‹ Campagne de l'est en 1870-1871Chapitre 134 sur 165 · On relira des ruines 200 cadavres calcinés (Lôhlein · texte numérisé non relu

On relira des ruines 200 cadavres calcinés (Lôhlein

3. Ces deux sections appartenaient à la 21« batterie du 2« régiment et à la 20» du 13®.

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Textrémité duquel il élevait une barricade; nos troupes restaient en position, attendant un retour offensif.

La journée du 9 janvier coûtait à Tennemi 26 officiers et 553 hommes seulement, presque tous de la 4* division de réserve*. Il avait fait plusieurs centaines de prisonniers, en nous infligeant, dit leî)' Chenu, une perte de 27 officiers et 627 hommes tués ou blessés". Quoique les 18*, 20® corps et une fraction du 24* se fussent trouvés à portée du champ de bataille, deux divisions du 18® corps, une division au plus du 20® et les réserves d'artillerie des deux corps d'armée furent réellement engagées contre 15,000 Allemands et 54 pièces. A Villersexel, en particulier, nos troupes combattirent presque toute la journée avec Tinfériorité du nombre.

Tel fut ce combat, si plein d'imprévu et de surprises, où nos soldats et les Allemands firent preuve du plus grand acharnement. Nous voudrions pouvoir ajouter que, chez nous, les dispositions du commandement furent à hauteur des circonstances. Mais le contraire est vrai. Nous avons déjà signalé le peu d'effet produit à Esprels par Pintervention du 18® corps, les fâcheuses conséquences du retard de la division Penhoat, celles de la retraite du 20® corps dans la soirée. Il faut ajouter que la responsabilité de Bourbaki est engagée dans les résul-

1. Etat-major prutsien, tome IV, annexes, p. 633: Division badoise, 6 hommes ; brigade v. der Goltz, 5 officiers, 96 hommes ; 4» division de réserve, 21 officiers, 451 hommes. Les Allemands eurent i officier et 138 hommes disparus. D'après Lôhlein, ils n'auraient perdu que 14 officiers et 410 hommes, dont 16 à 20 disparus. Ils nous auraient pris 17 officiers et plus de 500 hommes (Lôhlein); 700 hommes {État-major prussien); 260 hommes (v. der Wengen).

2. Pertes du 92» de ligne: 15 tués; 2 officiers et 23 hommes blessés; l disparu;

42^ de marche : 5 tués, 27 blessés, 3 disparus; 44e de marche : 7 officiers blessés; 150 hommes tués ou blessés; 47 « de marche: 4 officiers tués, 4 blessés; 32 hommes tués, 85 blessés, •83 disparus;

52e de marche: l officier et 23 hommes tués; 1 officier et 43 hommes blessés; 9« chasseurs de marche: 2 officiers blessés; 15 chasseurs tués, 36 blessés ou disparus;

8^ zouaves de marche: 3 tués, 22 blessés, 10 disparus; Mobiles de la Corse: 8 tués, 19 blessés, 350 disparus, dont 13 officiera; 55e provisoire (Jura) : 50 tués ou blessés, dont 1 officier; ire légion du Rhône: 15 tués ou blessés, 31 disparus.

[Historiques.)

COMBAT DE VILLKUSEXEL. 227

tats insufBsaDts d'une journée qui aurait pu nous être beaucoup plus avantageuse. En raison de sa situation et de son importance, qui désignaient Villersexel aux attaques de l'ennemi, ce bourg eût dû être gardé par des forces plus considérables ou mieux soutenues. Plus tard, quand les Allemands s'en furent emparés, il aurait été préférable de chercher à leur couper la retraite vers Marat ou plutôt vers Saint-Sulpice, que de diriger sur cette petite ville une attaque de front, forcément très coûteuse et peu productive. Déborder Villersexel vers Test revenait à rapprocher Tarmée de Belfort, tout en coupant Werder de sa ligne de retraite. Au contraire, nous essayâmes de le refouler dans cette direction ^

Si le commandement laissa fort à désirer chez nous le 9 janvier, il en fut à peu près de même chez les Allemands. Que dire, en effet, de ces ordres, de ces contre-ordres multiples pour Toccupation, Tévacuation, la réoccupation de Villersexel? Que signifie l'envoi du détachement Nachtigal de Moimay à Villersexel, puis de là au Grand-Fougeret? Une pointe offensive sur Villersexel avait sa raison d'être; elle devait fatalement, sinon arrêter, du moins ralentir le mouvement de Bourbaki. Aller au delà, se maintenir dans cette petite ville contre des forces supérieures, était non seulement dangereux, mais inutile.

L'effet cherché une fois produit, il n'y avait plus qu'à se hâter vers Belfort*.

1. Lôbleia et, à un moindre degré, VÉlat-major prussien, ont cherché à démontrer que Werder avait évacué Villersexel de son plein gré. Cette version, contredite par les faits, a été reconnue fausse par v. der Wengon. En réalité, les Allemands évacuèrent ce point parce qu'ils ne purent s'y maintenir jusqu'au 10, suivant les premières intentions de Werder. Pendant la nuit du »au 10, ce général* se hâta d'envoyer des escadrons sur les routes menant vers l'est, afin de les dégager. D'après des témoins oculaires (E. Talichet, Revue suisse, 1871), la retraite des troupes allemandes ne se serait pas effocluée sans désordre le lO janvier.

2. Pendant le combat de Villersexel, la plus grande partie du 24« corps continuait vers l'est. Ses troupes les plus avancées étaient à Corcelles et dirigeaient des reconnaissances sur Arcey. Avec i bataillon et l batterie, le colonel V. Bredow se portait sur Corcelles et en dJlogeait un de nos balailloas. Mais il constatait la présence de fortes masses vers SJceuans. La nuit suivante, à l'approche de nos colonnes, il évacuait Corcelles et ramenait sa gauche à Faimbe, Onans et Marvélise.

Le matin du 10 janvier, la situation était la suivante : nous avions obtenu un succès tactique à Villersexel , puisque le terrain du combat nous restait. Mais la victoire stratégique était pour les Allemands, qui avaient arrêté la marche de nos colonnes et obligé Bourbaki à modifier ses intentions premières. Il en résultait des retards qui devaient leur permettre de nous barrer la route de Belfort. Nous étions assurés de retrouver devant nous leurs forces à peu près intactes, dans une action décisive, dont Tîssue serait fatalement douteuse.

Mais la gravité de la situation ne tenait pas seulement à à cette circonstance. La lenteur de nos transports par voie ferrée, celle plus regrettable encore des mouvements qui les suivirent, avaient permis au général de Moltke et à Werder de réparer les erreurs commises jusqu'au 5 janvier et même après cette date. L'envoi si prompt de deux corps d'armée vers la Haute-Saône présentait d'autant plus de gravité, que la Délégation et Bourbaki avaient pris des mesures fort insuffisantes pour assurer notre ligne de communication. Au lendemain de Villersexel, l'avenir était gros de menaces pour la 1" armée ; il fallait qu'elle battît entièrement le XIV* corps en avant de Belfort, sous peine de se trouver prise entre Werder et les troupes intactes qu'amenait Manteuffel. Ainsi se déroulaient les conséquences de l'erreur commise en assignant à Bourbaki, comme premier objectif, la levée du siège de Belfort.

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