‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 114 sur 165 · Télégramme du 3, io'»25 matin · texte numérisé non relu

Télégramme du 3, io'»25 matin

186 NUITS, V1LLER8EXEL.

gauche de l'armée. Les mobilisés du général Pellîssîer, même renforcés. des troupes de Garibaldi, de celles de Cremer et d'une brigade du 15* corps, constituaient un tout trop hétérogène, trop faiblement organisé, pour arrêter un sérieux mouvement offensif de Tennemi. Le 15* corps n'eût certes pas été de trop, comme l'écrivait très justement M. de Serres ^

Cependant Bourbaki revenait à une appréciation plus juste des menaces dirigées contre Dijon. Les démonstrations de l'ennemi vers Vitteaux lui semblaient sans réelle portée ; il les croyait simplement destinées à retarder notre mouvement sur Vesoul et Belfort, déjà ralenti par la rupture des ponts de Pesmes et de Brésilly, par l'état des routes et surtout par la difficulté croissante des ravitaillements*.

A ces difficultés, inhérentes pour la plupart à la saison, aux vices d'organisation de nos troupes, venaient s'en joindre d'autres qui auraient pu être évitées. Ainsi Gambetta jugeait à propos d'imposer au général en chef de nouvelles entraves, alors que, au contraire, il eût dû le pousser en avant par tous les moyens possibles. « Des considérations de la plus impérieuse nécessité, tirées de l'état de Paris, commandent une parfaite unité de vues et d'action entre nos diverses armées. . . .^» , télégraphiait-il à Bourbaki. D'où la nécessité de lui faire connaître chaque soir les emplacements occupés par ses troupes et ses projets pour le lendemain. Il l'invitait donc à fournir sur l'heure, pour qu'on pût la communiquer aux généraux Trochu ou Chanzy, selon le cas, la situation et la répartition de son armée, l'indication des mouvements à exécuter le 4 janvier, celle de son principal objectif et de la date à laquelle il espérait s'en emparer. Et, résumant sa dépêche en un mot singulièrement impropre, Gambetta réclamait « le plan tactique » de Bourbaki, comme il venait de recevoir celui de Chanzy. Il terminait par quelques lieuxcommuns, suivis d'une mercuriale assez déplacée : « Il nous

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