‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 97 sur 345 · LIVRE DEUXIÈME. — JOSNES · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. — JOSNES

résister, la 2^ division dut définitivement se retirer en arrière, à hauteur de la 3% en position à Ourcelles et au Plessis. A midi elle occupait Villejouan.

A l'aile gauche, le 2P corps avait également à supporter de vigoureux efforts de l'ennemi. Le général Jaurès avait resserré ses troupes en portant sa première division de Saint-Léonard et de Viévy-le-Rayé , à Autainville, pour appuyer au besoin la 3% qui gardait les abords de la forêt de Saint-Laurent-des-Bois à Poisly. Au jour il se portait lui-même avec ses réserves de Marchenoir sur Lorges.

Le général Gollin, prévenu par ses reconnaissances que des mouvements de troupes ennemies avaient eu lieu, pendant toute la nuit , d'Ouzouer-le-Marché dans la direction de la Loire, poussa sa cavalerie jusqu'à Villermain, et s'assura ainsi que les colonnes allemandes qu'on lui avait signalées s'étaient portées en arrière de Gravant, où elles se concentraient. Il fltimmétliatement avancer un bataillon à la ferme de la Villette; mais, arrivé sur ce point, le capitaine Lévy, qui commandait cette colonne, fut assailli par des forces supérieures, et obligé, malgré le secours d'un bataillon de l'Orne, de se replier sur la Motte, où il se maintint. Notre artillerie, de ce côté et en avant de la ferme des Bouëches, put tenir tête avec avantage à l'artillerie allemande jusqu'à la nuit.

COMBAT DE TAVERS.

Sauf les engagements de Gernay et de la Villette , et la canonnade qui continuait à l'aile gauche, le calme s'était rétabli sur tout le reste de nos lignes ; il dura sur la droite jusque vers trois heures et demie de l'après-midi. A ce moment le commandant en chef, qui examinait avec l'amiral les travaux de défense en avant de la ferme du Grand -Mizian, vit déboucher des colonnes ennemies

IftO LA DEUXIÈME ARMÉE DE LA LOIRE.

s'avançant en masses profondes sur le ravin de Tavers. Elles avaient pu se masser, sans être aperçues, derrière une crête qui va de Loynes à Beaugency, et marchaient résolument, croyant nous surprendre, parce qu'elles pensaient notre droite désorganisée par la retraite de la veille. C'était évidemment, pour les Allemands, leur attaque principale de la journée ; ils la préparaient depuis le matin en attirant notre attention sur notre gauche par les démonstrations faites en avant de Poisly, et leur but évident était de nous tourner en longeant la chaussée du chemin de fer et la grande route d'Orléans à Blois. Le temps était trèssombre; nos troupes hésitèrent un instant à admettre que ce fût l'ennemi , et purent croire que ces bataillons , qui , s'approchaient avec tant de calme , appartenaient à la colonne du général Tripart. Néanmoins, nos artilleurs étaient à leurs pièces et nos lignes bien formées, lorsque les têtes de colonnes se déployèrent et firent cesser tout doute en ouvrant le feu à douze cents mètres. Notre artillerie et nos tirailleurs furent prompts à répondre; les bataillons prussiens, pris d'écharpe par nos mitrailleuses, étaient décimés, mais se reformaient et s'augmentaient constamment de nouvelles troupes qui apparaissaient sur la crête. Ils continuèrent à s'avancer avec la plus grande bravoure ; une partie franchit même le ravin de Tavers. La brigade Bourdillon ouvrit alors des feux d'ensemble qui les arrêtèrent de front, tandis que le lieutenant-colonel Faussemagne formait sa brigade (2^ de la V^ division du 17* corps) à la tête du ravin et sur leur flanc. Les Allemands, surpris de cette résistance, démasquèrent à ce moment sur la droite de Villemarceau plusieurs batteries qui commencèrent leur tir sur la brigade Faussemagne, mais que l'artillerie du général de Roquebrune, en position en avant de Serqueu, réduisit bientôt au silence. Le combat ne finit néanmoins qu'à la nuit close ; nos troupes

Page 1