CHAPITRE m
LES COMBATS 8UB l'OGNON
Gambetta à Besançon. — Offensive de Werder. — Combals sur l'Offnou. — Werder marche sur Dijon. ^ L'armée de VKêt. — Cambriels est remplacé par Miohel. — Capitulation de Metz.
Cependant Gambetta se rendait à Besançon (18 octobre) et assistait à un conseil tenu au quartier général de Saint- Claude; il y était convenu que Ton procéderait immédiatement dans TEst à la formation d'une armée, dont le «général Crouzat commanderait Tune des brigades, La place de Belfort changeait donc encore une fois de commandant, cette fois d'une façon définitive. Le nom du colonel Denfert-Rochereau allait pour toujours s'attacher k sa défense.
La future armée prendrait Toffènsive dans le plus bref délai, en s'appuyant sur le triangle Langres-Belfort-Besançon. Elle s^ dirigerait sur Langres par Qray, afin de menacer plus directement les communications allemandes. En attendant, une colonne mobile de 5,000 hommes, organisée sous les ordres du capitaine du génie Perrin, promu colonel auxiliaire, se mettrait sans retard en marche vers le massif du Thillot, entre Luxeuil et Giromagny. On espérait que la possession de cette région difficile, à portée de la Haute- Alsace,, des Vosges et de la Haute-Saône, permettrait de reprendre plus tard toute la ligne des Vosges.
Quant à Garibaldi, il occuperait provisoirement Dole et la forêt de la Serre, sur la rive droite du Doubs ; au besoin, il se replierait sur la forêt de Chaux, au delà de cette rivière.
La supériorité des forces de Werder lui aurait aisément permis de mettre à néant tous ces projets. Mais il devait se borner à une simple démonstration, sans résultat aucun.
LES- COMBATS SUR L'OGI^ON. ÎÎ
Il aàraîjfc reçu le 17 oWébre et dans h, nuit du 18 au 19 deux télégrammes du général de Moltke , confirmant les ordres déjà donnés pour la poursuite de Cambiiels et autorisant le XIV? corps à la pousser jusqu'à Besançon. Cette opération terminée, Werdfer marcherait sur Bourges par Dijon, de façon à achever la destruction de nos troupes de la Loire, à peine remises de leurs échéics au nord d'Orléans. Malgré ces instructions, Werder jugea tout d*abord inutile de poursuivre Cambriels. Uattitude àe nos troupes dans les derniers combats permettait de prévoir qu'elles arrêteraient leur rétraite seulement sous le canon de Besançon. Dans ces conditions, Werdér décida de se mettre aussitôt en marche sur Dijon, sans plus s'occuper des groupes épars entre la Saône et le Doubs.
Ce mouvement était en voie d'exécution (19 octobre), et le XIV" corps devait atteindre Dijon le 24 par Fresne-Saint- Màmès et Qray % quand Werder apprit que des troupes françaises occupaient la vallée de l'Ognon, vers Etuz et Marnay; IJne patrouille allemande avait même rencontré des chaseeurs à cheval* sur la route de Vesoul à Besançon, près de Rioz. Ces nouvelles modifièrent les intentions du général. Il décida de porter tout le XIV* corps sur l'Ognon par les trois routes de Pin, d'Etuz et dcr Voray. Il espérait, en marchant rapidement, surprendre nos troupes et les refouler sur Besançon, après les avoir mises hors d'état de troubler son mouvement vers Dijon'.
Cambrîels avait, en eflFet, porté au nord de Besançon (21 octobre), la colonne mobile du colonel Perrin, alors forte de cinq bataillons et d'une batterie seulement. Elle fut aisément délogée des ponts dé l'Ognon (22 octobre), et vint prendre une forte position un peu aii sud, sur les hauteurs de Châtillon-le-Duc et d'Auxon -Dessus. Grâce à quelques ren^ forts accourus de Besançon, nos troupes firent bonne coûte-
1. Le 18, ce corps d'armée était à Vesoul, Lure, Conflans, Luxeuil, Saint-Loup ei Vauvillers.
«. Du 7« régiment.