‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 82 sur 345 · LIVRE DEUXIÈME. — JOSNES · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. — JOSNES

» (lérables de leur côté, du fait de notre raousqueterie , » tout en constatant que notre artillerie a eu un grand M effet sur la leur.

» La bataille s'étant prolongée jusqu'à la nuit close, je » ne connais pas encore nos pertes; j'espère qu'elles seront » peu importantes. Notre armée a opéré avec ordre et » avec calme. Il se peut que nous soyons attaqués demain ; » je compte que nous nous en tirerons comme aujourd'hui. » Le général de division Stéphann , de la V division » d'infanterie de la garde bavaroise , a été blessé d'une » balle dans le bras et d'un éclat d'obus à la jambe.

» En avant de Saint-Laurent-des-Bois , l'ennemi a été » repoussé de Marolles par les troupes du général Jaurès. » Je suis rentré à huit heures du soir à Josnes. »

Les efforts que l'ennemi allait tenter contre la deuxième armée n'étaient plus dès lors douteux; il fallait se préparer à y résister. Les généraux et les troupes devaient avoir conscience de la position : le général en chef crut donc devoir, à partir de ce jour-là, résumer, sur les instructions qu'il adressait chaque soir, les faits de la journée, les succès aussi bien que les revers, en même temps qu'il prescrivait ce qu'il y avait à faire le lendemain. Celles du 7, pour la journée du 8, sont les suivantes :

a Josnes, le 7 décembre 1870.

» L'ennemi, parti ce matin des positions qu'il occupe » depuis la Chapelle, par Baccon, jusqu'aux environs » d'Ouzouer-le-Marché, a essayé une attaque générale de » nos lignes; l'effort principal s'est produit le long de la )j Loire sur les positions occupées par nous, en avant de ^ Beaugency, tandis que deux démonstrations se faisaient

') à notre gauche, l'une sur Villermain, l'autre sur Saint- »> Laurent-des-Bois, par le village de Marolles. Nous » avions affaire à l'armée du prince Charles, qui a mis en » Hgne 86 pièces de canon, d'après le rapport des prison- M niers. Les dispositions pour résister à ces attacpies ont M été prises partout avec beaucoup d'ordre ; les divisions » engagées ont fait preuve de calme et d'entrain; notre » artillerie s'est montrée supérieure à celle de l'ennemi. » Cette journée prouve ce qu'on peut avec de la confiance, I) et fait oublier les mauvais moments de nos dernières M affaires.

» Le général en chef est heureux de pouvoir adresser à » tous des félicitations. Nous avons maintenu notre ligne, » qu'il est si important de conserver ; après avoir repoussé » partout l'ennemi qui nous attaquait, nous couchons sur » nos positions. Que chacun s'inspire de ce succès, y » puise la confiance, et la conviction que quelques jours " de ténacité nous ramèneront les bonnes chances que w nous avaient données nos premiers succès.

» Au dire des prisonniers, l'ennemi a fait de grandes »» pertes; le général bavarois Stéphann, commandant la » 1" division d'infanterie de la garde, a été grièvement )> blessé.

» Cette première partie des instructions sera lue M demain matin, dans chaque régiment ou corps, aux » troupes assemblées.

M II est probable que l'ennemi tentera demain un nou- » vel effort sur nos lignes. Au jour, la cavalerie des 16* et » 11^ corps et les éclaireurs algériens pousseront des « reconnaissances dans les conditions indiquées aux M instructions d'hier, pour reconnaître la force et les » emplacements de l'ennemi, et pour signaler tous les » mouvements qu'il pourrait exécuter.

« Toutes les troupes se tiendront prêtes à prendre

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