CHAPITRE CIXQLIÈME. lOT
une section de canons de 12 rayés de la 2' batterie du 10'' régiment d'artillerie (capitaine Lenhardt).
En avant de cette ligne se mouvaient divers corps francs qu'un décret du 29 septembre avait mis à la disposition du ministre de la guerre, mais dont il n'est pas facile de fixer exactement les positions, par ce motif que la plupart d'entre eux continuaient d'agir à leur guise et n'étaient rattachés que nominalement aux divers détachements qu'ils étaient censés couvrir. Voici, par ordre alphabétique, la nomenclature de ces divers corps, qui étaient plus particulièrement groupés aux abords de la forêt de Lyons, à Cressenville, Gaillarbois, Touffreville, Verclives, Nojeon-le- Sec, Puchay, Alorgny et Lyons-la-Forêt • Compagnie de marche de Dieppe (capitaine Angotj; compagnie d'Eclaireurs de la garde nationale d'Elbeuf (capitaine Julien); compagnie d'Eclaireurs rouennais (capitaine Desseaux); compagnie de francs-tireurs des Andelys (capitaine Desestrej; section de Bolbec (lieutenant Pimont); section de Cherbourg (lieutenant Bitouzé); compagnie de Louviers (capitaine Garnier); demibataillon du Nord (commandant Rondot); section de l'Orne (commandant de Beautot); compagnie des fusiliers-marins de Dieppe (capitaine Godard) ; guérilla rouennaise (capitaine Buhot); tirailleurs havrais de la 1" compagnie (capitaine Jacquot) , de la 2" (lieutenant Bellanger) et delà 3' (capitaine Moquet), auxquels viendront se joindre plus tard la 4' compagnie (capitaine Roux) et celle des Vengeurs (capitaine Deschamps). A ces divers corps francs étaient attachés quelques cavaliers irréguliers, entre autres des guides à cheval de la Seine-Inférieure, commandés par le duc de Chartres, qui, caché sous le nom de
Robert Lcfort, payait obscurément sa dette à sa patrie.
La réunion de ces diverses troupes, auxquelles on a donné le nom d'armée de l'Andelle, comprenait donc en somme, à la date du 22 octobre : deux régiments de cavalerie comptant chacun moins de 300 chevaux ; douze bataillons de marche de la ligne et de mobiles ayant un effectif moyen d'environ mille combattants et une quinzaine de corps francs de la valeur moyenne d'une compagnie; au total, un peu plus de 14,000 hommes avec six canons.
Les détachements du prince Albert et du comte de Lippe, auxquels ces troupes étaient opposées, avaient à la même date une force totale de six bataillons, vingt-quatre escadrons et cinq batteries, soit 8 à 9,000 hommes et trente canons.
Sans doute avec nos 14,000 hommes de l'armée de l'Andelle, bien que la plupart mal armés, mal équipés et sans grande cohésion, on eût pu, malgré la faiblesse de notre artillerie, déloger les Prussiens et les Saxons de Gisors et de Beauvais; ce résultat eût été obtenu bien plus facilement encore, si l'armée d'Amiens avait bousculé le comte de Lippe tandis que celle de Rouen aurait culbuté le prince Albert. Mais, pour cela, il eût fallu chez nous une entente qui, malheureusement, n'existait nulle part, ainsi qu'on l'a vu au commencement de ce chapitre en suivant les événements de la rive gauche de la Seine. Sur la rive droite, l'armée d'Amiens, en train de se constituer sous le général Farre, reste forcément dans l'inaction. Le général Briand, arrivé depuis peu de temps et qui dans quelques jours quittera son commandement, ne voulut pas s'attaquer seul à des