‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 100 sur 165 · Télégramme du 26 décembre, I2h60 matin · texte numérisé non relu

Télégramme du 26 décembre, I2h60 matin

cessité de faire garder solidement c les deux points convenus » de la ligne ennemie, si nous parvenions à les enlever V Il exprimait discrètement son regret de ne pouvoir consacrer le 15^ corps à cette garde. Toutefois, il reconnaissait l'utilité de son rôle, du moins jusqu'à nouvel ordre : c Dans les circonstances actuelles et pour le moment présent, je crois quele mieux est ce que nous faisons. » Ainsi, Taccord était complet, du moins en apparence.

La plus grande partie du 18* corps allait être concentrée autour de Chagny ; le 20' corps ne semblait pas pouvoir Pêtre aux environs de Chalon avant le 30. Quant au mouvement du 24** corps sur Besançon, il était à peine commencé. Après en avoir fait un instant partie, la division Cremer était constituée en une fraction indépendante, noyau d'un futur coq)s d'armée, qui dut d'abord opérer avec Qaribaldi et finit p^r être misé sous les ordres directs de Bourbaki.

Cremer eût voulu faire oublier, son inopportune retraite sur Chagny en prenant vivement l'offensive vers Dijon. 11 le proposait à M. de Serres, puis au général Billot lors de son arrivée à Chagny. A ses yeux, une attaque contre Werder aurait pour résultat de le retenir autour de Dijon et d'empêcher sa jonction sous Belfort avec le corps de siège. On craignit, au contraire, de donner trop tôt Téveil aux Aile mands, et Cremer fut invité à rester sur la défensive à Beaune.

Cependant on annonçait déjà l'évacuation de Dijon, qui eut lieu, en effet, le 27. Bourbaki en rendit compte à M. de Freycinet, ajoutant qu'il prenait les mesures dictées par cet événement. Mais, de nouveau, le Délégué laissait voir son faible habituel, celui de prétendre diriger à distance les mouvements de nos armées : « Veuillez me faire connaître chaque jour, aussitôt la marche des troupes terminée , le» positions exactes occupées par ces troupes et les projets du lendemain. Je désire que cette dépêche me parvienne le plus

1. Télégramme du 86 décembre, 8^15 soir. Il s'agit sans doute de Dijon et de Gray.

164 NUITS, VILLBUSEXËri.

tôt possible, afin quo j'aie le temps, avant la nuit, de vous 43nvoyer moi-même, s'il y avait lieu, des instructions*. » Puis, après avoir reçu la dépêche de Bourbaki, il précisait jsa pensée dans un second télégramme, dont l'importance est capitale pour l'appréciation des responsabilités engagées : « Votre dépêche d'hier au soir. . . . porte que vous prenez des mesures pour les suites de l'évacuation de Dijon. Si vous entendez par là que vous comptez combiner la suite du mouvement stratégique, je désire qu'il soit bien entendu qu'aucune décision ne doit être prise avant de m'avoir été soumise. Ce n*est que dans le cas d'urgence, commandée par les nécessités militaires, qu'on agirait sans mes instructions. Hormis ce cas, je tiens à être tenu, jour par jour, au courant des projets du- quartier général, pour envoyer des instructions en conséquence. . . . ' »

On voit que M. de Freycinet revenait, vis-à-vis de Bourbaki, au rôle qu'il avait tenu, et avec quels tristes résultats, en face des généraux d'Aurelle, des Pallières et Crouzat. Il voulait diriger nos corps d'armée de son cabinet, comme jadis le conseil aulique pour les troupes autrichiennes. Encore ne possédait-il pas l'avantage que donnait l'expérience aux vieux conseillers de Tempereur.

Bourbaki croyait devoir accepter cette situation, si peu appropriée qu'elle fût à son haut commandement. Il avait annoncé au ministre (28 décembre, 2** 30 soir), l'évacuation d.e Dijon, effectuée la veille, et Tenvoi de Cremer au nord de cette ville; le général Pellissier allait s'y établir avec plusieurs bataillons (29 décembre). Après avoir reçu la dépêche analysée plus haut, il rendit compte de la situation et des projets qu'elle lui suggérait (28 décembre, 3 heures soir).

A cette date, la majeure partie du 18* corps était à Chagny, la 1'" division du 20® corps à Navilly, et le reste du corps d'armée se rendait par voie ferrée de Decize à Dole. Cremer et Pellissier se portaient sur Dijon, Qaribaldi avait

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