LIVRE DEUXIÈME. — JOSNES
teau de Serqueu, arrivent presque sans interruption au moulin de Gernay. Néanmoins, avant de tenter ce mouvement qui devait être appuyé par des masses d'infanterie et d'artillerie, les éclaireurs algériens furent lancés en avant pour reconnaître la position et la force réelle de l'ennemi. Les premiers arrivés sur la crête aperçurent des colonnes profondes et de nombreuses batteries qui accueillirent par une grêle d'obus et de mitraille l'escadron dèsi, qu'il apparut. L'ennemi était donc trop fort et trop peu entamé pour lancer sur lui la cavalerie. La 2^ division du 1 7® corps reçut alors l'ordre de se porter en avant de Gernay et de Villechaumont. Il y eut un moment de désordre : le bataillon du 51% qui de Gernay se portait sur Gravant, accueilli par un feu très-vif de mousqueterie, se replia avec précipitation sur Gernay, qu'il dépassa. Le 10* bataillon de chasseurs à pied essaya en vain de reprendre ce village ;il ne put y parvenir, malgré tous les efforts de l'artillerie divisionnaire , et un mouvement de recul sensible se produisit dans les 2® et 3® divisions du 17® corps, qui occupèrent une ligne très-oblique partant de Villechaumont et aboutissant en avant de Prenay.
Il était trois heures environ : sur la droite, les troupes, qui n'avaient cessé de soutenir la lutte avec acharnement, se fatiguaient et commençaient à plier; l'amiral fit alors avancer celles qu'il avait tenues jusque-là en réserve : c'é-^ taient les bataillons de la mobile de l'Yonne et du Cantal. Ils se portèrent en avant sans hésitation. Les premières troupes voyant ce renfort retrouvèrent leur ardeur ; le combat recommença plus violent que jamais. La route de Gravant à Beaugency fut bientôt de nouveau franchie, et on s'empara de Beaumont, en faisant un assez grand nombre de prisonniers. Plus à droite, la division Deplanque, longtemps arrêtée par un feu violent d'artillerie, con-
^ Voir h note JJ, aux Etiuta.
tiiiuait son mouvement, enlevait le village de Mée à la baïonnette et refoulait les Allemands.
Les troupes du général Camé, sur notre extrême droite, tenaient moins solidement et abandonnaient le village de Vernon. D'un autre côté, la 2^ division du 17*^ corps se retirait et évacuait Villechaumoiit, qu'un effort vigoureux de la division de Roquebrune finit par reprendre à la tombée du jour. La nuit était complètement venue que l'on combattait encore ; le régiment de l'tsère, les 4P et 43* de marche, le 11^ bataillon de chasseurs à pied surtout, s'étaient conduits avec la plus grande vigueur. Dans la division Deplanque, le 39® de marche et le 33^ mobiles (Sarthe) s'étaient aussi héroïquement battus ; le capitaine Couturier, de ce dernier régiment, avait enlevé à la baïonnette une ferme où l'ennemi s'était fortement retranché, et y avait fait une centaine de prisonniers.