LIVRE DEUXIEME. — JOSNES
sion. Il n'hésita pas à lancer en avant de la Motte deux bataillons des mobilisés de la Sarthe, qui, appuyés par une batterie de 12, s'avancèrent résolument et en bon ordre sous un feu écrasant d'artillerie , et forcèrent l'infanterie ennemie à se retirer.
Il était quatre heures de l'après-midi lorsque la mousqueterie cessa sur cette partie de notre ligne; la canonnade continua jusqu'à la nuit sans que nos divisions perdissent un pouce de. terrain. L'ennemi s'était montré également en avant de la forêt de Marchenoir; une de ses batteries avait essayé vers dix heures de s'établir successivement à hauteur de Villesiclaire et de Ghantôme , mais elle avait été délogée de ces deux points par l'artillerie divisionnaire du général Guillon. De ce côté, il n'y eut plus jusqu'à la fin de la journée que quelques coups de canon tirés vers trois heures sur la queue d'un convoi marchant sur Ouzouer, et qui mirent le désordre dans la cavalerie qui l'escortait.
Ces attaques sur notre gauche n'étaient point l'effort principal des Allemands. Cet effort, ils le firent entre Villorceau et Vijlevert, avec l'idée de percer notre centre, et s'acharnèrent, de neuf heures du matin jusqu'au soir, à chercher à obtenir ce résultat.
Suivant les instructions du commandant en chef, l'amiral Jauréguiberry, chargé de l'aile droite, avait prescrit au général Gamô d'occuper fortement le ravin de Vernon ainsi que Messas, et de s'y défendre à tout prix. Mais, sur un ordre télégraphique du ministre de la guerre, confirmé verbalement, vers huit heures du matin, par un capitaine du génie envoyé de Tours, ce général crut devoir dégarnir les positions qui lui avaient été assignées en avant de Beaugency, pour occuper le plateau situé en arrière de la ville, et sur lequel il fit commencer des épaulements pour des batteries. Il plaça néanmoins au village deVernon le
59® de marche et un bataillon des mobiles de l'Isère, soutenus par le 88^ mobiles (Indre-et-Loire) placé à Pierrecouverte, pour se relier avec la V^ division du 16^ corps, que le général Deplanque avait disposée dès le jour, la gauche à Villevert, la droite au Grand-Bon valet.
Dès le matin également, la P® division du 17® corps (général Roquebrune) s'était avancée au delà de Villemarceau sur Villevert et Villechaumont avec tant de promptitude et d'ensemble, que l'amiral n'hésita pas à lui faire commencer l'attaque dès qu'il entendit le canon de la 3® division du 17® corps sur Gravant, et qu'il s'aperçut qu'un bataillon du 51® de marche de la 2® division venait d'enlever Gernay. Ge mouvement offensif, bien conduit par le général de Roquebrune, quelque retardé qu'il fût par une résistance opiniâtre , nous porta jusqu'à Beaumont. Là l'ennemi, renforcé vers midi, disputa vivement le terrain et refoula même un moment nos colonnes. L'amiral donna alors au général Deplanque l'ordre d'appuyer cette colonne avec toute sa division, qui repoussa promptement les Allemands jusqu'au Mée. Ge secours permit au général de Roquebrune de rallier ses troupes qui avaient le plus souffert, et de porter en avant celles qu'il avait tenues jusque-là en réserve. Pendant ce temps, la 2® division du 17® corps, déployée en arrière de Gernay qu'occupait un de ses bataillons, se maintenait en position, et le tir bien réglé de ses pièces faisait taire les batteries de Gravant, dont le matériel eut beaucoup à souffrir. Toutefois, rien ne se dessinait; le général en chef songea alors à tenter un coup décisif avec la cavalerie du 17® corps qu'il avait sous la main, en essayant de percer le centre de l'ennemi sur ce point qui paraissait le plus faible, et où son feu s'était considérablement ralenti. Gette cavalerie pouvait en effet s'avancer facilement en se dissimulant dans une série de larges dépressions qui, partant du châ-