CHAPITRE DOUZIEME
près de 7,000 hommes avec deux batteries d'artillerie et deux mitrailleuses. Ces troupes prirent position entre les Trois- Pierres et Bolbec, au lieu dit la Mare-Carel, s'étendant à droite par Alélamare jusqu'à Saint-Antoine-la-Forèt , à gauche, par Saint- Jean de-la-Xeuiille jusqu'à Beuze\ ille ; le commandement en fut confié au lieutenant-colonel de Beaamont, du 3* hussards , lequel reçut l'ordre de s'opposer énergiquement aux incursions de l'ennemi, dont la présence était signalée aux environs d'Yvetot et de Fauville. Dans la soirée du 23, le maire de Bolbec apprit que les Prussiens devaient diriger le lendemain une expédition contre cette ville, et il fit aussitôt part de cet avis au chef de la colonne française. Le colonel de Beaumont crut qu'il suffirait d'ordonner pour la matinée du 24 une reconnaissance d'infanterie en avant de Bolbec ; cette reconnaissance devait être opérée par les francs-tireurs d'Elbeuf, appuyés par les deux premières compagnies du 2^ bataillon de mobilisés du Havre, le reste de ce bataillon se tenant dans les pentes boisées situées en deçà de Bolbec. Le colonel Mocquard reçut, de son côté, l'ordre de se porter de Beuzeville sur Xointot.
Les renseignements fournis au colonel de Beaumont par la municipalité de Bolbec étaient des plus exacts. Une colonne de toutes armes, forte d'environ un millier d'hommes, sous les ordres du lieutenant-colonel de Ploetz, commandant du 1"^ bataillon de chasseurs prussiens, apparut le 24 décembre, vers huit heures du matin, entre Bolleville et Lanquetot. Là, un détachement se dirigea sur Baffetot pour observer Nointot et Rouville, tandis qu'une compagnie du 5' régiment, un escadron du 10' dragons et une
310 LA GUERRE DAXS LOUEST.
(Icnii-batterie d'artillerie, commandés par le capitaine de Kczewski, s'avancèrent directement sur Bolbec. Vers neuf heures , la fusillade s'engagea entre les tirailleurs ennemis embusqués vers la ferme de Caltot et les francs- tireurs d'Elbeuf (capitaine Stévenin) appuyés par les T^ et 2' compagnies de mobilisés du Havre (capitaines Marchai et Ducret); bientôt l'artillerie ennemie ouvrit le feu et fouilla les hauteurs opposées. Après avoir résisté pendant près d'une heure dans les fermes qui avoisinent Roncherolles, les francs-tireurs et les mobilisés, ne se voyant pas soutenus, quittèrent leurs positions; de leur côté, les Eclaireurs delà Seine, craignant d'être tournés parle détachement qui s'avançait dans la direction de Rouville, abandonnèrent Nointot et se replièrent sur la Mare-Carel, après un court engagement dans lequel ils perdirent deux hommes. Pendant ces divers mouvements, une canonnade s'était engagée par-dessus Bolbec entre une section de notre artillerie (maréchal des logis Charlemagne) et l'artillerie prussienne établie à Caltot; cette dernière, changeant trois fois de position, lança en tout une trentaine d'obus qui, mal dirigés, tombèrent la plupart sur Bolbec, mais n'y causèrent que des dégâts insignifiants. Vers onze heures, l'engagement était terminé; il nous avait coûté quatre hommes tués ou atteints mortellement et autant de blessés; en outre, deux femmes furent atteintes pendant l'action, l'une par une halle, l'autre par un éclat d'obus. L'ennemi eut, de son côté, deux hommes tués et cinq autres mis hors de combat. Dans la même journée, un dragon fut démonté et pris par les tirailleurs havrais et les mobiles de l'Oise, dans le voisinage de Saint-Antoine-la-Forêt.