vers une heure du matin, tous les généraux du 1 7® corps vinrent à Terminiers rendre compte au commandant du 16* de leur situation, déclarant que leurs troupes étaient à bout de forces , et qu'il n'y avait pas à compter sur elles pour un effort, s'il était à faire, avant qu'elles fussent reposées, réorganisées et réapprovisionnées '. — Il leur fut répondu que le seul parti qui restait à prendre était de se défendre si l'ennemi attaquait, et de se préparer à exécuter les instructions attendues de Ghevilly. Le 17® corps n'ayant plus de généraux de division , le commandement fut provisoirement donné au général Guépratte, le plus ancien des généraux de brigade.
ordre de battre en retraite sur les positions en avant
d'orléans.
Une dépêche télégraphique, parvenue par Saint-Péravy
1 Voir aux notes le télégramme n" 268, note 12.
2 Voir aux notes le télégramme du général en chef, noie io.
et Patay , apportait en ce moment l'ordre du général en chef de battre en retraite et de replier les 1 6® et 1 7^ corps sur les positions que le premier avait déjà occupées en avant d'Orléans. Vers cinq heures, les officiers envoyés à Chevilly rentrèrent enfin , confirmant que le mouvement de l'armée en arrière était général , le centre et la droite ayant devant eux, du côté de l'Est, des forces considérables contre lesquelles il leur faudrait lutter bientôt en se retirant sur les positions préparées par le 15^ corps.
Il n'y eut plus dès lors qu'à organiser la retraite , en l'opérant de façon à contenir l'ennemi et à éviter tout échec.
Des munitions d'artillerie et d'infanterie, tirées de la réserve du 16^ corps, furent distribuées immédiatement au 17*, qui en manquait; les convois, les parcs et tout le matériel roulant furent dirigés vers les emplacements qu'ils devaient occuper en arrière des lignes sur lesquelles on allait s'établir.
Ces premières mesures prises, les divisions d'infanterie furent disposées pour une retraite en échiquier : les bataillons en première ligne déployés sur la crête des mamelons en avant de Terminiers et de Gommiers, couverts par des tirailleurs , les batteries dans les intervalles et sur les posxtions favorables ; l'autre moitié des bataillons dans chaque brigade, et le reste de l'artillerie, à 800 mètres en arrière, formant une deuxième ligne de bataillons en colonne prêts à être déployés, et dissimulés autant que possible dans les plis du terrain,
Dès le jour, on put apercevoir de grands mouvements chez l'ennemi. Bientôt des lignes immenses d'infanterie se déployèrent de Lumeau à Loigny et à Villeraud, et on put croire à une attaque sérieuse. Mais après avoir fait quelques centaines de mètres dans notre direction, les Allemands nous trouvant prêts à combattre , se bornèrent à