LIVRE DEUXIEME. — JOSNES
l'armée, en prenant position le plus près possible de Beaugency et en reformant aussi promptement qu'il le pourrait sa division éparse depuis la retraite du 4 '. Le colonel Bayle, laissé à Mer pour surveiller la rive gauche, avait pour mission de défendre le pont si impoitant de cette localité, et de ne le détruire qu'à la dernière extrémité ^. Gomme le général Gamô avait eu à souffrir des batteries ennemies établies sur la rive gauche, le commandant de l'artillerie dut s'occuper d'en établir de notre côté , de façon à les combattre^. Enfin, pour mieux coordonner la résistance sur toute cette vaste ligne de Poisly à la Loire, l'amiral Jauréguiberry reçut le commandement direct de toute l'aile droite, composée de la V division du 17'' corps, des V^ et 2^ du 16^ corps et de la colonne mobile de Tours.
BATAILLE DE VILLORGEAU.
Le 8 avant le jour, toutes les positions indiquées précédemment avaient été prises, les convois engagés sur les directions qu'ils devaient suivre en cas de retraite , et les troupes étaient partout sous les armes, lorsque l'ennemi fut signalé en forces sur tout notre front. Les avant-postes de cavalerie de Villermain l'indiquaient marchant sur Poisly, tandis que les éclair eurs algériens , qui avaient couché au Grand-Châtre, annonçaient des colonnes nombreuses marchant sur Gravant. G 'était une attaque générale qui se préparait.
Elle commença à huit heures sur la division Gollin (2^ du 21* corps) par trois batteries prussiennes qui, s'établissant à droite du village de Villermain, ouvrirent un feu violent
1 Voir la note 11° 4.
2 Voir la note n'' 5.
3 Voir la note n° Qé
sur Poisly. Notre artillerie divisionnaire leur rëpondit énergiquement jusqu'à dix heures, mais elle fut forcée de se retirer un moment sur la route de Lorges, pour faire face à un feu d'écharpe que l'ennemi dirigeait sur l'angle de la foret de Marchenoir ; aidée par deux pièces de 1 2 de la réserve, elle éteignit bientôt ce feu et reprit sa position primitive. La 3*" division du 17" corps se portait alors sur Gravant, en avant duquel l'ennemi avait disposé des batteries qui ne purent l'arrêter. Ce mouvement laissait une trouée entre le 2P et le 17" corps. Les Allemands, voulant en profiter, lancèrent leur cavalerie sur Lorges; mais accueillis par le feu bien dirigé d'une batterie de 4; de la division Gollin, leurs escadrons se virent bientôt obligés de se replier. La 3^ division du 17^ corps continuait sa marche sur Gravant ; ses tètes de colonne étaient déjà maîtresses du village , quand , attaquées de front par une artillerie imposante, de flanc par les batteries de Villermain, manquant bientôt de munitions, elle dut se retirer sur Ourcelles, continuant néanmoins à appuyer du feu de ses mitrailleuses la 2® division du 21" corps. Ge mouvement rétrograde s'était opéré en bon ordre, protégé par la 2" division du 17® corps qui s'était portée sur Gernay. L'infanterie prussienne s'avança jusqu'à la ferme de la Motte, en avant des lignes du 2P corps. Elle ne put y tenir longtemps devant l'attaque vigoureuse du 49^ mobiles (Orne) qui occupa le plateau avec ses trois bataillons. Tout n'était pas cependant fini sur ce point. Vers deux heures, l'ennemi essaya un retour offensif et dirigea une canonnade des plus nourries sur les deux divisions des 17* et 2 P corps qui s'étaient rapprochées pour y résister; le 49® mobiles se maintint à la ferme de la Motte. Ge fut à ce moment que le général Jaurès, prévenu à Marchenoir de l'attaque sur Lorges et Poisly par le commandant en chef, déboucha avec sa réserve pour appuyer sa 2^ divi-