ARRIVÉE DE GARIBALDI A DÔLE
néral une situation plus conforme à ses désirs. Le 14 octobre', il télégraphiait à Cambriels que le commandement des corps francs et d'une brigade de mobiles destinés à opérer dans la zone des Vosges était accordé à Garibaldi ; il adressait au patriotisme du commandant de la région de TEst un appel qui fut entendu. En effet, Cambriels allait faire tous ses eflForts pour entretenir la bonne entente avec Garibaldi : une lettre qu'il lui écrivit après avoir quitté son commandement en est la meilleure preuve \ Mais toute sa bonne volonté ne put remédier aux inconvénients d'une situation fausse. Appelé à . opérer dans TEst, parallèlement aux troupes qui s'y trouvaient déjà, Garibaldi aurait dû être soumis à Cambriels, à moins qu'on ne lui subordonnât ce denjier. Il était difficile d'admettre cette dernière solution. Certains bataillons de mobiles, même des corps francs, comme la légion bretonne et le corps Bourras, devaient bientôt refuser de servir bous les ordres d'un étranger qui, trop souvent, il faut bien le dire, ne prenait nul soin de ménager leurs idées*. La Délégation ne voulut pas davantage imposer à Garibaldi une subordination qu'il n'eût sans doute pas acceptée. De là vint qu'il opéra isolément, à sa guise, sans lier son action à celle des troupes voisines qui, de leur côté, s'inquiétaient fort peu-de la sienne. Comme nous le verrons, l'incertitude de cette situation devait grandement contribuer à la fin désastreuse de l'armée deBourbaki*,
1. Enquête, tome VI, p. îSi, Cette lettre est datée de Lyon, 29 octobre. Nous en citons un passage plus loin.
8. c J*ai reçu votre dépêche confidentielle contenant la lettre des conseillers généraux de la Haute-Saône sur les faits relatifs au général Garibaldi. Je vous prie de ne point perdre de vue que je ne puis accueillir qu'avec une extrême réserve les appréciations qui sont produites sur le général Garibaldi et les faits et gestes de son corps d'armée. Vous en comprenez la raison. Elle tient tout entière à Tindividualité si tranchée du général.... Je vous prie de vouloir bien Imiter ma circonspection à cet égard.... » {Télégramme de Gambetta à Cambriels, 81 octobre. Enquête, tome III, p. 888).
8. Dans une lettre à J. Favre (i9 octobre), Gambetta écrit que Garibaldi f a été partout reçu avec faveur » (Enquête, tome IV, p. 89). Ce n*était pas précisément le cas.