LIVRE DEUXIÈME. — JOSNES
.MESURES PfilSES POUR LA DEFENSE DE BLOIS.
Dans la soirée, on signala une colonne ennemie aux environs de Mézières, prenant la direction de Villermain; des avis de Gliâteaudun annoncèrent en même temps un fort passage, à Marboué, de troupes allemandes se dirigeant sur Orléans; enfin, sur la rive gauche, des éclaireurs prussiens avaient été signalés à Saint-Laurent-des-Eaux , occupé par le commandant de Fondras et les francs-tireurs de la Sarthe, qui s'étaient retirés par cette rive après les affaires du 4 et l'abandon d'Orléans. Il fallait donc bien veiller sur Blois, dont le pont, qui pouvait nous être si utile, ne devait être détruit qu*à la dernière extrémité. Le général en chef prescrivit au général Maurandy, à Mer, d'aller occuper Blois et d'y reformer complètement sa division pour défendre les ouvrages qui avaient été préparés autour de la ville et principalement le parc de Ghambord. Le général Barry, qui avait dépassé Blois, recevait également l'ordre d'y revenir , d'y reconstituer sa division et de rentrer le plus promptement possible à sa place au 16* corps. Il fallait s'attendre à une attaque prochaine , se tenir toujours prêt à y faire face. Le général en chef donna en conséquence les instructions suivantes le 6 au soir :
«« Au grand quartier général de Josnes, le 6 décembre 1870.
» Par décision du ministre de la guerre , en date de ce » jour, le contre-amiral Jauréguiberry est nommé au com- » mandement du 16* corps; le général de Colomb à celui » du 17* corps; les 16*, 17* et 21* corps forment l'armée » sous le commandement du général Ghanzy, aux
M ordres duquel la division Gamô reste provisoirement '.
» En conséquence, l'amiral Jauréguiberry prendra im- » médiatement le commandement du 16" corps; l'état- '' major sera constitué ultérieurement.
» Aujourd'hui, Tennemi a fait une démonstration sur » Meung ; une colonne , composée d'infanterie , de cava- '» lerie et d'artillerie , a été signalée à Mézières , en avant 5i de Villermain. Des cavaliers prussiens longeant la rive » gauche de la Loire se sont montrés en avant de Saint- " Laurent-des-Eaux, point occupé par les francs-tireurs M du commandant de Fondras, et 3 ou 400 hommes r échappés d'Orléans et recueillis par lui.
» Les éclaireurs algériens, en position à Gravant, n'ont » rien signalé sur le front de l'armée. D'après des renseiy gnements venus de Ghâteaudun , une colonne ennemie j aurait été en vue aujourd'hui à Marboué prenant la di- » rection d'Orléans ; enfin les appréhensions d'une attaque n sur Vendôme par Montdoubleau paraissent dissipées.
» Il est donc important de faire sur toute la ligne, » demain matin au jour, des reconnaissances poussées au » loin , et de s'assurer des positions de l'ennemi et de sa
• force. Jusqu'à la rentrée de ces reconnaissances, toutes
* les troupes, prenant les armes au jour, devront être » réunies sur leurs emplacements de défense , et les batte- » ries en position. Les lignes seront couvertes par un » rideau de tirailleurs poussé à bonne distance. Les voi- » tures seront attelées et engagées sur les directions » qu'elles auraient à prendre pour se porter en arrière le » plus rapidement possible, si le combat s'engageait. Les » convois se dirigeront dans ce but :
» Geux de la cavalerie du 16® corps, sur Roches;
» Ceux de la division d'infanterie du 2P corps qui est à
1 Voir la note n» 23.