Télégramme du 3, i^as soir
a. Télégramme du », 5»>40 soir.
CONTINUATION DU MOUVEMENT DE l'aKMÉE. 187
faut, plus que jamais, coordonner et préciser nos mouvementiF<, avoir de la suite, ne jamais marcher à l'aventure, mais savoir à toute heure où nous en sommes et ce que nous voulons. Je ne saurais trop exiger de vous dans Faccomplissement de la tâche qui vous est confiée, et qui exige de votre part autant de confiance que de hardiesse et de mobilité, et j'y compte au nom du Gouvernement tout entier. J'ai remarqué avec une pénible surprise le vague de certaines de vos dépêches; ainsi, dans votre dépêche de minuit, vous dites : le général Cremer, qui couche ce soir entre Champlitte et Dijon, rétrogradera sur cette dernière ville, pour concourir à la défense, s'il est nécessaire. . . . C'est à vous, général en chef, de décider de telles questions. ... * »
Ce que cette singulière dépêche a de plus surprenant, ce n'est pas que Gambetta l'ait signée, c'est que le général Bourbaki l'ait reçue sans des protestations indignées. En cela il dépassa certainement ce qu'exigeaient son habituelle abnégation et son dévouement au pays. Il se borna, en effet, à rappeler ce qui avait été convenu entre le ministre et lui, avant leur départ de Bourges. Il fallait, tout d'abord, faire évacuer Dijon j Gray, Vesoul et lever le siège de Belfort; puis, chercher à couper par Epinal les communications de l'ennemi ou marcher sur Langres et Chaumont. Ses idées n'avaient pas changé depuis lors.
Quant à ses opérations prochaines, le général en donnait l'aperçu suivant. Le IS'' corps suivait, le 3, la route de Pesmes à Vesoul, pour aller s'établir près de Bonboillon. Le 20* allait de Marnay sur Voray, et gagnait la route de Besançon à Vesoul ; il passerait la nuit vers Ëtuz. Le 24* quitterait Besançon pour s'établir entre Corcelles et Scey-la-Tour. Si l'état des routes le permettait, le 18® corps serait le 5 janvier entre Mailly et Grandvelle, le 20® à Échenoz-le-Sec, le 24* au nord de Montbozon et à Esprels. Si le 15'' corps débarquait à Besançon en temps opportun, il recevrait mission de menacer Montbéliard ou d'appuyer directement l'attaque de
j. Télégramme du .*i, 3^20 soir.
Vesoul, selon le cas. Bourbaki coinptait reconnaître, le 6, ks positions de Werder et l'attaquer le jour même, s'il se pouvait. Cependant il prévoyait le cas où les Allemands se déroberaient devant lui, pour se porter immédiatement en avant de Belfort.
Les nouvelles reçues de Menotti Garibaldi représentaient comme sérieuses les démonstrations de Tennemi à l'ouest de Dijon. S'il n'en était rien, Bourbaki appellerait à lui la brigade du 15* corps dont il avait appris l'envoi à Dijon et la division Cremer, alors à Orgeux, au nord-est de cette villes
M. de Freycinet attachait plus d'importance que Bourbaki à la prétendue oflFensive des Allemands de Montbard sur Dijon. En l'absence de Tarméedes Vosges, encore vers Autun, il croyait les troupes concentrées à Dijon insuffisantes pour défendre cette ville. « C'est même probablement le dégarnissage de Dijon qui a déterminé le mouvement de l'ennemi. » Aussi recommandait- il à Bourbaki de se renseigner sur les forces allemandes vers l'Ouest et de maintenir à Dijon un eflFectif proportionné au leur. Au besoin on y laisserait une division entière du 15* corps, et Bourbaki aurait à apprécier si, jointes à Tarmée des Vosges , à la division Cremer, ces troupes lui permettraient « de garantir la sécurité de Dijon, qui n'est par soi-même qu'un objectif secondaire, mais qui peut avoir un grand intérêt comme base de vos communications et de votre ravitaillement....*» On voit que, dans l'esprit de M. de Freycinet, Bourbaki ne devait nullement se désintéresser de la garde de Dijon et de sa ligne de communication, ainsi qu'il le fit en réalité.
Le 3, l'armée exécutait à peu près les mouvements prévus par le général en chef. Le 18* corps s'établit en cantonnements ou au bivouac sur une ligne passant par Velloreille, Villefrançois, Choyé, Gy (1'® et 3° divisions). La 2* cantonnait en seconde ligne à Sauvigny, Chevigney, la Rue-Saint-
1. Télégramme du 3 janvier, io*>36 soir. Bourbaki annonçait qu*il porterait, le 4, son quartier général de Dôle à Besançon.