‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 143 sur 207 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

Rille. Ce mouvement s'exécuta le 12, de grand matin. Le bataillon de la mobile des Landes fut établi à Grandcbain et à Fontaine-l'Abbé; le V bataillon de l'Eure à Rotes; le 3^ à Carsix, et le 2" autour de Malbrough , à l'intersection de la route de Rouen avec celle de Paris à Cherbourg. Le bataillon de la Loire-Inférieure alla occuper les côtes d'Aclou. En même temps, plusieurs corps francs furent poussés en avant pour reconnaître les positions de l'ennemi.

Dans cette même journée, le colonel de Légat, à la tête d'un détachement fort d'environ un bataillon, deux escadrons et une batterie, se dirigea par Tilleul- Othon sur Serquigny. Le pont du chemin de fer n'était alors que faiblement gardé, et la seule résistance que l'ennemi rencontra aux abords du bois de Nassandres fut celle des francs-tireurs de l'Eure (capitaine Lortie) , qui durent se replier après une courte, mais vive escarmouche, dans laquelle ils eurent leur sergent-major tué et quelques hommes blessés, dont un mortellement. Après cette affaire, le colonel de Légat venait de rentrer à Beaumont, lorsqu'il fut forcé d'en sortir de nouveau pour soutenir ses avant-postes qui étaient attaqués. Voici ce qui s'était passé dans cette direction.

Le commandant de Guilhermy avait envoyé dans la matinée le capitaine de Boisgelin, de la mobile de l'Eure, de Bernay à Beaumont-le-Roger, pour s'éclairer sur les forces qui occupaient celte ville; il lui avait adjoint, pour l'accomplissement de sa mission, une cinquantaine de francs-tireurs de la compagnie d'Evreux (capitaine Thionet . Arrivé aux environs de Beaumont, le capitaine de Boisgelin, qui se

trouvait justement sur ses terres, reconnut les positions avancées de l'ennemi, et se mit en devoir de faire, dans sa propre foret, une véritable chasse à l'homme. Guidés par ses gardes-chasse, les francstireurs enlevèrent , au lieu dit Alont-Rôti , un petit poste isolé de huit fantassins ; ils s'avancèrent ensuite sur la gare, mais un second poste, fort d'une trentaine d'hommes, prit la fuite à leur approche. Au bruit de la fusillade, le colonel de Légat mit aussitôt son infanterie en ligne; les francs-tireurs l'accueillirent par un feu nourri, et, après avoir conservé leurs positions pendant trois quarts d'heure, ils se replièrent par la foret sans avoir subi aucune perte. A Nassandres et à Beaumont, le 3^ régiment de la Prusse orientale avait eu six grenadiers blessés et un autre fait prisonnier.

Le 13 décembre, le colonel de Légat, sachant que la bifurcation de Serquigny était définitivement abandonnée par nous, y envoya une section de pionniers et un détachement d'infanterie pour enlever les rails et faire sauter le pont du chemin de fer. Mais, de son côté, le commandant de Guilhermy avait dirigé sur ce point les 1" et 5" compagnies de mobiles du 1" bataillon de l'Eure; dans l'après-midi, nos soldats surprirent l'ennemi dans son opération et l'attaquèrent vivement, aidés par les francs-tireurs de Louviers, qui étaient accourus au bruit du combat; après une fusillade qui dura environ une heure, les pionniers du V' bataillon et les grenadiers du 3" régiment de la Prusse orieptale prirent la fuite, laissant sur le terrain cinq hommes tués ; en outre sept blessés, dont un officier, et une dizaine de prisonniers restèrent entre nos mains. Alais, tandis que les mobiles de l'Eure et les

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