‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 69 sur 345 · COMPTE RENDU AU MINISTRE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

COMPTE RENDU AU MINISTRE DE LA GUERRE

« Baccon, 5 décembre, une heure du soir.

» Ne sachant si les dépêches de cette nuit vous sont » parvenues, j'envoie celle-ci à Beaugency. Un prenjier

» ordre prescrivait hier de battre en retraite sur Meung » avec les 16^ et 17® corps; le mouvement était commencé, M et le matériel roulant fortement engagé sur cette direc- »' tion, lorsqu'à une heure m'est parvenu le deuxième M ordre me prescrivant de me porter sur Orléans. J'étais » attaqué de Patay à Boulay ; il me fallait replier tous mes » avant-postes ; ma cavalerie était aux prises avec celle de » l'ennemi; la 2^ et la 3® division du 16^ corps étaient » repoussées sur Bucy-Saint-Liphard et Meung ; un grand » désordre se produisait dans tout le 17® corps; la nuit » approchait; je dus venir prendre position avec le reste » derrière la foret de Montpipeau pour protéger les convois » et chercher à rallier les diverses colonnes. J'appris à » Ruisseau que des divisions s'étaient repliées jusqu'à » Meung et Villermain. Pour reconstituer les 16® et 17® ») corps, j'ai pris le parti de venir occuper aujourd'hui une » ligne s'étendant de Lorges à Beaugency, appuyant ma » gauche à la foret de Marchenoir, et ma droite à la Loire. » Je tiendrai sur cette ligne jusqu'à ordre contraire. Mon » quartier général sera ce soir à Josnes, me reliant par des » cavaliers avec le télégraphe de Beaugency. Beaucoup de » désordres à réparer. Les troupes, décimées par quatre M jours de lutte, ayant perdu grand nombre de leurs offi- » ciers, sont très-fatiguées; les munitions s'épuisent; les » convois sont à reconstituer.

» J'attends des ordres à Josnes. »

Telle est l'histoire militaire du 16* corps dans cette première partie de la campagne sur la Loire. Les jeunes troupes qui le composaient avaient montré, en maintes circonstances, des qualités de vigueur et d'aplomb qui leur faisaient le plus grand honneur. Leur conduite à Coulmiers, la lutte acharnée qu'elles avaient soutenue à Villepion et à Loigny, leur constance au milieu des privations

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