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CHAPITRE DIXIEME

aux Andelys, et s'avança dans la direction de Vernon. Il rencontra, entre cette dernière ville et Gaillon , une soixantaine de mobilises sans armes, qui avaient d'abord suivi le mouvement de retraite de l'armée de l'Eure jusqu'à Louviers, et que l'autorité militaire avait ensuite renvoyés dans leurs foyers. Sous le prétexte qu'ils étaient porteurs d'uniformes, ces hommes furent considérés comme prisonniers de guerre et emmenés en captivité. Le 9 décembre, la brigade de Pritzelwitz occupa Vernon où elle resta jusqu'au 12 du même mois.

Un autre détachement du I" corps , composé de cinq bataillons, deux escadrons et deux batteries, sous les ordres du colonel de Alassow, du 1"" régiment d'infanterie « Prince royal ;' , passa la Seine à Pontde-l'Arche et arriva le 8 à Louviers où il désarma la garde nationale. Le 9, il entra à Evreux, qui était déjà occupé depuis deux jours par un détachement de la division de Rheinbaben venu de Dreux et commandé par le colonel de Trotha; en sorte que le chef-lieu du département de l'Eure se trouva envahi de deux côtés à la fois. Les derniers arrivés prirent leurs cantonnements au nord de la ville; le 10 décembre, le général de Rheinbaben, marchant sur Chartres, rappela son détachement qui fut remplacé à Evreux par celui du colonel de Massow.

Sur la rive gauche de la basse Seine , une brigade combinée de toutes armes, appartenant au VHP corps et commandée par le colonel de Bock, atteignit le 8 Bourgachard, poussa le même jour son avant-garde jusqu'à Pont-Audemer, et détruisit le télégraphe et le chemin de fer à AIontfort-sur-Rille. Le lendemain, le colonel de Bock entra à Pont-i\udemer et lança

son arant-garde jusqu'à Toutainville; de là, des patrouilles de hussards rayonnèrent dans les directions de Honfleur et de Beuzeville; l'une d'elles poussa même jusqu'à Fatouville et Fiquefleur, d'où elle rapporta la nouvelle que les troupes du général Briand avaient été transportées au Havre. Le 10, ce détachement reprit la route de Rouen, partie directement, partie par Bourneville.

Sur la rive droite, les Saxons, qui avaient suivi jusqu'à Ecouis la marche de la I" armée allemande, étaient retournés à Gisors et avaient repris leur poste d'observation sur la Seine en amont des Andelys. ♦ Pour couper toute communication entre l'armée du Xord et celle du Havre, le général de Manteuffel, dès son arrivée à Rouen, avait décidé une expédition contre le littoral. Deux bataillons d'infanterie, une brigade de cavalerie, cuirassiers et uhlans, avec une batterie à cheval, furent réunis le 7 à Clères sous les ordres du général-major comte de Dohna. Le 8, ce détachement marcha sur Omoniille et, le 9, sur Dieppe où il entra sans résistance. Après avoir brisé les fusils, encloué les canons de marine trouvés au château et dans les batteries de côtes, coupé les fils du télégraphe et enlevé les appareils, il détruisit les postes sémaphoriques et rasa les mâts de signaux, sans oublier de faire de nombreuses réquisitions, surtout à la ALinufiicture des tabacs; le lendemain, le général de Dohna se retira sur Auffay.

L'occupation d'un de nos ports de mer, connue le 10 à Versailles, fut aussitôt annoncée en Allemagne et célébrée par la presse de ce pays à l'égal d'un important succès. Xos journaux racontèrent qu'à la vue de la mer, les cavaliers du comte de Dohna

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