CHAPITRE DEUXIEME
faire connaître les positions de la IIP armée allemande, qui étaient les suivantes : la division wurtembergeoise sur la rive gauche de la Alarne, entre Xoisyle-Grand et le chemin de fer de Lyon; le VP corps sur les deux rives de la Seine, observant la boucle de la Alarne, la plaine d'Alfort et les hauteurs de Villejuif, jusqu'au chemin de fer de Sceaux; le II' corps bavarois sur les deux rives de la Bièvre et les plateaux de Châtillon; la 2P division à Ville-d'Avray, Sèvres, Meudon, Clamart; le V^ corps dans la région accidentée qui s'étend entre Saint-Cloud et la Alalmaison.
Une fois le blocus de Paris organisé , le grand quartier général prussien s'occupa de le protéger extérieurement par une sorte de seconde ligne d'investissement , tournée en sens inverse , et ayant pour but de s'opposer à toute tentative de nos armées de province pour secourir la capitale. Les quatre divisions de cavalerie allemande rayonnèrent aussitôt à l'extérieur de ce cercle pour éclairer le pays, disperser les rassemblements, désarmer les habitants, et surtout pour assurer le ravitaillement de leur armée de siège.
En campagne, le soldat allemand porte ordinairement dans son sac une journée de vivres, qui n'est consommée que quand les réquisitions n'ont pu être faites et que les ressources locales sont insuffisantes. Chaque division est suivie, à une journée de marche, par une colonne de vivres : Feld-provîant-colonne, qui marche non sur la même route, mais sur une route parallèle, afin d'éviter tout encombrement et tout retard; cette colonne porte un approvisionnement de plusieurs jours, ménagé et renouvelé avec soin et ne servant que pour les concentrations extraordinaires
qui précèdent ou suivent les grandes batailles. Les Allemands possèdent en outre des fours roulants de campagne, et, en cas de nécessité, la farine peut être rapidement transformée en pain. Ce sont ces dispositions qui donnent aux troupes allemandes une grande mobilité. A la guerre, les Prussiens n'ont rien inventé, mais ils ont presque tout fait progresser, à l'exception toutefois du droit des gens. Leur système d'alimentation est celui de Napoléon I". Leurs étatsmajors sachant se servir de toutes les voies de communication, multiplient le nombre des colonnes, conduisent les troupes par les chemins vicinaux, au besoin à travers champs, et laissent les grandes routes aux bagages, aux équipages de ponts, aux services du transport et du matériel, et aux autres impedimenta; en un mot, ils savent se servir non-seulement d'un chemin de fer, mais encore d'une route, et ils y font passer quatre fois autant de troupes que nous dans le même temps, sans croisement, sans allongement de colonnes et sans désordre. C'est dans cet art de conduire leurs troupes, où les Prussiens apportent beaucoup de méthode, d'ordre et de précision, qu'il faut voir, à notre avis, une des principales causes de leurs succès.
Depuis leur départ de Metz, les Allemands, marchant sur un front très-étendu, traversant des contrées riches dont ils connaissaient aussi bien que nous les ressources, vécurent exclusivement sur le pays, et le soldat ne toucha pas à la journée de vivres de réserve qu'il portait dans son sac : Die Verpjlegung der Truppen erj'olrjte lediglich durch Requisitionen '.
* Voj. JJi'j Sfichsisc/ie Année itn hricrje 1870-1871. Pirna.