LIVRE PREMIER. — ORLÉANS
une faible canonnade que nos batteries du moulin de Terminiers firent bientôt cesser. La retraite s'exécuta alors avec un ordre parfait. Tandis que la division Barry, qui s'était formée à hauteur de Gommiers, marchait sur Muzelles et la ferme de Moret, l'amiral Jauréguiberry, avec la 1" division du 16® corps et la brigade Dubois de Jancigny du 17% restait jusqu'à dix heures sur ses positions de Terminiers, pour donner au reste du 17® corps et à la 3^ division du 16% qui se reformait à hauteur de Trogny, le temps de disposer leurs échelons. Enfin, la cavalerie du général Michel, portée à l'extrême gauche, surveillait les mouvements que l'ennemi pouvait tenter pour nous tourner de ce côté.
Pendant que ces mouvements se préparaient, le commandant du 16*' corps avait envoyé à toutes ses divisions ainsi qu'à celles du 17% les instructions réglant les emplacements sur lesquels elles devaient aboutir ; elles se résument ainsi :
Pour le 1 6® corps , la brigade de cavalerie de Tucé à Patay, éclairant dans les directions de la Gonie, de Guillon ville, de Villepion et de Terminiers, soutenue par un bataillon et les francs-tireurs Lipouski, également à Patay; un bataillon et une batterie d'artillerie en réserve à Lignerolles. La 1" division à Saint-Péravy, au Ménil, au Chêne et àConices, avec avant-postes à Villardu; la 2Mivision entre Coinces, Boulay et Janvry, occupant fortement Bricy ; la 3" division de Boulay à Gidy par Janvry; la division de cavalerie Michel, avec deux batteries à cheval, dans ses anciens cantonnements de Goulimelle, Nids, Tournoisis et Renneville, ayant ses avant-postes à la Ghapelle-Onzerain et le long de la Conie jusqu'à Patay ; la réserve à la Haute-Épine; les convois sur la route d'Orléans à Châteaudun; les grandes ambulances aux Barres; ie quartier général à Saint-Péravy.
Le 1 7® corps , à Saint-Sigismond , Gémigny , Rosières et Coulmiers , avec sa cavalerie à Champs et à Épieds ; ses convois , ses ambulances et ses réserves à Descures , et à Bucy-Saint-Liphard .
CANONNADE DE l'eNCORNES.
Tous ces mouvements de l'aile gauchg s'opéraient lentement et avec la plus grande régularité , en vue de l'ennemi, auquel notre attitude imposait, lorsque vers deux heures de l'après-midi on entendit une vive canonnade du côté du 15* corps. Des reconnaissances signalèrent bientôt que la gauche des Allemands avait pénétré jusqu'en vue de l'Encornes et de Songy. Il était évident que le 15" corps devait se trouver fortement pressé et qu'une diversion de ce côté pouvait lui être d'un grand secours * . Le général Barry reçut l'ordre de se porter sur l'Encornes et Huétre avant de prendre ses cantonnements de Boulay. Il put effectivement, en arrivant à hauteur de l'Encornes , engager un combat d'artillerie qui arrêta la marche de l'ennemi jusqu'à la nuit.
Tout portait dès lors à croire que le principal effort de ce dernier se ferait le lendemain sur la trouée des Barres, pour menacer directement Orléans. Le commandant des 16° et 17* corps donna en conséquence les instructions suivantes de son quartier général de Saint-Péravy , le 3 décembre, à cinq heures et demie du soir.
« La situation est aujourd'hui la suivante :
» Par suite des ordres du général en chef de Tarmée de » la Loire, le 16° corps a repris ses positions sur la pre~ » mière ligne de défense d'Orléans. Aux avant-postes : » une brigade de cavalerie , à Patay (brigade Tucé) , éclai-
^ Voir nnx notes les dépêches télégraphiques adressées au ministre de la guerre et au général en chef, note 14.