ÉTUDE DU TERRAIN
L'immense plaine entre le Loir et la Loire, qui comprend la Beauce, l'Orléanais et le Blaisois, à part les bois qui entourent Orléans et la forêt de Marchenoir, n'offre que très-peu de positions défensives. La seule réellement sérieuse est celle que donne cette dernière forêt, qui s'étend de Morée jusqu'à Poisly, sur une longueur de vingt kilomètres. De L orges à Beaugency, le terrain est plus accidenté que dans les autres parties de la plaine, les villages et les fermes y sont plus rapprochés; c'est la trouée par laquelle peut passer un ennemi venant de la direction d'Orléans et marchant sur Tours. En occupant fortement cet espace, qui n'est que de onze kilomètres , et la forêt de Marchenoir, on tient ainsi tout le pays, du Loir à la Loire, et on couvre tout le cours inférieur de ce fleuve.
Le général commandant en chef de la 2^ armée, décidé à tenir tête à l'ennemi et à attendre, le plus près possible d'Orléans et de Paris, que les circonstances et le concours que la 1" armée pourrait prêter une fois organisée, permissent de reprendre les opérations vers le nord, prit donc le parti de s'établir fortement sur les positions en avant de Josnes, appuyant sa gauche à la forêt de Marchenoir et sa droite à la Loire, à hauteur de Beaugency. Si l'ennemi lui en laissait le répit , son intention était de rappeler sur ces positions celles de ses troupes qui s'étaient retirées sur Blois, et d'y former complètement son armée. Les instructions ci-après donnent les dispositions prises dès le 5 au soir pour arriver au but qu'il se proposait, et les emplacements des différents corps pour la défense des lignes nouvelles.
n LA DEUXIÈME ARMÉE DE LA LOIRE.
« Au grand quartier général de Josnes, le 5 décembre 1870.
» Une décision du ministre de la guerre en date du » 5 décembre investit le général Ghanzy du commande- » ment en chef des 16®, 17® et 2P corps, et de la défense M de Vendôme à Beaugency, par la forêt de Marchenoir. » Jusqu'à ce que les 16" et 17" corps aient réuni tous les » éléments qui forment leurs divisions, opération qui devra M être terminée dans la journée de demain, ils occuperont » les positions indiquées dans les instructions du 4, sur M la ligne de Beaugency à Poisly, par Ourcelles.
M Le 2P corps, aux ordres du général Jaurès, occupe )> Marchenoir, Saint-Laurent-des-Bois, Écoman etlesdé- » bouchés de la foret, ayant une brigade (colonel Collet') » à Morée et la division Goujard'' couvrant Vendôme.
» Partout, sur toute cette ligne, on devra faire recon- » naître dès demain matin les positions favorables pour » les batteries ; on élèvera des épaulements ; on établira » des ouvrages pour compléter les défenses et abriter l'in- » fanterie. Il sera rendu compte par une note explicative » de toutes les positions occupées et des mesures prises. » La cavalerie devra avoir des avant-postes à au moins » deux kilomètres en avant des lignes, et pousser chaque » matin des reconnaissances qui battront le pays à dix et M quinze kilomètres au delà des avant-postes. Ces recon- » naissances seront faites de façon à ne pas fatiguer inuti- V lement la cavalerie ; elles se composeront généralement » de pelotons qui s'avanceront à moitié de la distance à
i Le capitaine de frégate Collet avait été nommé colonel au titre auxiliaire et chargé du commandement d'une brigade.
2 Le général auxiliaire Goujard était capitaine de frégate.